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Edito juin 2013
127 articles .......... anciens éditos

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Profiter c'est bien : mériter c'est mieux

''Il y a des sujets qu'il serait souhaitable de ne pas aborder...''

C'est ainsi qu'un président de club de mes relations m'a prévenu que le présent édito allait immanquablement remuer la merde. Non sans malice, il m'a ouvert la trésorerie de son club... Finalement, c'est l'euro qui a un goût de merde, selon comment il est réparti, partagé et distribué.

Les discussions de club évoquent régulièrement la baisse des subventions, ainsi que la fin des gratuités : aides à la navigation aérienne, contrôle en vol, usage des aérodromes (comme ceux d'ADP)... Levées de boucliers, coups de gueule, consternation... C'EST PAS JUSTE !

Oui, la fin d'un privilège est toujours mal vécue par ceux qui en profitent.

Mais revenons brièvement sur l'origine de certains de ces privilèges. Et surtout, tentons de rester honnêtes et froids face à la brutale réalité des faits.

D'abord au sortir de la première guerre mondiale, en 1918, 50 000 avions et presque deux fois plus de moteurs avaient été construits. On ne savait que faire de ces appareils, des usines qui continuaient à les produire, de l'ingénierie et du savoir-faire, sans parler des pilotes qu'il convenait d'entretenir, en prévision de futurs conflits ou de l'aviation commerciale...

On dota alors les clubs aéronautiques, ce qui permettait de maintenir le matériel et les pilotes.

Richement dotés en carburant pour leurs exercices, trop richement dotés en temps de paix, les militaires échangeaient du carburant contre des heures de vol auprès des aéroclubs (peut-être la pratique n'a-t-elle pas entièrement disparu aujourd'hui). Des échanges inégaux qui permettent d'abaisser le tarif horaire au ras des pâquerettes.

Des infrastructures désertées ont été laissées au clubs, voire créées pour elles ; il n'est ainsi pas rare de découvrir des tours de contrôle abandonnées sans jamais avoir servi ; des pistes en dur inutilisées, percées par la végétation ; des hangars pourris dont personne ne connaît l'origine ou la propriété...

Trois ministères (l'air, les transports, la jeunesse et les sports) se partageant la tutelle du loisir aérien : dotations et sponsoring coulèrent à foison, permettant aux clubs de maintenir des tarifs très bas. Le vol à voile a également très généreusement bénéficié de ces largesses.

En fait, des origines à nos jours, rares sont les pilotes qui ont payé l'heure de vol à son prix réel. Il faut finalement attendre la généralisation de la possession individuelle d'aéronefs - et notamment les ULM - pour qu'on se mette à payer le prix d'une heure de vol pour ce qu'elle vaut... ou presque.

Car encore une fois, une majorité d'ulmistes utilisant une radio bénéficient encore de services dont la gratuité découle d'une chaîne historique sans rapport avec la réalité de notre époque.

De même, l'utilisation des services en ligne gratuits (Météo-France, cartes VAC...) résulte d'avantages octroyés à des fins de développement de l'activité aérienne. Mais aujourd'hui le développement n'est plus à la charge de l'état, mais à celle d'entités privées qui ''font'' les marchés et l'avenir de l'aéronautique.

Il va falloir sortir du rêve et accepter quelques réalités, même si elles ne font pas plaisir. Les chômeurs à qui ont soustrait du pouvoir d'achat sont-ils ravis de leur sort ? Pas que je sache. Les travailleurs que la débâcle économique précipite dans la précarité sont-ils au pinacle d'un extatisme rayonnant ? Non.

L'époque où on entretenait des pilotes pour les conflits à venir est obsolète. Un pilote militaire est aujourd'hui un spécialiste hautement qualifié. Un pilote de club n'a plus aucun espoir d'être converti en pilote de combat.

