louis_devallerie
.
.
.
.
Portrait
Louis est décédé le lundi 28 février 2011 à l'âge de 99 ans

Louis Devallerie devant le Bébé Jodel qu'il pilotait encore en 2008, à l'âge de 96 ans.

Voir les vidéos
Voir les photos


Itinéraire d'un Papy volant
Avril 2010

En 2008, âgé de 96 ans, il pilotait encore son Bébé Jodel. Aujourd'hui il pilote encore un peu, mais en double avec les copains. Maintenant c'est sûr : l'air conserve !

Un jeune homme plein d'avenir
Louis Devallerie est un enfant de la Nièvre. Né le 2 mai 1912 à Parigny-les-Vaux, il a la chance d'être aiguillé par un professeur de géométrie de l'école professionnelle de Nevers vers le collège de Châlons-sur-Marne où il entame un cursus qui le propulse vers les Arts et Métiers, où il entre Major de promo, et dont il sort ingénieur de la promotion 1930-1932. Ses domaines de prédilection sont la mécanique, la menuiserie et le modelage.


Louis montre le Jodel D19 qu'il termine de construire
pour le plaisir, mais aussi pour l'utiliser.

Venu là par hasard
Après une première expérience en tant qu'assistant de l'ingénieur en chef de la Société Française de stéréo-topographie (département civil de l'armée) de 1933 à 1934, il intègre le bataillon d'artilleur à Auxonne avant de revenir en 1935 dans la vie civile. A cette époque, le travail est rare. Il intègre par hasard l'atelier du pionnier de l'aviation Hanriot, à Bourges au salaire horaire de 5,25 francs (de l'époque !), au clac de la pendule. Dès lors, il plonge dans le monde aéronautique, Louis a pour directeur un ancien adjudant qui cumule les fonctions de pilote et d'instructeur. Il côtoie le pilote d'essai Marcel Haegelen, héros de la guerre 14-18. Ce creuset commence à forger une sensibilité particulière aux choses de l'air..


Le moteur du D19 est prêt sur son bâti : ne reste qu'à
lui faire une bonne révision.

Il construit un Pou, mais ne vole pas avec
Un nouvel événement va servir le destin de Louis. Les usines Farman de Billancourt et Hanriot de Bourges sont fondues et nationalisées pour devenir la Societe Nationale de Constructions Aéronautiques du Centre. Du coup, Louis est promu au poste polyvalent d'attaché à la Direction du contrôle. Son salaire est désormais mensuel, ce qui se traduit par plus de confiance en l'avenir. Nous sommes là en 1936. Débordant d'énergie et définitivement conquis à la cause aéronautique, Louis applique à la lettre la pensée de Henri Mignet qui prône l'aviation populaire. Il convainc donc quelques copains de construire un Pou du Ciel. Quatre mois suffisent à réaliser ce projet. Mais l'avion considéré comme ''casse-gueule'' par l'autorité de Bourges va finalement ''atterrir'' à Nevers où un ancien pilote d'Avord a monté une école de pilotage. Finalement, Louis ne pilote pas le Pou, mais vole en double commande sur les avions de Bourges, un Hanriot 3211 de 80 ch et Hanriot 410 de 110 ch. Le week-end, il vole à Nevers sur Caudron Luciole 100 ch. Puis il découvre le vol à voile à Saint-Auban sur Durance, lors d'une balade. Il prend les commandes d'un Avia XI A et se retrouve en l'air, à devoir gérer la suite...


L'aile du D19 est terminée et peinte. L'empennage est
fini lui aussi, mais reste à peindre.


Une rencontre déterminante
En 1940, Louis est muté à Nevers-Fourchambault, au poste d'attaché auprès du directeur après qu'il eut établi une méthode de réparation des Curtiss P3611 transpercés par les balles en combat. Et malgré une promotion juteuse, il quitte l'usine en milieu d'année pour ne pas côtoyer les militaires allemands.
Louis quitte pendant une dizaine d'années le monde aéronautique. Il reprend une affaire de machines agricoles. Vivant du troc et du système D, sa femme aux fourneaux et lui à la forge, à la création et à ses rêves. Parce que des rêves, il en entretient en secret, en dépit du regain d'activité et de production qui accompagnent l'ère souriante connue sous le nom des ''trente glorieuses''. Il conçoit donc des machines agricoles modernes et fonctionnelles qui réjouissent les paysans qui les emploient. N'oublions pas qu'à cette époque, le cheval laissait peu à peu place aux automoteurs. En 1949, Louis croise le chemin d'Edouard Joly et de son gendre Jean Delemontez. Cette rencontre aura son importance dans le futur. Il récupère les plans d'un nouvel aéronef au comportement époustouflant, le Bébé Jodel.


