FAQ

Vague à l'âme
Bonjour Miguel,
La lecture de ton édito de janvier dernier me fait te haïr ! En plus de me casser le moral, tu me rappelles l'inéluctable réalité de nos vies... Même si tu n'as pas tord dans ton constat, j'aurais préféré plus d'entrain et de positif en ce début d'année ! Sans rancune, mais quand même... Amicalement.
Jacques Delande - 04/02/16
Bonjour Jacques,
Tu me connais : servir la soupe au pays des Bisounours, c'est pas trop mon truc. L'édito mensuel est le reflet d'une réflexion qui me taraude personnellement. Cette année, les voeux sont passés à l'as, je m'en excuse, car mes pensées étaient ailleurs. Je ne pilote pas mes états d'âme, donc pas non plus le contenu de l'édito. Cordialement.
miguel horville - ULMaG.fr

Les jeunes sont motivés
Bonjour Miguel,
Retour sur ton édito de janvier 2016 : oui, bien sûr que nous vieillissons tous. Et certains s'en vont. Mais les jeunes qui arrivent dans nos écoles sont pour la plupart motivés. Ils ont un bon esprit et ne rechignent pas à apprendre. Nous en voyons passer en instruction qui sont comme tu le décris ''béats'' des beautés que procure l'espace et le ciel. Je ne partage pas ton défaitisme. Cette fois, ton édito ne fait pas mouche et je pense que tu as fais un raccourci trop rapide sur quelques exemples négatifs. Ce qui ne m'empêche pas de rester fidèle au magazine, toujours intéressant. Amitiés.
Jean-Claude - 03/02/16
Bonjour Jean-Claude,
Peut-être ne parlons-nous pas des même jeunes. Je ne pense pas aux jeunes recrues, assez rares toutefois, qui égayent les plate-formes ULM avec leur envie de voler. Ceux-là existent en effet, bien que trop rares. Mais à ceux qui veulent faire leur ''beurre'', à peine découvert le monde ULM, voulant calquer des modèles économiques qu'on leur apprend à l'école, à ce monde qu'il jugent (du fait de leur faible expérience à l'exemplarité discutable) rétrogrades et poussiéreux. Ceux-là arrivent avec l'intention de tout casser... et finalement se cassent les dents, ce qui 'est en soi pas dérangeant, mais cassent aussi l'esprit club et l'esprit ULM. Cordialement.
miguel horville - ULMaG.fr

Le blues de janvier
Bonjour Miguel,
Waouh ! Cet édito, c'est pas l'habitude ! Le blues de janvier ? Le jouet du père Noël qui ne convenait pas ? C'était mieux avant ! Alors que les éditos précédents méritaient une reliure, celui-là je l'oublie ! Ou alors c'est un ''nègre'' qui l'a pondu, mais pas Miguel ! Faut pas déléguer ; voilà le résultat ! Il est certain que les anciens avaient une vie différente, une passion suffisait à leur bonheur. Aujourd'hui le chacun-pour-soi l'emporte ; les psy' le disent : pense à toi d'abord. Mes voisins divorcent ; quarante ans, trois enfants nickel, mais monsieur avant Noël les rassemble pour leur dire ''on ne s'aime plus comme avant, alors on se sépare'' ; ça met le bourdon cette légèreté ! Comme tous ces pilotes qui croient qu'un ULM ça vole n'importe comment, puisqu'ils sont aux commandes, pas besoin d'apprendre ce qu'est un virage engagé. Ils ne savent même pas ce que c'est, je suis sûr ! Je suis persuadé qu'un modèle économique se mettra en place, il faut faire confiance aux jeunes ! Et aussi, c'est peut-être nécessaire pour faire vivre durablement une structure ; la logique comptable, ce concept qui fait vomir certains, s'imposera, et verra fleurir des clubs bien gérés, je ne suis pas inquiet, pas trop ! Dis-toi que les jours s'allongent, que les vols vont reprendre, que le Super Guépard va rugir ; un ami qui a une Ferrari va l'écouter tourner dans son garage, un coup de clé, et quelques minutes de bonheur. Fais en autant avec ton Rotax, ou installe-toi aux commandes, et fait comme mon petit-fils : vroom, vroom... Amitiés.