Les divers scénarios communautaires sont pareillement désuets ; qui peut prétendre que le spottage a encore un intérêt stratégique, quand des milliers de satellites surveillent chaque centimètre carré de la planète ? Qui osera, sans se fêler les genoux, annoncer que les plate-formes historiques (mêmes inscrites au patrimoine militaire) sont des options tactiques en cas de conflit ? Oui, à la rigueur, pour quelques terroristes visant à armer un avion civil...

Le passé est une chose, le présent en est une autre. Il faut cesser de penser ''comme hier'', et admettre la nouvelle donne comme actuelle et seule valide.

Ce long étalage d'anachronismes et d'afférents avantages n'aurait pas de légitimité si notre pays, voire la planète, se portait bien. On ne verrait rien à redire que l'état allonge la monnaie pour une poignée de chanceux qui se la coule douce en altitude.

Mais notre monde vacille. En ces temps de crise, où chacun doit fournir un effort pour sauvegarder la paix civile, abandonner des acquis semble une hypothèse réaliste. Les travailleurs, pour une bonne part pauvres, font les efforts qu'on leur impose ; peut-être les pilotes, généralement moins pauvres, voire nantis, pourraient-ils accepter de faire les efforts qu'on leur suggère.

Il faut que le monde aéronautique cesse de penser à travers le filtre déformant de l'assistanat. Des écoles vont se casser la gueule ? Et alors... Une entreprise dont le modèle économique ne tient que sur le mécénat a-t-elle une quelconque légitimité dans une époque tendue ? Est-ce à l'état exsangue (donc à la collectivité) de payer les ronds en l'air de quelques individus ?

On vole si on en a les moyens et on roule à bicyclette si on ne peut pas faire autrement. Il en a toujours été ainsi et, objectivement, je ne vois pas comment échapper à ce modèle cartésien.

Trouverions-nous souhaitable d'offrir un luxe inaccessible à une population défavorisée ?
Bah oui, forcément...
Trouverions-nous normal d'offrir ce luxe avec nos impôts ?
Bah évidemment non !

A l'envers, la population défavorablement imposée n'a que faire de nos joyeux tourniquets aériens. Elle voudrait nourrir ses enfants, vivre par procuration de jolies histoires à travers la télé-réalité et s'offrir du rêve à 2 euros en gonflant les vagues de la française des jeux.

Elle s'en bat les noix de nos avions, la population imposable.

Bref, les temps changent, des acquis disparaissent, d'autres apparaissent... c'est la vie ma brave dame.

Manifester pour conserver les acquis injustes, inégalitaires ou infondés est sordide. On en a l'exemple, et on s'en offusque tous, à travers les manipulations de nos chers dirigeants, sénateurs ou députés, qui conservent leurs avantages scandaleux en dépit des difficultés que rencontre le peuple.

Si l'aviation de loisir est en déclin parce que voler coûte cher, parce que les infrastructures sont lourdes ou parce que la réglementation lui pèse, c'est qu'elle n'a pas su s'adapter, préférant jouir des acquis que préparer l'avenir.

Le modèle économique ULM offre un avenir à l'aéronautique de loisir. Avec des coûts contenus, une réglementation et une infrastructure sol légères (voire inexistante), des consommations raisonnables et un ''turn-over'' facile, les ULM peuvent être payés le prix réel qu'ils coûtent.

Si des écoles parviennent à vivre sans aide ; si des professionnels arrivent à se maintenir, cela signifie que c'est possible. Peut-être pas en aussi grand nombre, certes.

Mais il faut savoir ce qu'on veut. Une société capable de se prendre en charge, ou alors des systèmes, que je n'hésite pas à qualifier de mafieux, où de multiples imbrications permettent à certains de bénéficier d'avantages, sur le dos de tous, ou plus grave... sur le dos des autres.

Bons vols

Miguel Horville

Je n'ai jamais trouvé plus injuste qu'une chance qui sourit aux autres (Gilou, philosophe diéséliste).

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