Sécurité pitot Foucher
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La boîte à malice

Sécurité cache-pitot
septembre 2014 - par Jacques Foucher

Une prise anti-oubli

Décoller avec le cache-pitot en place fait partie des incidents de vols qui arrivent parfois quand on expédie un peu trop rapidement la visite pré-vol. Cela peut n'être qu'une anecdote, mais cela peut aussi devenir périlleux. Pour éviter l'incident, Jacques a imaginé une solution simple, fiable et pas coûteuse.




Un coupe-contact secondaire

L'idée est simple : interdire la mise en route du moteur tant que le cache-pitot est en place. Pour cela, pas de dispositif électronique complexe ; pas de capteur de pression alambiqué ou de cellule infrarouge aléatoire... Plus simplement, le cache-pitot recèle une clé de démarrage ! Il s'agit d'un coupe-contact secondaire partiel en l'absence duquel le relais de démarrage n'est pas excité. Ce coupe-contact très simple ne peut générer aucune panne et se duplique facilement en cas de perte. D'ailleurs, on en conservera une copie dans la trousse à outils...



Pas question de toucher aux câbles (rouges) de force. On intervient uniquement sur le fil d'excitation du relai (bleu).




Relais de démarrage : késako ?

Un relais électromagnétique permet de dissocier la partie puissance d'un circuit électrique de la partie commande. Il permet l'ouverture et la fermeture d'un premier circuit par un second circuit complètement isolé et pouvant avoir des propriétés différentes. En d'autres termes et dans le cas général (automobile, aéronautique...), il s'agit d'un interrupteur piloté qui permet de fermer un circuit d'intensité supérieure à la capacité du dispositif de manoeuvre. On parle de relais de puissance. Ce qui explique la présence d'un circuit composé de gros fils (batterie-démarreur) et d'un fil de petite section (contacteur manuel). Le relais de démarrage permet de donner l'impulsion au démarreur. Lorsque le contacteur de démarrage (à clé ou à bouton) envoie du courant 12 V (via le vil bleu du schéma ci-dessus), le circuit se ferme entre le fil (rouge) venant de la batterie et celui repartant vers le démarreur (rouge aussi). Le démarreur est alors sollicité. Nous parlons du fil ''bleu'' pour avoir un repère, mais il peut bien sûr être d'une autre couleur en fonction des choix du concepteur du circuit.




Un relais électromagnétique permet de dissocier la partie puissance d'un circuit électrique de la partie commande.




L'astuce ''anti-oubli''

Si on coupe le fil bleu venant du contacteur, le relais n'est pas activé et n'envoie donc pas l'impulsion au démarreur. C'est le principe de cette sécurité. L'opérateur agira donc UNIQUEMENT sur le fil représenté en bleu, ou fil de commande. Ne touchez pas aux gros fils rouges qui transportent un courant de forte intensité et sont donc susceptibles de vous apporter de gros ennuis en cas de tripatouillage inconsidéré. Câbler une prise cinch (encore appelée RCA) comme sur le schéma ci-dessous. Le fil + venant du contacteur est interrompu, câblé (côté contacteur) au pôle central de la prise femelle, et (côté allant au relais) câblé au contact ''couronne'' de cette prise. Le circuit est désormais ''ouvert''. Pour le fermer, il faut réaliser un court-circuit entre le pôle central et l'anneau de la prise. Pour cela, il suffit de connecter une prise mâle de même type, dont on aura court-circuité le pôle central et l'anneau. Pourquoi différencier le pôle central et l'anneau de cette prise, alors qu'on reste dans du courant positif ? impérativement au centre ? Simplement afin que du courant + 12 V ne soit pas en contact potentiel d'une partie à la masse du cockpit en cas de tentative de démarrage sans le shunt. Côté disposition, il est préférable et sécuritaire d'opter pour un montage encastré en tableau ou sur embase. Dans ce cas, il faut impérativement choisir un connecteur femelle isolé de la masse. L'implantation est au gré du concepteur, le mieux étant de placer au plus près de l'impulseur de démarrage et des coupe-contacts. On peut également opter pour une prise volante, mais en veillant à ce que le connecteur RCA ne risque aucunement de toucher une partie métallique de l'aéronef, qu'il soit pratique à manipuler et ne gêne pas le pilote. Bien sûr, la prise mâle (shunt) est attachée au cache-pitot. Ainsi, si ce dernier est encore en place sur le pitot, le démarrage est impossible. Conséquence en vol en cas de panne ? Aucune. En effet, le système ne sert qu'au moment de démarrer. J'utilise ce dispositif depuis dix ans déjà et n'ai jamais rencontré de problème.



Lors du branchement, on veille à connecter le pôle métallique non isolé au fil de départ vers relai de démarrage. La pirse RCA mâle est attachée au cache-pitot. Ainsi, le démarrage ne peut intervenir quand ce dernier est en place.





Une prise RCA de bonne facture est capable de passer des courants de moyenne intensité sans s'échauffer. Modèle femelle pour montage ''volant'' et modèles mâles droit ou équerre.





Prise RCA encastrée isolée (ou châssis isolé) ou embase isolée compatible avec un montage en tableau.





Prise RCA châssis non isolé incompatible avec un montage en tableau (court-circuit).




Avertissement

Les schémas sont enfantins pour un mécano et le câblage comprend un seul fil à modifier : toutefois ne prenez aucun risque de bidouille hasardeuse si vous n'êtes pas absolument sûr de vous et de votre maîtrise du circuit électrique. N'oubliez pas que vous êtes seul responsable d'une modification du câblage électrique. Au besoin, contactez le constructeur de votre aéronef pour lui soumettre cette modification. Notez aussi que cette petite modification du câblage d'origine ne constitue pas un avenant au régime déclaratif de votre ULM.




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