Edito
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.....Edito juin 2019

Le respect des hôtes, des autres

Le plaisir de voler en ULM, c'est aussi, pour certains, le plaisir de faire des rencontres. Et quel meilleur moyen que choisir au hasard une plate-forme paumée et d'y propulser son coucou ?

Personnellement, une piste flanquée de vide ne m'inspire rien. Je résiste en revanche rarement à l'attrait d'une bande herbeuse habitée d'une ou plusieurs âmes.

Juste pour papoter, siffler le café, puis redécoller vers d'autres horizons.

De même, j'ai plaisir à accueillir les piou-pious de passage, tant qu'ils gèrent l'exiguïté de trou-trou-hilarious-airport.

Que j'aille à la rencontre ou que la rencontre vienne à moi, c'est généralement un moment plaisant. Normal dans un sens ; notre discipline n'est pas celle des aigris... du moins en principe.

Puis il arrive que cela se passe moins bien. Parce qu'on n'a pas tous les mêmes valeurs, parce qu'on est tous le con d'un autre, parce qu'on commet tous des erreurs, parce qu'une classe compte de bons et de moins bons élèves...

Ainsi apprécie-t-on la venue de pilotes respectueux et attentifs autant qu'on redoute les personnes moins regardantes.

Ceux qui refioulent sur l'herbe comme des cochons, ceux qui soufflent les hangars ou les terrasses, qui encombrent les voies de circulation, qui testent leur moteur près des club-houses... Brefs ceux qui agissent sans réfléchir, sans conscience des autres, sans respect pour leurs hôtes.

Les mêmes, souvent, qui garent leur fiacre en biais ou qui bloquent la caisse du supermarché avec trois carottes non étiquetées.

Car après tout, il n'y a aucune raison qu'on se conduise différemment en ULM ou au quotidien.

Quand on est gêneur, emmerdeur, gauche ou mal inspiré, on l'est... et puis c'est tout.

ON, c'est nous, les autres, moi, les cons... Chacun son tour ou collectivement.

ON ''s'auto'' porte préjudice. Car bien entendu, agacés par ces comportements irréfléchis, les gestionnaires de pistes deviennent regardants. Un proprio qui a subi les nuisances devient moins accueillant, peut-être pointilleux.

C'est logique.

J'ai récemment accueilli un de ces spécimens au comportement ''hasardeux'', bordélique et potentiellement dangereux qui m'a laissé (outre des flaques de benzène) sur la ferme résolution que ''plus jamais ça''.

En visite chez l'autochtone, chacun doit montrer le meilleur de lui-même afin d'être léger, respectueux... laisser, après le départ, une bonne impression, voire pas impression du tout.

Notre activité ne peut perdurer dans son aspect ''terroir'' qu'à cette condition.

Comme dit Gilou, philosophe-diéséliste et psycho-chaudronnier : les mauvaises manières sont comme les émissions gazeuses ; y'a que les siennes qu'on supporte... (mais il dit aussi beaucoup de conneries).

Bons vols, en finesse, en souplesse, en sécurité.

Miguel Horville


Anciens éditos


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