AG FFPLUM 2011
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Vie Fédérale

Pierre-Henri Lopez - Sébastien Perrot - Dominique Méreuze - Denise Lacote.




AG FFPLUM 2011 : Objectif sécurité
Par Xavier Le Bleu
mars 2011

L'AG de la FFPLUM cru 2011 s'est déroulée dans la continuité des années passées, avec un accent appuyé sur la sécurité, toutefois sans intervention de son responsable Th. Courderc, et un discours fleuve de Dominique Méreuze qui a parlé juste et haut de ce qui se murmure en général tout bas. Un exemple de liberté d'expression qui remporte comme toujours le succès et réunit le mouvement autour de son représentant.

Quelques chiffres
Samedi 19 mars dernier a eu lieu l'Assemblée Générale de la Fédération ULM, présidée par Dominique Méreuze, à laquelle assistaient Maxime Coffin (président du MALGH) et 142 représentants de clubs représentants 417 voix lors des votes. Notons à ce sujet que la participation a été faible (4 représentants de plus que l'année dernière qui avait battu un record septennal). Le calendrier politique (élections cantonales) ne saura pas être tenu responsable cette année, les urnes ayant été désertées à un niveau historique.

La FFPLUM représente 13 500 adhérents (fin 2010), soit 100 de plus qu'en 2009, donc environ un tiers des ulmistes européens. En 1981, elle comptait 381 licenciés ! A titre de comparaison, la FNA comptait 25 000 licenciés en 1978 et 41 000 en 2009 (sous la dénomination FFA). Suite à la présentation des invités (protocole incontournable qui prend représente un parenthèse horaire non négligeable), Dominique Méreuze a présenté un rapport moral particulièrement orienté sur la sécurité. L'axe prend en compte les tendances réelles de l'accidentologie qui n'a pas subi de hausse notable en France en 2010 (encore que certains accidents auraient pu et dus être évités), l'image négative que transporte encore et toujours l'ULM en France, l'insistance des autorités pour réagir avec ''précipitation'' sur chaque accident avec des solutions légales, la toujours précaire exemplarité de l'Annexe II et les risques d'être absorbés... Bref les thèmes récurrents épicés d'une mise en garde sérieuse pour que les mentalités et les comportements évoluent, notamment vers de plus grandes responsabilisations individuelle et collective. L'accent a également été mis sur la juridisation à outrance de notre société et les retombées économiques et comportementales dans notre mouvement, avec des exemples chiffrés des dérives occasionnées par cette tendance. Donc peu de chantiers ''optimistes'' pour cette édition 2011 et les applications 2012, mais une série de mesures techniques concrètes destinées à éviter certains types d'accident, rappelant que le risque Zéro n'existe pas, n'en déplaise à ceux qui tentent de le faire croire..


Dominique Méreuze et Hugues Le Cardinal qui quitte la DGAC.

Le Rapport moral
Selon Dominique Méreuze rappelle que le succès de l'ULM en France, toutes classes confondues, est essentiellement lié à une réglementation bien adaptée globalement, basée sur un système déclaratif qui a fait toutes ses preuves. Ceci en préambule afin de justifier le combat déterminé et acharné (aux côtés de la DGAC) pour ne pas tomber dans les griffes de l'Agence Européenne (EASA) dont le Règlement européen 216/2008 ne lui permet de travailler qu'à partir d'un système basé sur la certification. Il rappelle qu'allégé ou non, ce système sera toujours pour nous plus compliqué, contraignant et astreignant, et qu'un effet de cliquet décrit par Jean-Claude Roussel, précédent Président de la FFA, rend pratiquement impossible tout retour en arrière.

D. Méreuze propose de porter l'effort sur l'annihilation d'un second danger plus pernicieux et difficile à maîtriser : la ''sécurité'' des vols. Selon le président de la FFPLUM, si cette dernière devait prendre une pente descendante et s'orienter vers l'aléatoire, cela précipiterait le mouvement ULM dans de grandes difficultés. Dénonçant la perte du sens des responsabilités, le principe de précaution poussé à l'extrême, la judiciarisation dans tous les domaines, le refus du risque calculé, l'exigence de l'obligation de résultat dans toute action ou l'appât du gain à l'occasion des accidents, il craint que les politiques ne s'emparent à terme de notre mouvement pour radicaliser les options de sécurité. Ainsi son propos se centre sur l'exemplarité de notre fonctionnement afin de maîtriser l'accidentologie.


Sébastien Perrot et Pierre-Henri Lopez.

Un axe : neuf pistes
Neuf pistes sont proposées pour réduire le risque d'accident lié à la pratique de l'ULM.

