Edito
.
.

.....Edito décembre 2018

Est-il urgent d'attendre ?

Prochainement, la réglementation ULM portera la masse maximale des classes 3, 4 et 6 à 500, 525 ou 545 kg selon les options (parachute ou flotteurs). Ce n'est pas fait, mais ça devrait se faire.

D'ailleurs les constructeurs ne s'y trompent pas et ceux dont les machines sont techniquement adéquates préparent les documents pour vendre dans la foulée des ULM officiellement un peu plus lourds qu'actuellement.

Un rapide sondage lors du salon de Blois a permis de constater que déjà plus de 50% des acteurs des classes concernées sont prêts ou en passe de l'être.

Du coup, l'information circule auprès d'une clientèle pas idiote qui se dit :
- pourquoi acheter tout de suite un ULM limité à 450 kg, alors qu'en attendant un peu, j'aurai le même, au même prix, limité à 500 kg ?

C'est pas faux.

Alors pour contrarier ce phénomène d'attentisme qui freine l'activité, les commerciaux assurent que, dès lors qu'un ULM peut techniquement supporter 500, 550 ou 600 kg, et qu'il est administrativement déclaré ainsi dans d'autres pays, le rétrofit de la fiche d'identification ne sera qu'une formalité administrative.

C'est pas fait !

L'administration des oisillons, dans son infinie circonspection, pourrait encore une fois nous étonner par un raisonnement dont elle a le secret, et de fait décevoir les postulants à l'embonpoint homologué.

C'est déjà arrivé, notamment avec les motos limitées à 34 ch pour les jeunes permis. Alors qu'une simple bride mécanique permettait de modifier le véhicule afin de lui redonner sa pleine puissance, l'administration a ruiné toute une génération de motards qui se sont vus refuser l'octroi du certificat à la fin de leur période probatoire.

Tant mieux pour le commerce qui a vendu davantage de pétrolettes. Tant pis pour les pôves gus qu'ont dû refourguer leur oignon asthmatique à vil prix pour acquérir un analogue veau, mais à la testostérone inaltérée.

Et puis... quand entrera en vigueur la nouvelle réglementation ?
Et puis... entrera-t-elle en vigueur ?

Au cas où cela aurait échappé à certains, le courrier de Patrick Gandil du 3 août 2018 emploie le conditionnel dans tout ce qui concerne le devenir de nos limites. En outre, ce courrier ne précise aucune date d'application, ni estimation.

En fait, il est peut-être urgent d'attendre, car nous n'avons aucune idée de ce que nous réserve l'avenir.

Cela n'a rien de réjouissant, car si le commerce des ULM ralentit, c'est chaque rouage de la filière qui dévisse, le magazine ULMaG itou.

Il est fou de considérer que notre activité passe à travers les embûches de façon presque inaltérable (coût du carburant, morosité politique, terrorisme, baisse globalisée du pouvoir d'achat...), mais pourrait être mise à mal par la simple annonce d'une réglementation ''avantageuse''.

Car il ne faut pas s'y tromper, l'amateur de loisir aérien possède un catalogue étoffé de dérivatifs : la plaisance, les voyages, le sport... Si l'ULM lui pose problème, il passera son blé dans une autre activité, blé qui ne reviendra plus dans le circuit de l'aviation de loisir.

J'aime à croire que la mise en application de la nouvelle réglementation ne tarde pas trop. Il serait dommage que ceux qui sont le mieux à même d'en profiter meurent de vieillesse, ou de rire.

Comme dit Gilou, philosophe-diéséliste et psycho-chaudronnier, la meilleure façon de compromettre un projet est d'en confier la gestion à une administration.

Bon vols, avec légèreté.

Miguel Horville


Anciens éditos


.
.