Yves Bennert - 30/01/16
Bonjour Yves,
Comment dois-je plaider pour ma défense ? Le jouet était comme d'hab'... j'ai pas de vague-à-l'âme... et aucun ''nègre'' ne m'a remplacé au clavier. En revanche, je crois, du moins j'espère, que mes idées restent claires, même quand elles ne sont pas axées sur la franche rigolade. Quand j'écris que des bases s'éteignent, je n'écris pas qu'elles ferment ; c'est leur âme qu'elles perdent. Donc, oui, je suis amer et je le fais partager. Ce n'est pas destiné à rendre triste ; ce n'est qu'un constat, brutal et froid comme doit l'être un constat. Cela étant, ton conseil me paraît plus de bon sens : s'installer aux manettes et prendre l'air... Je vais le suivre au pied de la lettre et m'en aller voir ailleurs s'il subsiste quelques âmes pour partager la béatitude du ciel. Cordialement.
miguel horville - ULMaG.fr

Un édito pas léger, mais sage
Bonjour Miguel,
Ton édito de janvier m'a profondément troublé. En première lecture, je visualisais la scène décrite comme on regarde un film, en spectateur. Et plus j'avançais dans ton texte, plus le trouble était présent. Jusqu'à ce que je relise en totalité le billet en comprenant que JE était MOI, que TU étais MOI. Cette claque ! Tu ME et NOUS l'a assenée sans prévenir. NOUS les anciens jeunes, devenant vieux, et ne cessant pas de vieillir. Vraiment, et ce n'est pas qu'un compliment, tu sais gratter là où ça fait mal. Et du reste tu ne bottes pas en touche : tu ne regardes pas les autres sans te regarder aussi. Donc après cette lecture, j'ai pris dix ans dans les dents, peut-être plus. Tant pis, j'avais qu'à me surveiller. Mais l'édito ne se borne pas à tasser les vieux os. Il pointe sur la fin d'un esprit, celui des pionniers de l'aviation. Je n'ai pas vécu cette époque, mais j'ai lu beaucoup sur le sujet ; entraide, passion, dépassement de soi, courage, hardiesse, bravoure... Ces mots sont dans toutes les pages, écrits ou filigranés. Les avions volaient parce que des âmes puissantes les poussaient à voler. Cela n'est plus, je le crains. De même que l'aide, le partage, le dévouement ou la bienveillance ne semblent plus au rendez vous des clubs. Combien de fois ai-je dû quémander un coup de main qui m'était rendu à contre-coeur, avec la pesante impression ''qu'il nous emmerde celui-là... il a qu'à se débrouiller tout seul.'' Donc pour en finir et ne pas te saouler avec ce propos, je partage malheureusement ton point de vue. Les clubs meurent de ne pas perpétuer la passion du vol, mais ils meurent encore plus vite quand ils veulent être rentables. L'aéronautique était une affaire de nantis, ce n'est pas un hasard. Faire croire que l'aéronautique peut se démocratiser est une fumisterie. Ceux qui veulent rentabiliser le vol sont à l'opposé de ce que représente le fait de voler. En faisant court : pour jouer dans la cour des oiseaux, il faut des ailes ; pour jouer les nantis, il faut être équipé en conséquence. Encore un édito pour réfléchir... pas léger, mais sage. Amicalement.
Christian - 26/01/16
Bonjour Christian,
Merci... C'est ainsi que j'aurais dû rédiger cet édito. Belles phrases et pensée claire. Cordialement.