- Une participation accrue aux travaux de l'IASA (Institut pour l'Amélioration de la Sécurité Aérienne) avec notamment la réalisation d'un film DVD en collaboration avec la FFPLUM, sur le thème du parachute de secours; qui sera mis à disposition des pilotes, des clubs et OBL ainsi que des forces de police, de gendarmerie, et des unités de secours amenées à intervenir sur le terrain en cas d'accident.

- La refonte du cursus de formation des IULM (instructeurs ULM). Partant du principe que la qualité des pilotes est intimement liée à la qualité des formations dispensées, le souhait de la FFPLUM est de faire évoluer le recrutement, la formation et le suivi des connaissances des instructeurs, pour les adapter à l'évolution de la pratique de l'ULM (notamment en terme de navigation). Toutefois sans oublier les fondamentaux, c'est-à-dire, à l'enseignement du pilotage d'un ULM et pas celui d'un avion. Le posé en campagne en situation critique et la gestion des pannes moteur doit rester au centre des préoccupations.

- L'entretien et le développement de l'outil fédéral informatique RASU (Recueil Accidentologie Sécurité ULM). C'est un outil d'analyse corrective qui permet d'améliorer la perception de l'accidentologie en rassemblant toutes les données qu'elle peut recueillir à partir des renseignements humains et techniques sur les accidents.

- L'achèvement et le développement de l'outil fédéral informatique REX (Retour d'expérience) prévu pour être opérationnel au début de l'été 2011. Il est destiné à pallier le REC (Recueil des événements confidentiels) du BEA (Bureau d'enquêtes et d'analyses) qui est amené à disparaître à la même époque par manque de moyens financiers et humains. Les Fédérations aéronautiques, dans le cadre du CNFAS, ont décidé, en collaboration avec la DGAC et l'IASA, de mettre en place un logiciel commun, mais décliné par Fédération, permettant à chaque pilote, anonymement s'il le souhaite, et de manière volontaire, de décrire les incidents auxquels il aura été confronté. Les analyses seront ensuite mises à la disposition de tous les pilotes qui pourront en prendre connaissance.

- L'outil informatique BASULM, présenté en détail par Pierre-Henri Lopez, reprend les fondamentaux des fiches terrains comme Nav2000 ou NAVI. Cette base de donnée gratuite se destine autant aux pilotes privés qu'aux éditeurs de logiciels de navigation et même aux éditeurs de cartes papier comme la Cartabossy. Il s'agit d'une base de donnée contributive qui permettra la programmation de GPS. Cette nomenclature de référence sera donc le résultat de l'effort de chacun, avec une gestion centralisée par la FFPLUM.

- La création des Cadets de l'ULM dont le Tour ULM a été le ''baptême du feu'' vise à faire partager certains de nos vols à de jeunes pilotes, qui bien souvent, le brevet obtenu, volent peu par manque de moyens. Sous le contrôle de la FFPLUM et en partenariat avec les Comités Régionaux, des pilotes expérimentés transmettent leur expérience à des jeunes motivés. Les avantages de ce partage sont nombreux.

- Le PNVM. Après le ''Label Montagne'' créé suite à une collaboration de la FFPLUM et de l'AFPM (l'Association Française des Pilotes de Montagne) née dans le but d'entretenir les altisurfaces, la fédération ULM a créé le PNVM (Pôle National de Vol Montagne). Au terme de son développement, ce centre de formation au vol en montagne délivrera une attestation, espère D. Méreuze, donnera lieu à des réduction sur les tarifs d'assurance ou autres...

- L'opération d'aides financières à l'installation des parachutes sur les appareils des écoles ULM qui venait de se terminer, va reprendre grâce à des subventions (30 000 euros) reconduites de la DGAC pour les trois prochaines années.

- Le CNFTE (Centre national de Formation Technique et d'Essais) et les correspondants régionaux dispensent des formations dans le but d'entretenir ou de surveiller l'état mécanique des ULM. Un point essentiel pour assurer la sécurité.


Dominique Méreuze.


Les chantiers en cours
P- L'un des gros chantiers, relevant par instant de l'irrationnel, celui relatif à l'accès aux ULM aux terrains contrôlés ou ayant une procédure IFR publiée. La FFPLUM persiste à demander l'abrogation de l'article de l'arrêté qui oblige à la demande d'autorisation, laquelle est accordée ou non en fonction des humeurs des uns et des autres. Un espoir est laissé, mais aucune date n'est avancée. Les raisons de cette lenteur sont pour le moins obscures. D. Méreuze s'accroche à ce dossier.

