logo ULMaG www.ulmtechnologie-shop.com
Edito septembre 2013
128 articles .......... anciens éditos

vignette
Un cône, ça se respecte ou ça se fume

Un professionnel de l'air peut-il sciemment prendre des risques avec ses clients ?

Une fois encore, la sécurité est au coeur de mes pensées. Je reprends la triste actualité du 17 septembre 2013, qui décrit l'accident ayant causé la mort de deux personnes, un pilote professionnel et sa passagère -touriste- lors d'un baptême en ULM.

L'action se passe sur l'île de La Réunion, au Piton Mazerin, zone connue pour être inhospitalière. Pour une raison indéterminée, l'ULM Rans Coyote a disparu au dessus de la forêt de Belouve. Une panne moteur est au rang des causes plausibles de l'accident.

Comble de l'horreur, le mari de la jeune femme était dans un autre ULM de la société Félix ULM, pratiquant la même sortie aérienne. Les appareils étant reliés par radio, imaginez la tourmente dans l'esprit du mari jusqu'à son retour au sol et...

Mais passons. Ces tragédies font partie de la vie ; notre force est de les surmonter sans perdre la raison.

Revenons plutôt sur les circonstances de l'accident. Et en premier lieu sur les circuits de découverte proposés par certains professionnels dont Félix ULM : massif des volcans ; piton des neiges ; Mafate... Ces lieux magnifiques ont tous un point commun : ils sont extrêmement sauvages, difficilement accessibles et impropres à tout atterrissage d'urgence.

En quatre mots : hors cône de sécurité !

Or qu'apprend-on lors de la formation ULM ? A voler en respectant le fameux cône de sécurité, ou erre de plané. Afin qu'une panne moteur ne se termine pas invariablement en drame, seulement en mésaventure.

D'accord... nous ne sommes pas tous des saints et nous emboutissons régulièrement cette barrière invisible de sécurité. Mais nous ne le faisons pas de manière professionnelle. Là se trouve toute la différence, entre un dilettante qui embarque un ami dans une virée aérienne et un pro' qui a -en théorie- une obligation de résultat.

La disparition de l'ULM dans le massif du Mont-Blanc vendredi 20 septembre 2013, pour dramatique qu'elle soit, est sans rapport avec l'accident de la Réunion. Il ne s'agit pas d'une offre publique à caractère commercial ''garantissant le plaisir'' (voir illustration), mais simplement d'un vol de loisir qui a mal tourné.

Pour en revenir à nos professionnels du baptême aérien. Il est selon moi important de les placer face à leurs contradictions. Qu'est-ce qui différencie un ULM d'un avion, ce pourquoi la fédération se bat bec et ongles ? La certification. Un avion est certifié. Cela signifie qu'un organisme compétent garantit que l'aéronef est apte au vol et qu'il ne tombera pas en panne*. Oui, c'est idiot, mais c'est ainsi. Et s'il tombe en panne, un cadre légal accompagne le processus, puisque le législateur y a fourré son nez.

Alors qu'un ULM n'est pas certifié. Nos moteurs ont le droit de s'arrêter, sans qu'aucune traçabilité ne soit requise. D'ailleurs, le BEA (Bureau d'Enquêtes et d'Analyses) a cessé de s'intéresser aux dysfonctionnements non létaux des ULM. De plus, notre fédération est celle des PLANEURS ultra légers motorisés. Planeurs... ça parle, non ?

Qui irait survoler des zones hostiles avec un planeur à la finesse sumotori ? Pas vous, je suppose ? Certainement pas moi en tout cas ! Et bien visiblement certains professionnels le font, avec des passagers.

Qu'il s'agisse d'une réglementation ou d'une recommandation, peu importe. Je pense que lorsqu'un professionnel vole hors du cône de sécurité, il fait sciemment prendre des risques à son passager. A ce titre, il endosse une responsabilité qui n'est pas du ressort de l'accidentologie ''normale'' et qui sort du processus prévu par le législateur.

Le ferait-il avec un avion certifié qu'il ne courrait pas moins de risques (une bielle reste une bielle, certifiée ou non) ; mais il le ferait sous la responsabilité de l'organisme de certification. Cela ne changerait rien au plan pratique en cas de panne moteur, avec malheureusement un bilan humain pareillement sinistre. Mais il n'aurait rien à se reprocher. Une panne reste une panne ; résultat d'un impondérable aléa, fruit de hasard et de malchance.

Ma pensée n'est pas de faire tendre notre activité vers les risque zéro, loin de là... surtout pas (!). En revanche je trouve parfaitement opposable de chercher les emmerdements, soit au prétexte qu'un vol magnifique mérite qu'on risque sa peau, ou plus prosaïquement pour gagner du fric.