miguel horville - ULMaG.fr

L'âge qui va bien dans l'édito de janvier 2016
Cher Miguel,
Cela fait un moment que je savoure votre site et tout particulièrement vos éditos. A 33 ans, suis-je encore un ''jeune'' après avoir commencé le vol à voile à 15 ans, pratiqué pendant 10 ans puis pour raisons professionnelles m'être tourné vers l'ULM multiaxe ? Bien que n'ayant que 33 ans (les premiers cheveux blancs arrivent aussi), je comprends tout à fait votre pensée. Tout comme vous, j'ai appris à voler principalement avec les ''anciens'', et surtout un ancien gégène de la Chasse qui était déjà dans ses 70 ans, mais ne m'a rien laissé passé et aussi beaucoup apporté de joie du VOL ! Depuis le début de l'année dernière, je suis le très très heureux propriétaire d'un Zlin Savage Cruiser affectueusement baptisé ''Vieux-Bandit''. L'année dernière a été bien remplie avec 76 heures de vol, même si j'aurais aimé atteindre mon objectif des 100 heures. Mais le climat du sud de la Bavière ne m'autorisa le premier vol sans skis que le 28 mars ! Deux belles navigations d'une semaine chacune en France, pour voir la famille et les amis, et nombre de superbes vols dans les montagnes à la maison (10 minutes de vol de Garmisch) m'ont prouvé que mon choix du train classique aile haute était se qui me plaisait le plus. Malheureusement, l'Allemagne est très différente de la France et l'esprit Club français me manque, bien qu'on le retrouve très vite chez les vélivoles allemands. Je me permet de reprendre votre texte :
''Depuis combien de temps n'ai-je pas vu décoller un ULM pour une balade sans but, sans GPS, sans check-list, sans interminables et inutiles procédures radio ? Un engin qui décolle seulement pour élever le mec ou la nana qui se trouve à bord... Un truc sans raffinement... seulement un truc qui vole.''
Chez nous, à Flugplatz Antdorf, presque chaque vol est destiné à aller jouer dans les montagnes, faire un tour en Italie et profiter de notre si belle région. Haut les cœurs ! Notre passion n'est pas prête de s'éteindre, mais il nous faut batailler pour passer la passion du VOL PUR à quelle génération que soit ! Amitiés ULM du sud de la Bavière.
Maxime Compagnon - 25/01/16
Bonjour Maxime,
Trente-trois ans... c'est jeune ou c'est vieux ? Pour le fils du barbu, cela semblait un tantinet vieux. Pour moi, c'est jeune. Mais attention ; l'âge réside dans la tête. Et si on n'y prend garde, il envahit tout l'être. C'est justement pour ça que j'aime bien profiter de mes ''vieux'' pilotes, mes potes. Ils sont tout humour, un brin potaches, malicieux et joueurs... ce qui définit la jeunesse, d'esprit. Sûr que leurs vieilles articulations se font sentir... Cela étant, je sens les miennes depuis un bail, alors que je me trouve jeunot (c'est dans la tête, je vous dis!). Votre expérience de pilote fait de vous un futur vieux pilote, ce qui est rassurant. Je ne pense pas que votre profil (actuellement) atypique ne reflète la description que j'ai faite des ''jeunes'' que je ne comprends pas. J'étais encore hier au téléphone avec un professionnel (éminent, sans rire) de la discipline, qui me confiait être en formation. C'est à cette ''jeunesse'' (qui ne dit pas son âge, mais qui a plus de 33 ans, beaucoup plus) que je pense. Votre courrier a ensoleillé ma journée par sa fraîcheur et son air pur du massif bavarois. Merci. Cordialement.
miguel horville - ULMaG.fr

Un monde de brutes... ou de dingos
Bonjour Miguel,
Merci pour ton site et ton engagement. Je souhaite réagir à l'édito de janvier 2016. Je dois malheureusement te donner raison. Les gens n'écoutent plus vraiment. Ils se sentent toujours obligés de te parler de performances mesurables et comparables. C'est très ennuyeux... Le monde de l'ULM est pour moi assez nouveau. J'y rencontre pas mal de tes exemples, et beaucoup (trop à mon goût) de dirigeants de plateformes ou d'instructeurs te parlent d'avantage d'argent, alors que toi tu parles de sentiment de sécurité, de philosophie accessible... Il y a des gens qui souhaiteraient développer un business lucratif dans le monde de l'ULM. C'est possible mais pas garanti. Comme dans tous les secteurs, il y a une offre et une demande. Si tu ne proposes pas mieux ou pas différent pour le même prix (voire plus cher), ça risque d'être difficile. Bref, je rejoins le mouvement ULM pour trouver une liberté intelligente et auto-responsable, et je croise finalement des mecs qui me ramènent au raz du sol. Pour la petite histoire, je n'ai pas souvent échangé avec des ULMistes féminines, mais à chaque fois ce fut agréable ; il n'y avait pas de hors sujet nous philosophions ULM. Merci mesdames. Merci encore pour tout et beaux vols.
