SG12A
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Essai


Le SG12 A a été développé pour répondre à la demande de certains clients désireux de se poser sur des pistes très courtes ou enclavées. Le domaine de vol a ainsi été tiré vers le bas, avec une perte inférieure à 20 km/h en vitesse maxi et des basses vitesses parfaitement maîtrisées.


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Aéroservices Guépard SG12A - 912 S
Il complète la gamme (part. 5)



La toupie magique - the widow maker

Reste qu'en dépit des tortures auxquelles nous soumettons le SG12 A, la patte du constructeur demeure la neutralité de comportement. On n'a pas à piloter cet ULM, il se débrouille bien tout seul, parfois mieux... Mais si le pilote a des tendances... ''bizarroïdes'', là encore l'appareil répond présent. Ainsi Jean-Daniel m'entraîne-t-il dans une phase de vol que je n'aurais pas spontanément entreprise : la toupie magique. Z'allez voir comme c'est drôle. Le jeu consiste à descendre le badin à 80 km/h, tenir l'assiette stable, mettre le pied en butée à droite et le manche en butée... à gauche ! Vous voyez quoi au bout de l'aventure ? Un zinc sur le toit et une info au JT ? Ben nan. Le SG12 A descend à la manière d'une samare*. Et comme il faut toujours ré-éditer les bêtises, on envoie la sauce dans l'autre sens (histoire de détortiller la cordelette qui nous relie au créateur). Pareillement stable dans la manoeuvre maudite, avec ou sans vaccin anti-vrille.

*Graine munie d'une aile, qui tournoie en tombant, comme les graines de l'érable



Le tissage apparence carbone des composites intérieurs est d'un meilleur effet que l'ancienne peinture mouchetée des modèles précédents.




L'exception française

Le SG12 A offre une alternative convaincante au SG10 A pour la raison évoquée plus haut. Nul doute que chaussé de pneus brousses il pourrait devenir un excellent candidat aux pistes escarpées. Mais c'est avant tout la facilité de pilotage qu'on ressent avec cet appareil. Encore plus facile que ses aînés, puisqu'il n'y a plus à calculer la pente de descente à présent. On va là où on regarde et on s'arrête. C'est aussi simple. Le SG12 A est un peu moins performant aux hautes vitesses que ses devanciers, mais plus performant aux basses vitesses. Les écoles pourraient apprécier cette caractéristique. Avec la traînée supplémentaire, les tours de pistes réduits sont désormais possibles, et même faciles. Avec 100 ch sous le capot, on a de quoi s'extraire des nids enclavés (notamment avec l'hélice Flash qui, moyennant 700 euros de plus, semble réellement apporter du mieux). Le SG12 A est également un excellent voyageur, confortable dans les turbulences, spacieux et doté de grands coffres. La vitesse de croisière reste suffisante pour couvrir des distances de 500 km et plus. La finition des ailes en aluminium est très bonne, avec un peinture de qualité. D'ailleurs, les finitions progressent globalement. Je reproche encore quelques points comme l'étanchéité imparfaite de la cabine (portes et autres), les bruits et grincements métalliques au roulage, les jonctions de karman et autres joncs de finition ou la faible insonorisation (avec 104 à 110 dB le SG12 A se situe dans la fourchette haute des ULM de cette catégorie). Ce qui ne doit pas occulter les nombreuses qualités de la production Aéroservices, oeuvre d'un créateur talentueux pour qui le service n'est pas qu'un argument commercial sans signification. Ceux qui ont connu des déboires savent la rapidité avec laquelle leur machine a été réparée et le coût particulièrement contenu des réparations. Le SG12 A est vendu 59 850 euros ttc en version 100 ch (septembre 2012). Ajoutez un ensemble radio + transpondeur, un parachute et deux ou trois gadgets et vous arrivez à un peu moins de 70 000 euros. Si le prix n'est pas ''volé'' intrinsèquement, il devient conséquent. Heureusement pour leurs possesseurs, les ULM aveyronnais conservent la cote, car il y en a peu en occasion, qu'ils vieillissent bien, que les délais de fabrication sont élevés, que les qualités de vol ne sont jamais contestées, que la masse à vide est parfaitement dans les clous et que la polyvalence et l'homogénéité des produits restent à ce jour exceptionnelles. Jean-Daniel conçoit et construit des ULM depuis 1992, vingt ans ; son entreprise honore une bonne dizaine de commandes par an... souhaitons que cela dure encore longtemps. Parce qu'une fois encore, la France possède une richesse qu'il convient d'apprécier à sa juste valeur avant d'aller voir les strass qui miroitent ailleurs.



Les trappes de visite permettent de surveiller la cinématique de renvoi des ailerons.





Des vide-poches latéraux pratiques sont proposés pour le rangement des cartes et autres logs de nav'.





Nouveauté 2012, le constructeur propose désormais un bac double permettant de poser des bagages lourds sans risque de bloquer les commandes ou d'altérer le centrage. Cette option vendue une centaine d'euros et rétrofitable sur toute la série Super Guépard.





Avec 1,10 m de largeur au coude, le cockpit spacieux accueille deux occupants bien charpentés sans aucune promiscuité gênante. On apprécie par ailleurs la clarté générée aux larges surfaces vitrées.





Jean-Daniel Roman, un constructeur qui ne se prend pas la tête, même si cette dernière est aussi pleine que bien structurée.






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