Certes un professionnel du tourisme aérien aura plus de mal à vendre des baptêmes au-dessus de zone insipides et dégagées...

Alors ? Doit-il braver toute considération sécuritaire pour assurer la pérennité de son entreprise ou satisfaire ses clients ? La faim (!) justifie-t-elle forcément les moyens ?

Il n'y a rien de logique dans tout cela. Et quand bien même l'activité devrait cesser parce que non viable ; qu'elle cesse ! La viabilité se ne se bâtit pas sur la chance ou le hasard.

Je ne me pose pas en Caton, censeur de toutes les imprudences ; mais en client potentiel d'une entité censée me donner du plaisir moyennant rétribution. Que cette entité me blesse ou me tue est une chose ; qu'elle le fasse en contradiction avec les règles élémentaires de prudence en est une autre.

Comme sur la route... Quand un conducteur renverse un piéton en respectant le code de la route, c'est un accident. Quand un chauffard commet la même faute en infraction, c'est un délit (voire un crime).

Il m'arrivera encore d'emboutir des cônes de sécurité, ou commettrai d'autres fautes, volontairement de surcroît... Parce que c'est ainsi et que je suis un pilote ordinaire, coincé entre ma rigueur et mes multiples contradictions. Seul à bord, je le ferai l'esprit léger. Avec ma compagne, avec un pote, je serrerai les miches et me sentirai mal. Mais avec un pax payant : JAMAIS. Parce je mets des limites à mes contradictions.

Comme dit Gilou, philosophe dieseliste : les cônes, mieux vaut les fumer que les emboutir !

Bons vols à tous

Miguel Horville

* ou du moins que tout est fait pour qu'il ne tombe pas en panne.


ANCIENS EDITOS
Pour qui roule la fédé' ?
novembre 2019
Qualif' radio : le début du renoncement
octobre 2019
ULMaG : le renouveau magazine
septembre 2019
De qui se moque-t-on ?
août 2019
Les spécialistes
juillet 2019
Le respect des hôtes, des autres
juin 2019


Métastases cherchent naïfs pour proliférer
Ils sont le cancer de la société ; des métastases putrides qui opèrent depuis d'obscures tréfonds. Leur vie est celle des rats ; leur univers, une fange nauséabonde. Leur abîme est relié à l'humanité par un câble Ethernet ou une connexion wifi. Dieu, farceur mélancolique aux inspirations...