Philippe Dallemer - 20/01/16
Bonjour Philippe,
Cet édito sorti de mes tripes et de mon ressenti me vaut de nombreux témoignages, pas toujours d'accord avec ma vision, parfois virulents et parfois approbateurs. Il est vrai que la gente féminine aurait plutôt tendance à privilégier la beauté du vol que la technologie qui entoure le vol... encore que ! J'ai rencontré quelques enragées qui m'ont surpris par leur aptitude à copier le mâle dans ce qu'il a de plus futile... Merci de votre courrier. Cordialement.
miguel horville - ULMaG.fr

Diviser la mortalité ?
Bonjour à tous,
J'ai lu avec beaucoup d'intérêt votre édito d'octobre 2015, ainsi que les nombreuses réaction qu'il a suscité auprès de nos amis lecteurs. Je réagis à mon tour, notamment à l'excellente réponse apportée par monsieur Horville à J. Foucher : ''tu m'entraînes sur un terrain glissant où je me perds entre mon honnêteté de mec prudent et mon honnêteté de mec vivant''. Une très belle phrase qui montre à quel point il est difficile de se positionner face à un besoin légitime de sécurité et le besoin de vivre et d'être libre de le faire à sa manière. La suite est également bien exposée, et reprend la pensée de B. Franklin : ''celui qui est prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l'une ni l'autre''. Si je puis apporter ma pierre à l'édifice de cette réflexion, la sécurité des autres étant plus important que la sienne en propre, peut-être serait-il bon de revoir les dispositions d'emport de passager : examen plus complet imposant des exercices de panne moteur... contrôles de facultés réguliers... Ceci afin que les accidents nombreux ne se soldes pas toujours par DEUX morts. Cela réduirait le nombre de victimes. Les pistes sont nombreuses... Merci pour la tenue de votre site, toujours agréable à consulter. J'y suis chaque jour, ou presque. Amitiés.
Jean-Claude - 12/10/15
Bonjour Jean-Claude,
Merci pour votre fidélité au magazine. J'entends avec intérêt votre proposition mais n'y adhère pas, du moins dans son entièreté. Rendre l'examen d'emport plus difficile ne fera que décourager les personnes aux compétences réduites, mais encouragera l'arnaque aux brevet (ce fameux chantage larvé du ''client'' qui achètera un ULM si l'instructeur-revendeur est bien gentil...). De plus, une fois l'examen acquis, on s'empresse de prendre de mauvaises habitudes et d'oublier les bonnes. Ce à quoi vous répondez par une évaluation régulière. D'une part, les pilotes sages font ce qu'on leur appris, à savoir quelques tours en solo avant d'emporter un passager s'ils n'ont pas piloté depuis longtemps (enfin devraient le faire). D'autre part vous proposez de faire de l'aviation ULM une petite aviation certifiée avec sa lourdeur sclérosante. Il ne faut pas de ça. Nous devons conserver cette ''légèreté'' qui rend notre aviation unique. Contrairement à vous, je pense que s'il existe une solution pour baisser le nombre d'accidents (donc de morts), c'est au niveau du matériel qu'il faut la trouver. Et malheureusement sans doute au niveau de la réglementation du matériel. Je pense que notre administration de tutelle serait bien inspirée de vérifier la Vs0 des ULM et de jeter tous ceux qui ne tiennent pas les 35 kt dans la catégorie CDN. Reste à définir les conditions de test... avec ou sans moteur ? Les essais m'ont appris bien des paradoxes à ce sujet. Merci de votre courrier.
miguel horville - ULMaG.fr

Un rigolo qui rigole
Dans votre édito d'Octobre 2015, vous vous agitez contre des constructeurs qui n'innovent pas assez, selon vous. Mais qu'attendez-vous pour créer un ULM fidèle à votre description, qui vole à 50 km/h ou moins. Ce n'est pas possible et vous le savez. Alors il est plus simple pour vous, et malhonnête intellectuellement (pour quelqu'un qui se prétend habité d'une conscience d'information et d'honnêteté) de décider que les constructeurs se complaisent dans la facilité. Les cellules de survie, les habitacles indéformables, les parachutes de secours et toutes ces inventions semblent vous échapper. Elles sont créées dans le but de davantage de sécurité. En l'ignorant, vous passez pour un rigolo.