Le fuselage nécessite de l'aide pour coller le cône.
Louis attend celle de son gendre Claude...

A force d'attente et de volonté
Ces plans dormiront 35 ans dans un placard, jusqu'à la retraite de Louis. Et donc en 1984, libéré d'une activité professionnelle prenante, Louis entreprend la construction de son Bébé, respectant les plans sans improvisation. Il l'équipe d'un moteur de Coccinelle réformé et le chausse de roues de brouette de ferme ! Deux ans plus tard, le 19 mai 1996 l'avion est terminé et prend l'air depuis la piste de Champlemy créée par notre passionné dans les années 70. Le Bébé totalise aujourd'hui 500 heures de vol réalisées entre les mains de deux pilotes : Louis et son gendre Claude.
Nous sommes aujourd'hui en mai 2010 et Louis fête son 98e anniversaire le 2 mai. Il n'a pas piloté son Bébé depuis deux ans, mais partage volontiers le cockpit des pilotes de passage qui se posent sur sa piste ; il semble encore avoir le geste sûr et l'oeil alerte.



L
'atelier de 500 m² est un véritable bric-à-brac, ou une
caverne d'Ali-Baba, selon qu'on sait reconnaître la
valeur des merveilles qui y résident.

Louis la brocante
A ce stade de l'interview, il m'entraîne jusqu'à son atelier...
La voiture s'arrête devant une porte métallique coulissante. Un bric-à-brac d'un autre temps règne devant. Une bétonnière hors d'âge, rongée de rouille attire mon regard. L'espiègle Louis m'en conte l'histoire. Il l'a fabriquée en 15 jours en 1963 avec du matériel agricole réformé. C'est avec cet outil qu'il a bétonné le sol de son hangar de 500 m². Une construction classique à charpente métallique triangulée réalisée par un de ses copains. Passé la seconde porte réalisée avec des tôles récupérées après-guerre, la stupeur semble une réponse adaptée à la découverte d'un enchevêtrement d'outils, de machines, d'autos (2 CV, Ami 6, Ami 8, Dauphine), d'un camion Peugeot DMA plateau 1941, de machins, de trucs, de bidules... d'avion !?! Quoi ? Oui, un D18 en construction est au centre du foutoir. Louis a déjà terminé l'aile (plutôt bien faite d'ailleurs) et l'a peinte. L'empennage est également terminé. Moins avancé, le fuselage est toutefois en bonne voie. Tout près, un moteur attend d'être révisé.



Une vie riche de rencontres passionnantes
Parmi les événements qui ont étoilé sa vie, Louis aime raconter sa rencontre fortuite avec Youri Gagarine, ou encore son entretien avec le pilote personnel de Mao Tsé-Tung qui s'est assis aux commandes de son Bébé Jodel. Il relate son expérience de la voltige sur Extra 300 (jusqu'à 83 ans !). Il parle aussi de sa rencontre avec Michel Barry, de son admiration pour le prototype de la Souricette piloté par Willy Gruhier, de l'association Air Souris Set qui l'a baptisé Papy Boyington... d'un ULM tout carbone qui s'est récemment posé sur sa piste, une splendeur technologique ! Bref, il est content de toutes ces choses que la vie lui a permis de voir.


Les Vidéos

Présentation


Curriculum Vitae


Des baptêmes à des loirs


Nid d'espions


Qui cherche des poux


Quoi de neuf docteur ?


L'atelier de Louis... la brocante !




Louis Devallerie - 58210 Champlemy - 03 86 60 13 22

Aérodrome :
LF5826 : Champlemy-Varzy
N 47'17'36' - E 003'21'34'




La piste de Champlemy a été crée dans les années 70 par Louis. D'une longueur de 800 mètres, elle permet à tous les ULM et avions légers de s'y poser (après accord téléphonique, bien sûr). Le vieil homme aime recevoir des visites et se passionne pour les aéronefs qu'il ne connaît pas.


Survol de Champlemy.


Le hangar et quelques ''aéro-voisins''.


Bon pied, bon oeil, Louis ne manque pas d'humour.


Ouverture du hangar.

























.
.
.
.