- Autre dossier complexe en passe de trouve sa conclusion : la Classe 6 hélicoptère ultra léger. Les travaux, tant administratifs que technique, les essais, les premières formations et l'investissement dans les heures de location d'un Kompress tendent à montrer que l'été verra officiellement cette nouvelle classe reconnue et entérinée. D. Méreuze a réaffirmé que la Classe 6 devra se conformer à la réglementation en vigueur ou ne pas être.

- La fédération travaille avec la DGAC sur l'identification nationale à vie pour toutes les classes. Une simplification administrative qui ne fait que reprendre l'exemple des véhicules routiers, permettant un meilleur suivi des aéronefs, l'établissement d'un réel fichier national et la possibilité de reconnaître des machines à problème (volées, accidentées...).

- Le remorquage des planeurs par les ULM, aujourd'hui interdit par notre réglementation ULM; fait partie des options qui enrichiraient la catégorie ULM, si tant est qu'elle doit l'être. La FFVV est demandeur et le président Méreuze n'y voit aucune objection si les appareils choisis pour cela respectent la réglementation sans l'écorner.

- Face à l'emprise et l'agrandissement des couloirs commerciaux et militaires, la FFPLUM (dans le cadre du CNFAS - Conseil National de fédérations Aéronautiques et Sportives - regroupant 9 fédérations) défend avec énergie les espaces aériens qui restent à l'aviation légère et propose le cas échéant des aménagements sans lesquels bien des pilotes seraient cloués au sol et des bases ULM fermées. La DIRCAM a annoncé des élargissements de certains RTBA, en contrepartie de quoi la FFPLUM a proposé des rétrécissements là où cela était possible. Les études sont en cours et les résultats attendus prochainement, au rang desquels la désactivation des réseaux quand ils ne sont pas actifs ou utiles.

- Outre les travaux autour des sujets brûlants des systèmes anticollisions, de la règle voir et éviter, ainsi que celui des ''manifestations aériennes'', ou des responsabilités des Directeurs des vols. La fédération ajoutera les groupes de travail et les réunions sur l'intermédiation en assurances, sur les règles de Natura 2000 et ses systématiques enquêtes d'incidence, sur la défense et le devenir des sports motorisés.

- Le CNFAS et ses fédérations éditeront prochainement un opuscule juridique CNFAS très complet qui sera mis à la disposition d'associations leur donnant conseils et pistes pour mieux contrecarrer les projets d'éradications des aérodromes.

- Les travaux relatifs à l'aménagement de la réglementation pour la classe paramoteur se poursuivent. C'est très compliqué et les spécialistes que sont Joël Amiable et Luc de Tilly y travaillent d'arrache-pied. La fédération amorcera avec les services de la DGAC une étude plus approfondie de ce qu'il pourrait être envisagé de faire en terme d'allègement réglementaire pour les plus simples et les plus légers des ULM.

- Bernard Fabre et Joël Amiable traitent de front avec la DGAC le dossier des questions de l'examen théorique tronc commun, dans le but de les rendre propres à tester les connaissances des candidats et non à les piéger le jour de l'examen.

- La motorisation électrique est également un sujet de préoccupation pour la FFPLUM qui voudrait s'entendre avec la DGAC pour aider à son développement pour la rendre plus opérationnelle et accessible. Il s'agit de ne pas céder à la mode et d'éliminer les chasseurs professionnels de subventions à fonds perdus.

- Le dossier de l'équipement des aéronefs en radios 8,33 est suivi de près au nieavu européen. Rien n'est clairement établi aujourd'hui.

- Les actions de la FFPLUM continuent et se développent au sein de la commission des vols adaptés, avec la commission ''Jeunes'' dont les demandes sont nombreuses, et la commission ''Voler au féminin''.

- Le Championnat de France (qui se déroulera à Couhé en 2011) est un franc succès, surtout en paramoteurs. En international la France a remporté une médaille d'or en multiaxe biplace et une médaille de bronze aux championnats d'Europe en Angleterre au mois d'août 2010. Le championnat du monde est prévu au mois d'octobre pour les Classic Class en Israël. Pour les paramoteurs, pas de compétition internationale d'organisée malheureusement en 2010... pas plus qu'en 2011. C'est pourquoi la FFPLUM et l'association CARNAVOL avec le soutien du Comité Régional ULM PACA, organiseront une coupe du monde de paramoteur axée sur la maniabilité, sur les aérodromes de Gap et Aspres, avec pour chef d'orchestre notre CTN Patrice Girardin. Elle se déroulera au mois de septembre 2011 selon un concept d'épreuves innovantes qui devraient intéresser un large public. - Patrick Gandil a décider de ne pas geler comme l'an passé les subventions de la DGAC. Il est attendu du Ministère des Sports, des conventions d'objectif de subventions en stabilité par rapport à 2010.