Franck - 03/10/15
Bonjour aussi Franck,
Quelle marque représentez-vous au juste ? Car en essayant de remonter jusqu'à vous à travers votre adresse IP, je tombe sur un dispositif IP hider via VPN. Et pourtant, quelles que soient votre identité et votre enseigne, votre courrier m'inspire. En premier lieu, je n'ai jamais affirmé posséder les compétences pour dessiner un aéronef. Ensuite, vous écrivez une ENORME connerie : selon vous, il n'est pas possible de faire voler un aéronef à 50 km/h ? Alors expliquez cela aux constructeurs qui y parviennent. Je pense au Flaeming Air Peregrine que j'ai tenu à 50 km/h, également au Skyleader 150, notamment à eux car ils sont également très rapides (+230 km/h). Dès lors que votre première attaque tombe à l'eau comme une fiente déficiente, je ne me sens pas obligé de répondre aux autres, qui représentent un tissu d'ineptie ne répondant en rien à la question de la vitesse (j'aime beaucoup le coup de l'habitacle indéformable... mauvaise formulation ou méconnaissance totale de l'absorption des chocs ?). Donc le rigolo rigole, mais de vous uniquement. A bon entendeur, allez polluer d'autres sites, vous et votre marque qui ne sait pas voler lentement.
miguel horville - ULMaG.fr

Blois en photos
Bonjour Miguel,
Pourquoi pas de vidéo de Blois cette année ? Amicalement.
Jacques Delande - 03/10/15
Salut Jacques,
Je m'en suis déjà expliqué. Il n'est pas certain que les vidéos apportent beaucoup à l'information brute qui consiste à présenter les nouveautés du salon. Il m'a été reproché de faire plaisir aux p'tits copains avec ces vidéos. Multiplier par 3 la somme de boulot pour recevoir des critiques (même injustifiées), ne m'apparaît pas comme un investissement rentable. Par ailleurs, Fabrice, le faiseur d'images animées, était occupé ailleurs cette année. Voilà les raisons pour lesquelles la vidéo était absente cette année. Cela ne signifie pas qu'on en reste là... 2016 sera une autre année. Cordialement.
miguel horville - ULMaG.fr

La sécurité oui, mais laquelle ?
Bonjour Miguel,
En réaction à ton édito d'octobre 2015. Je suis surpris de constater autant d'accidents, certes, mais aussi très surpris par les règles de ventes des ULM ''performants''. Qui dira que certains ULM sont vendus avec un problème d'ouverture de verrière en vol ? Qui dira qu'un ULM à train rentrant n'est pas équipé de voyant confirmant la sortie correcte dudit train ? Qui dira l'hypocrisie d'un essais d'ULM (fabriqué tout près de mon terrain d'envol (LFRE) dont la roulette avant se retourne au décollage, appareil dont on vante les raccords karman alors qu'il n'en est pas équipé ! Aucun essayeur n'a remarqué que la verrière est verrouillée avec un système genre canette, et qu'elle est impossible à ouvrir de l'extérieur, alors que c'est obligatoire ! Qui dira que tel ULM ''rapide'' à un pas d'hélice beaucoup trop fort, limitant la  rotation du 912 ULS au décollage à 5100 tours, alors que Rotax dit qu'il ne faut pas décoller si l'on a pas au moins 5200 tr/mn au décollage à pleine ouverture ? Qui dira l'absence de prévol sur des appareil parce que ''la dernière fois ça a marché et que dans le hangar, il ne se passe rien depuis le dernier vol'' ? Qui diras l'aberration d'enseigner que ''pas besoin de brasser pour vérifier le niveau d'huile, parce que, si c'est bas, une fois que le moteur tourne, ça ne peut que remonter !'' ? Qui dira que ce comportement, même si techniquement il est juste, enseigne en fait ''la sécurité passive ''je veux dire par là que ''ça doit être bon ''est une mauvaise méthode et que ''c'est bon parce que je l'ai contrôlé'' est une bonne méthode, active et efficace pour toute vérification. Car enfin, la sécurité est avant tout un état d'esprit. ''J'ai toujours fait comme ça'' n'est pas une règle en soit. Adapter son comportement au moteur, à l'appareil, surtout si il est nouveau pour son propriétaire, est capital. Et ça m'amène à deux observations : tout les ans, remettons nous en cause d'une heure d'instruction avec un formateur sérieux, et aussi, réclamons à la FFPLUM, une suite à la formation, au brevet pour améliorer notre savoir et perfectionner notre pilotage.