Les nouveaux ULM...
avril 2019
Vend liberté : mise à un prix 300 000 euros !
mars 2019
Remplir les cases
février 2019
Générations éphémères
janvier 2019
Est-il urgent d'attendre ?
décembre 2018
Aérodrome avec supplément d'âme
novembre 2018
Promotions à débattre
octobre 2018
Victimes or not victimes ?
septembre 2018
La foire aux accessoires
août 2018
Esprit ULM... es-tu là ?
juillet 2018
Entre peu et pas, un état d'esprit
juin 2018
Espace Schengen, my ass...
mai 2018
Entêtement irresponsable
avril 2018
Du carburant frais pour voler ''safe''
mars 2018
Universalité ; diversité ; francophonie...
février 2018
ULM : aéronef sémantiquement indésirable
janvier 2018
Ce contexte qui brise le rêve ?
décembre 2017
Parler patois pas parler à toi ?
novembre 2017
From rustic to high-tech
octobre 2017
S'élever, se régaler, se déplacer...
septembre 2017
De l'impuissance à l'imposture
août 2017
Baliser entre les cônes
juillet 2017
ULM : le bal des hypocrites
juin 2017
Les marquis du narquois vous em... brassent
mai 2017
500 kg : et après ?
avril 2017
Il est si facile d'interdire
mars 2017
A quand les ZIP ?
février 2017
Spécialistes en herbe
janvier 2017
Légèreté
décembre 2016
Comprenez si vous pouvez
novembre 2016
Le ciel a bon dos
octobre 2016
Salon de Blois : les limites
septembre 2016
Les euro-cocus du 8.33
août 2016
Concepteurs amateurs
juillet 2016
Ce chien... un humain comme les autres
juin 2016
Fumisterie électrique
mai 2016
De l'économie au foutage de gueule
avril 2016
Ça va chier !
mars 2016
Presbyte cherche gros caractères
février 2016
Et après?
janvier 2016
Le prix du baril d'a-brut-i...
décembre 2015
Vol de nuit : le bal des hiboux
novembre 2015
Et si la sophistication tuait ?
octobre 2015
Victimes consentantes
septembre 2015
Le sentir... ou pas
août 2015
La saison des gamelles
juillet 2015
Qui osera ?
juin 2015
Un système qui nous échappe
mai 2015
Multicopters : vers une 7e classe ULM ?
avril 2015
Le cinquième élément : celui de trop
mars 2015
Vigipirate : entre psychose et laisser-aller
février 2015
Dans le brouillard de la schizophrénie
janvier 2015
Une furieuse envie de voler !
décembre 2014
Marques sulfureuses... attention patates chaudes !
novembre 2014
Ceux dont la vie vaut moins...
octobre 2014
Drones : la messe est dite
septembre 2014
Attention aux bagages
août 2014
Dieu ne connaît pas ma soeur !
juillet 2014
L'ultime décision ; question de choix
juin 2014
Le beurre, l'argent du beurre et le reste on s'en fout
mai 2014
Volez! : la fin d'une histoire
avril 2014
Nous irons tous au paradigme*
mars 2014
Histoire belge
février 2014
Transfert d'incompétence : le Noël des voyous
janvier 2014
Drones à toutes les sauces
décembre 2013
Sophistication simplifiée
novembre 2013
Histoires de discrimination
octobre 2013
Un cône, ça se respecte ou ça se fume
septembre 2013
Dommages collatéraux
août 2013
Voler n'est pas un caprice
juillet 2013
Profiter c'est bien : mériter c'est mieux
juin 2013
Rencontres avec des martiens
avril 2013
Les pommes tombent des arbres... Les bananes s'y accrochent !
mars 2013
La méritocratie des branleurs ; comment accélérer le déclin
février 2013
Occasion : qu'est-ce qui cloche au pays des ulmistes ?
janvier 2013
Problèmes d'entoilage X-Air : lumière en vue
décembre 2012
Total Access ou l'étonnant paradoxe d'un vampire au sourire d'ange
novembre 2012
Une tablet'... à tous prix !
octobre 2012
Sainte Sarah is watching you*
septembre 2012
Intérêts... Désintérêt ? Connivence ou naïveté ?
août 2012
Conflit de probité ou incompétence... le danger guette
juillet 2012
J'ai tombé, je m'ai fait mal, je m'ai relevé... ou pas
juin 2012
En mai, fais ce qu'il te plaît...
mai 2012
Le bruit flou de l'administration
avril 2012
Rotax 912 iS : une innovation qui se mérite
mars 2012
Ne sombrons pas dans la vulgarité
février 2012
Et quoi d'autre pour 2012 ?
janvier 2012
Voler, c'est voler
décembre 2011
Les limites ont été atteintes... et dépassées !
novembre 2011
Blades...
octobre 2011
Les femmes, mères de tous les maux
septembre 2011
Le Tour ULM : une belle vitrine pour l'aéronautique
août 2011
Fausse-bonne idée cherche gogos... pour allonger l'oseille
juillet 2011
Du choix des mots et des propos
juin 2011
Basses couches en vert kaki
mai 2011
Ce facteur qui sonne toujours ... le glas
avril 2011
OUI... MAIS...
mars 2011
Des vautours planent sur nos ULM
février 2011
Restons éveillés
janvier 2011
Faisons un rêve
décembre 2010
Attention à la tâche d'huile...
novembre 2010
Mon royaume pour un bidon
octobre 2010
Genèse d'une Loi liberticide
septembre 2010
Aime le ciel, et le ciel t'aimera... peut-être
août 2010
Voler en Belgique... ou rouler
juillet 2010
Poule, oeuf et sophistication : la classe de plus, la classe de trop ?
juin 2010
Sous couvert d'anonymat
mai 2010
Taxe carbone : carbonisée
avril 2010
L'union fait notre force, notre salut
mars 2010
Le désespoir de ceux qui restent
février 2010
Bug de l'An 2000 : une simple répétition ?
janvier 2010
Migration : coucous désorientés
décembre 2009
La Chine s'éveille ; le monde s'endort
novembre 2009
Une crise... quelle crise ?
octobre 2009
Un parachute par amour, ou par respect
septembre 2009
Quand les pilotes dérapent...
août 2009
Quand les médias dérapent !
juillet 2009
A moi le ciel électronique !
juin 2009
A la gravité s'ajoute la connerie !
mai 2009
Etrange réglementation...
avril 2009
Inauguration
mars 2009

Webmaster : Fabrice Gay & MH - Rédacteur : Miguel Horville - ULMaG ©2008-2019

























page générée en 0,06 sec.