Ma traversée de France
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Expérience vécue



Jacques Foucher
août 2008

Ma traversée de France en ULM (part. 1)

Mon ULM est basé à Chambley et moi près de Nantes... Un problème qui ne peut se résoudre que par un rapatriement aérien. Or cet appareil de ma fabrication n'a pas volé depuis plusieurs mois. Pour être honnête il n'est même pas tout à fait fini. Volable, mais pas fini...



L'idée de départ

Comment déménager dans l'Ouest, près de Nantes en ayant construit un ULM dans l'Est ? En traversant la France d'Est en Ouest bien sûr, et l'ULM n'y échappe pas ! Sauf que pour affûter l'appareil qui est tout juste testé en vol, il faut faire à chaque fois 1600 km en voiture avec 800 km à l'aller et 800 km au retour et ça, ça complique singulièrement la tache, pas question d'oublier quelque chose, par exemple un outil spécifique indispensable. Et puis il faut être disponible, et puis il faut la météo, et puis... Et puis ! Allons, pas de panique ! on va essayer de faire une chose à la fois ! Tout d'abord, suis-je capable d'entreprendre cette traversée, seul dans un monoplace de construction amateur ? C'est finalement la première condition indispensable à remplir. Le problème n'est pas tant la formation théorique ou la préparation du vol que le temps passé aux commandes en vol, et là, je suis ''sec'' !





Quatre petites dépressions encadrent la France

A coup sûr, il va se passer quelque chose au niveau météo ! Nous traquons le beau temps depuis une quinzaine de jours, rien que ça ! Je dis nous puisque dans cette aventure Marc, mon fils est le fidèle support à toutes mes inquiétudes car dans cette histoire de la traversée de la France il est parfois difficile de distinguer précautions et inquiétude, surtout connaissant mon caractère . L'analyse de la météo est primordiale puisqu'il faut, dans notre future traversée, non seulement une très bonne météo, mais aussi qu'avant, nous puissions tester une dernière fois l'appareil, qui n'a que trois heures de vol ! L'Himax doit être contrôlé sous toutes les coutures puisqu'il est stocké dans un hangar du club depuis un an et que le moteur n'a même pas tourné depuis trois mois, c'était lors de notre dernière visite .Il faut, par exemple, vidanger le carburant pour le remplacer par du carburant frais, tout vérifier de A jusqu'à Z, et ça prends du temps tout ça !
En effet il est impossible de s'accoutumer aux commandes d'un appareil sans voler avec, et à 800 km de distance c'est difficile... J'ai continué à voler dans l'ouest de la France, en m'inscrivant dans un Club, près de chez moi, mais c'est un peu différent, même si ça maintient un bon niveau de pilotage. La réponse toutefois, à la question précédente, semble raisonnablement être un petit ''oui'', pour ce qui est du pilotage. Pour le reste, la construction, le côté technique, je n'ai pas de joker... Il faut faire confiance aux multiples précautions prises depuis le début du projet de réalisation de cet appareil. La machine se comporte merveilleusement bien en l'air, ce qui donne confiance, et le moteur, un Rotax 503 de 600 cm³ tourne rond, du haut de ses 55ch... Enfin, il tourne rond... maintenant ! Car nous avons eu notre lot de problèmes (avec le circuit d'essence entre autres), comme 70% des constructeurs amateurs paraît-il. Enfin, pour nous c'était quand même particulier, l'avion (oui je sais, c'est encore un ULM car, c'est le poids qui le différencie !) l'avion disais-je restant de nombreux mois dans l'Est et nous de nombreux mois dans l'Ouest, il y avait grandement le temps pour avoir des problèmes... Et bien sûr, nous en avons eu ! La piste de Chambley Air Base fait 2600 m de long par... Au moins ça de large ! Bref, une piste d'avion de chasse juste pour nos essais et ça, c'était un luxe qui en plus, apportait une sécurité extraordinaire. Il suffit de survoler cette ancienne base de l'OTAN pour se rendre compte qu'en cas de pépin, on peut se poser presque n'importe où !






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