J'ai en tête la paralysie d'un pilote, venant d'acheter un appareil performant équipé de volets et incapable de les sortir pour atterrir malgré la finesse élevée de son nouvel appareil. ''Je n'ai jamais fait ça avant'' dira-t-il. Mais loin de lui l'idée de prendre un instructeur pour s'améliorer. Et pourtant, l'écart était énorme entre le  Quicksilver de sa formation et son WT9 ! Oui, vous avez bien lu ! Aucune formation ne lui a été imposé pour se former au type d'appareil, à savoir son beau et super WT9.
J'ai aussi en tête un pilote de mon club qui n'allumait jamais son nouveau transpondeur car personne ne lui a appris les règles d'utilisation en vol de cet équipement. Cela s'est terminé par une heure de formation dans le hangar, pour expliquer l'usage du transpondeur.
Alors me direz vous, pourquoi l'avoir acheté et installé... Mystère auquel, seul l'acheteur peut répondre...
Je trouve qu'une qualification de type conviendrait pour certains appareils. Pour mémoire, je suis moi même passé d'un Himax qui croise à 110 km/h, à un Eurostar fait sa montée initiale à 110 km/h... et qui accélère ensuite. Deux journées entières de formation ont apporté le plaisir de franchir une marche et de connaître mon nouvel appareil dans les conditions les plus difficiles.
Bref, tout ça pour dire que nos malheureux accidents ne sont pas toujours la faute à pas de chance. Surtout quand un appareil entre en collision avec un arbre, ou décroche quand il fait chaud... Ce n'est pas le fruit du hasard. Connaissez-vous la charge alaire de votre appareil ? Connaissez-vous la distance supplémentaire lorsqu'il fait très chaud ? Connaissez-vous vos limites, êtes-vous un pilote ''aguerri'' comme je l'ai lu dans un courrier des lecteur, ce qui sous-entend qu'il y a les débutants et les autres, à qui il ne peut rien arriver parce qu'ils sont ''aguerris''.
J'en ai connu des pilotes ''aguerris'' ; beaucoup ont arrêté, victimes de la sélection naturelle en aviation. La prudence est un état d'esprit qui ne vient pas en naissant, la prudence vient de son expérience propre et des leçons que l'on tire des erreurs des autres. Personne n'est à l'abri d'une erreur. Et je suis comme tout le monde à ce sujet, je ne tends pas la main aux erreurs en signe de bienvenue.
En voici un exemple : alors que je fais ma check-list avec un passager à bord, j'aperçois du coin de l'oeil ce dernier faisant des signes à sa femme jusqu'alors distante de quelques mètres de l'ULM. Puis en quelques secondes, je vois cette dernière installée entre l'hélice et l'aile pour faire une meilleure photo, avec mon passager qui lui fait toujours signe d'approcher. Cette scène qui me fait encore aujourd'hui dresser les cheveux sur la tête. J'ai eu juste le temps de couper le moteur. Jamais je n'oublierais cette leçon. Maintenant, c'est personne autour, même à 5 mètres de l'avion. Les photos se font après le vol, moteur arrêté !
En conclusion, il faudrait tirer les leçons de tous ces crashs, trop nombreux. Notre fédération doit en tirer toutes les leçons, et proposer des solutions avant que quelqu'un d'autre le fasse. Sinon, je vois venir une grosse volée de bois vert sur notre statut particulier de pilotes ULM. Quand à proposer des solutions, je ne me cantonnerais pas au langage du ''y'a qu'à, faut qu'on'' ; je suis prêt à donner de mon temps pour apporter des briques à cet édifice.
