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Blois 2018
Visite salon

photos : Patrick Perrier - ULMag & constucteurs
Métamorphose

L'édition 2018 du rassemblement ULM de Blois s'est déroulée par une météo parfaite, sans canicule, presque sans nuages, avec juste un peu de vent pour rendre l'air respirable. Les visiteurs étaient connaisseurs et intéressés. Quant aux exposants... quelques absents regrettés et quelques furieux démonstratifs au professionnalisme exacerbé. On pouvait ainsi se dépayser d'architectures monumentales en tentes berbères en quelques dizaines de mètres. Les ULM présentés ont, pour leur part, pris la pleine mesure de la redéfinition réglementaire à venir ; poids, rapidité, tarifs... tout les ingrédients du reniement des origines.

Si le salon de 2017 s'était montré réjouissant par la diversité et le nombre des nouveautés, ce n'est pas ce qui caractérise l'édition de 2018, dont on a pu constater l'uniformité de la classe multiaxe qui, à l'instar de l'automobile ne présente plus qu'un profil commun, un embonpoint caricatural, des performances cosmiques et des prix exorbitants. Au point que la seule réelle surprise du constructeur tchèque TL Ultralight, le Stream (biplace en tandem ressemblant à s'y méprendre au Shark), figurait en qualité d'avion, puisque n'ayant aucune vocation à devenir ULM. Les constructeurs ont pour la plupart bien compris qu'il ne servait plus à rien de déguiser les faits établis : les ULM sont lourds et le resteront, puisque l'administration et la fédération ont cédé devant l'insistance collective. Donc maintenant la masse des ULM n'est plus cachée, les vérités sont dites et les clients n'ont plus à feindre la surdité à l'exposé des chiffres. Ainsi tout le monde s'en va heureux, comptant les euros par centaines de milliers, par deux centaines de milliers, puisque les avions qui sont présentés le valent ou le pèsent bien. Tout cela dans un décor pharaonique qui n'envie rien à l'exposition de Friedrichshafen tant par l'architecture que par la débauche d'attractivité. Un salon ''pro'' en quelque sorte... Les hélicoptères étaient représentés en nombre raisonnable, avec une mention pour l'équipe française de Héli-Tech qui construit une machine réellement nouvelle, moderne, futuriste et sécuritaire, avec son parachute et son moteur redondant. Restent les pendulaires, parents pauvres de l'exposition, les autogires qui deviennent enfin conviviaux et pratiques et quelques phénomènes aussi atypiques que sympathiques, au rang desquels figurent en bonne place les répliques de AKS (Motte, Kiebitz, Sherwood Ranger) ou de Ultralight Concept (Stampe SV-4 RS), qui n'ont pas failli en dépit du vent de travers.


Les équipementiers ne déméritent pas, entraînant la clientèle dans une course (folle ?) à la technologie, synonyme de course aux tarifs supersoniques. Doubles amortisseurs Béringer pour poser sur des surfaces inégales, hélices aux performances insensées pour décoller court et voler vite, afficheurs géants... Le monde de l'ULM semble tout autant épris de gigantisme que accroc à la high-tech. Et qu'importe la dépense, pourvu qu'on possède l'inutile chose à la mode. Après tout, à quoi sert de voler si on ne possède pas les options qui conviennent ? Surprenante façon de voler.