Denise Lacote, trésorière de la FFPLUM.
Bilan Financier
Toutes ces missions qui ont été décrites plus haut et en vidéo dans la section appropriée, ont un coût. Le bilan financier de la FFPLUM sous la houlette de Denise Lacote se solde par un bel équilibre qui tient depuis plusieurs années. En conséquence, et subissant comme tout le monde des augmentations de toutes parts sur ces achats, la cotisation fédérale prévue pour 2012 passe de 60,28 à 61,18 euros, soit une hausse de 1,5%.


Jean-Pierre Battermann, de Total France, parle du carburant
AVGAS UL91.


Intervention Totale
Jean-Pierre Battermann (Direction Aviation Total France) est intervenu pour présenter le nouveau carburant Total AVGAS UL91 sans plomb. Il s'agit d'un carburant spécifique pour aviation, miscible à l'usage avec les carburants automobiles utilisés dans les ULM. Ainsi, il sera possible de s'approvisionner alternativement en station automobile et en station spécifique. Dans un proche avenir, 4 aérodromes seront équipés de postes de distribution AVGAS UL91 : Gap, Meaux, Dinan et Les Mureaux. Des stations-pilotes pour affiner la démarche de lancement et ''motiver'' les autres aérodromes. En Europe, ce carburant est destiné à la France, la Suisse, l'Allemagne et la Belgique. Le motoriste autrichien Rotax a déjà homologué l'essence UL91 pour sa gamme de moteurs 4 temps. La distribution nécessite des cuves différentes de celles utilisées par certains aérodromes pour le carburant MOGAS. Le prix estimé du UL91 est de 1,80 euros ttc le litre (soit 10 à 15 centimes de moins que le 100LL). La livraison en fût sera envisageable pour les infrastructures ne possédant pas de cuve et de poste de distribution, mais à un prix plus élevé..

Interventions complémentaires
Patrice Girardin a réalisé une enquête auprès des instructeurs IULM, toutes classes confondues, dans le but de mieux connaître les besoins, les lacunes, les difficultés de chacun, in fine pour améliorer la qualité de l'instruction au travers de profils déterminés. L'idée directrice de cette enquête était d'expliquer une série d'accidents où la formation, donc les instructeurs étaient impliqués. Les conclusions de cette enquête destinée aux pouvoirs publics, aux associations, aux organismes de formation, aux instructeurs et constructeurs et bien sûr à la commission formation de la FFPLUM, seront bientôt en ligne sur le site de la fédération et reprises prochainement dans une vidéo ULMaG.

Dans un style humoristique et jovial, Jean-Christian Wilmes a livré une étude sociologique pertinente sur les pilotes, leur rapport à la technologie, les facteurs humains, la biologie et la psychologie, les influences extérieures... Le MON ou Mode Opératoire Négatif est mis au centre de la majorité des pathologies, des troubles de comportement et plus généralement du mal-être de l'individu, donc du pilote. La grande question demeure : est-on en état de piloter ? Vous pouvez retrouver le ''Concept Valoriance'' sur www.valoriance.fr.


Affichage ''in live'' des votes

Les votes
Approbation du rapport moral :
- 417 voix exprimées
- 411 voix POUR
- 3 voix CONTRE
- 3 ABSTENTIONS
Le rapport moral a été approuvé à 98,5 % des votes exprimés

Approbation du rapport financier :
- 417 voix exprimées
- 390 voix POUR
- 14 voix CONTRE
- 13 ABSTENTIONS
Le rapport financier a été approuvé à 94,3 % des votes exprimés

Cotisation fédérale 2011 :
- 417 voix exprimées
- 362 voix POUR
- 47 voix CONTRE
- 8 ABSTENTIONS
L'augmentation de la cotisation a été approuvée à 88,7 % des votes exprimés.


Contact : FFPLUM - 96 bis rue Marc Sangnier, 94704 Maisons Alfort Cedex - 01 49 81 74 43 - www.ffplum.com


Les Vidéos de Xavier Le Bleu

Le Rapport Moral (part. 1) de Dominique Méreuze


Le Rapport Moral (part. 2) de Dominique Méreuze


BASULM présenté par Pierre-Henri Lopez


Le rapport financier présenté par Denise Lacote


Expertise comptable présentée par Dominique Vetterl


Votes de l'assemblée


Les questions... la masse en question


Interventionde Jean-Pierre Battermann (Total)


Hugues Le Cardinal quitte la DGAC


Réflexion sur la responsabilité et la conscience


Remise de médailles aéronautiques


L'exposé de Jean-Christian Wilmes



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