Jacques Fourcher - 02/10/15
Bonjour Jacques,
Y'a qu'à... Faut qu'on... En effet il reste beaucoup à faire en terme de sécurité. Maintenant je m'interroge sur une chose : pourquoi souhaite-t-on de la sécurité, et surtout, pour qui veut-on de la sécurité. La réponse est, tu vas le voir, assez complexe car elle fait entrer en jeu nos plus mauvais penchants. La sécurité individuelle est suffisante aux yeux de celui qui la façonne. Ton idée de la sécurité est telle que tu mets en oeuvre les moyens nécessaires à la satisfaire. Mais l'idée de Paul ou Pierre n'est pas la même. Pierre qui est jemenfoutiste, ou Paul qui est suicidaire, ont une autre idée sur la question. Pour eux, tant que les ailes sont à leur place, la visite prévol est terminée. Donc autant d'idées sur la sécurité que d'individus, ceci multiplié par un nombre conséquent d'états d'esprits (les jours où ceci, les jours où cela...). Déjà, le nivellement par le meilleur objectif commun pousse très loin une ''règle'' de sécurité dans ces conditions. Mais là n'est même pas la question. Car je pense qu'au fond de toi, en tout cas au fond de moi c'est sûr, la sécurité pour sauver des vies est secondaire. Pour ma part, que des personnes se tuent au motif qu'elles n'ont pas envie de vivre, ne me paraît pas intellectuellement insurmontable. On me le reproche assez souvent pour que j'abonde dans ce sens : je me fous de la vie et de la mort. Cela me concerne également. Une fois mort, on n'a plus conscience de ne plus vivre. C'est donc comme un sommeil sans rêve. Rien de tragique. Seule la souffrance m'ennuie. En revanche, la sécurité est l'affaire d'une collectivité qui ne pense pas (ou feint ne pas penser) de la sorte. Mourir c'est pas bien et faut éradiquer ce phénomène pas bien. Donc pour que les gens ne meurent plus, on doit les sauver de tout, y compris de leur envie de vivre, y compris de leur envie de mourir, y compris de leur envie de n'en avoir rien à foutre de vivre ou de mourir. Donc la collectivité propose, puis impose, des méthodes globales pour qu'on ne meurt plus. Et ces méthodes nous emmerdent, car elles restreignent généralement nos libertés. Donc si des gens comme toi peut-être, mais comme moi sûrement, réclament de la sécurité, ce n'est pas pour sauver des vies, mais bien pour ne pas qu'on restreigne leur liberté.
Partant de là, on doit tout accepter, notamment que notre réglementation légère et digeste se transforme en un merdier complexe et lourd, comme le vol certifié.
Et bien Jacques, c'est justement là où on ne doit pas aller pour ne pas signer la mort de notre aéronautique. Si des gens doivent mourir pour que nos libertés perdurent, soit. Personne n'a obligé ces personnes à choisir un loisir à risque. La couture ou les mots-croisés leur sont hautement conseillés.
Pour ma part, je pense que la sécurité n'est pas la question essentielle. Ce qui est troublant ou grave, c'est la part d'inconscience des risques qu'on distille lorsqu'on forme un futur pilote. Bien sûr qu'il n'est pas vendeur d'annoncer les choses crument lors des cours de pilotage, genre, si tu fais ceci tu meurs, si tu fais cela tu meurs aussi... Mais qu'on taise le risque pour engranger des inscriptions me semble pour le moins malsain. Car c'est un fait, les rêveurs qui s'inscrivent au brevet n'ont pas toujours conscience des risques liés à l'aéronautique de loisir.
En fait, tu m'entraînes sur un terrain glissant où je me perds entre mon honnêteté de mec prudent et mon honnêteté de mec vivant.
De la sécurité, oui, bien sûr. Mais pas à n'importe quel prix. Et surtout pas au prix de notre liberté. Dès lors, les solutions deviennent complexes. Merci de ton courrier. Cordialement.
miguel horville - ULMaG.fr