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Blois 2017
Visite salon

photos : Patrick Perrier - ULMag & constucteurs
Un bon millésime

Avec d'ultimes prévisions météo déprimantes, l'édition 2017 du rassemblement ULM de Blois aurait pu ressembler à un désastre. C'est pourtant tout le contraire qui s'est produit ! Les nuages se sont contenus durant la manifestation et de belles nouveautés ont suscité l'intérêt des visiteurs. Un bon millésime ont confié certains exposants...


Les années se suivent et ne se ressemblent pas. En 2016, nous constations un salon terne et ennuyeux, où la rareté des nouveautés tendait à hypothéquer l'avenir même du rassemblement de Blois. Le millésime 2017 fût à l'inverse un salon réjouissant, plein de surprises et de nouveautés. Certes la classe pendulaire n'a pas brillé par une abondante luxuriance... C'est vrai. Mais les visiteurs ont pu découvrir de nouveaux et très agréables autogires, des multiaxes décoiffants, d'autres envoûtants, des hélicoptères innovants et des équipements intéressants. Chez Trixy Aviation, le Spirit a remporté un large succès d'audience ; son look sympathique façon torpédo sauce Walt Disney a stimulé les plus blasés. Le Zlin Savage Agilis, par son unicité, son format hors norme et la bonne humeur de l'équipe qui le présentait a fait un carton auprès du public. Le Stampe SV-4 n'a pas manqué sa cible : avec un design à tomber, cette évocation du passé a émoustillé plusieurs générations de pilotes. Le Risen de SEA s'est rappelé au bon souvenir des amateurs de performances à qui il faut régulièrement une injection d'adrénaline pour assouvir leur soif de voler. Coup d'oeil dans le rétro' avec AKS présentant la gamme des moteurs Verner radiaux. De 3 à 7 cylindres en étoile pour mieux rêver... Les constructeurs français n'ont pas démérité : DTA avec un nouvel autogire Xeeleex et Ventura avec le Eagle. Rien de révolutionnaire, mais une offre riche qui aiguillonne l'émulation.
Une constante toutefois : les tarifs très élevés ou en hausse, quasiment partout. Admettons que la lourdeur des charges qui pèse sur les entreprises se ressente sur les factures. Reste que le budget d'un ULM aujourd'hui devient lourd, très lourd, quand ce n'est pas prohibitif. Et quand on évoque le prix des ULM, on n'aborde pas encore celui des équipements dont il serait dommage de se priver : radio, loupiotes, écrans en tous genres, balises, moteurs, vérins, bidules et choses... Un multiaxe vendu entre 100 et 130 000 euros est devenu commun ; mais avec de jolis accessoires, ce même appareil peut atteindre 150, voire dépasser 200 000 euros. Il existe même des tarifs innovants où l'ULM basique n'a plus de roues ; le client choisit en option train fixe ou train rentrant. Mais quoi qu'il en soit, il casque ! Une erreur syntaxique, c'est à souhaiter, mais une erreur symptomatique : tant que la passion commande de payer, pourquoi se gêner ? Des radios à mille euros qui en coûtent 3000 quand elles arrivent au catalogue des options : c'est presque devenu la règle. Un peu d'abus ne nuit pas, mais beaucoup d'abus tue. Il ne faudrait pas qu'à terme le marché des ULM devienne une foire à la surenchère. En discutant avec les revendeurs ou importateurs, on se rend compte que le faible volume de vente entraîne la chaîne de distribution dans cette mauvaise direction. Quand un ''importateur'' réalise une, voire exceptionnellement deux ventes dans l'année, avec une marge commerciale modique, on peut comprendre qu'il se paye, ou tente de se payer sur les ''bonus'' que sont les accessoires. Alors radio, strobes, parachute et bidules, tout est bon pour gonfler la note et assurer une rémunération. Du coup, on se dit que ces petites structures n'ont pas lieu d'exister. Qu'elles participent à la grande régalade de celles qui vendent des volumes ''décents''. Bah... c'est moche de le penser, mais on le peut, en effet. N'empêche : tant que la clientèle ne mettra pas un frein à cette escalade, il n'y a aucune raison que la roue s'arrête de tourner. Et comme la nouvelle clientèle vient (pour un grand nombre) de l'aviation certifiée, que cette discipline a habitué ses participants à ouvrir généreusement la bourse, les constructeurs-importateurs-distributeurs d'ULM, pas bêtes, ont bien compris qu'il y avait matière à se gaver ; alors ils se gavent. Reste le prix de la rareté, des performances, de l'élégance... Chacun place la barre où il veut. C'est aux assureurs de ramener ce petit monde dans la réalité afin que les caprices des uns ne privent pas les autres de leur passion.
Remarquons l'absence, pour la quatrième année consécutive, de l'italien Tecnam qui n'en a peut-être plus rien à faire des ulmistes et des ULM. Une chance que la majorité des constructeurs montre un peu plus de respect pour leurs clients et l'ensemble des passionnés d'ULM.