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Essai
juillet.2007

Halley Apollo-Fox Jabiru 2.2



L'Apollo-Fox bénéficie d'une construction

oignée et de volumes équilibrés ; homogénéité
contre originalité.


Pas très gaie, mais fonctionnelle, l'instrumentation

propose l'essentiel pour voler - et même voyager -
en ULM.


L'ULM malin

Devant la difficulté croissante de trouver des places de hangar, les ULM repliables peuvent apporter une réponse adaptée. L'Apollo-Fox est le représentant typique de cette catégorie d'appareils.


L'Apollo-Fox est construit par la firme hongroise Halley, dirigée par Zoltan Molnar. Ce dernier a fabriqué son premier aéronef en 1976 dans un grenier, le régime communiste n'autorisant pas ce genre d'originalité. Officialisée en 1980, sa société d'abord baptisée Apollo Aircraft Ltd et basée à Eger compte désormais 25 employés sur une surface de 2500 m2. Elle fait référence en terme de sérieux (avec une gamme étoffée de pendulaires) et devient distributeur Rotax pour la Hongrie. L'Apollo-Fox est un tube-et-toile moderne dans la veine des Tetras, Guepard, Coyote et autres FK9 : cellule et empennages en acier 25 CD 4S, nervures et tubes d'ailes en aluminium, le tout revêtu Dacron. La partie avant de la cabine et les capots sont en composite. L'attrait majeur de cet ULM est qu'il se replie. Les ailes articulées à l'arrière de leur emplanture pivotent dans le plan horizontal jusqu'à l'empennage. L'opération réalisable par une personne seule prend moins d'un quart d'heure, à condition que les réservoirs soient peu remplis. En cas contraire il faut soutenir la queue à l'aide d'un chariot ou d'un tréteau. Les haubans profilés restent en place lors de l'opération. Côté design, l'Apollo-Fox ne commet aucune faute de goût. S'il n'a rien d'excitant, l'aménagement de l'habitacle a le mérite d'être clair, simple et efficace. Un tissu joli sur les sièges, des doubles commandes douces et précises, des fermetures de portes aussi sûres que rustiques, une moquette minimaliste, un tableau de bord fonctionnel, un coffre accessible... L'essentiel est là. Notons toutefois le chauffage présent de série, comme le verrouillage des ouvrants ; c'est rare et apprécié.


Le cockpit est spacieux et confortable. L'isolation
acoustique est en revanche insuffisante. Elle
devrait être renforcée, ou mieux, repensée.

Fonctionnel avant tout
L'accès à bord exige de lever haut la jambe avant de contourner le manche. Rien de rédhibitoire. Les sièges sont peu enveloppants, mais offrent une position surplombante plutôt agréable. On y voit bien dans toutes les directions, sans distorsion due au plexi. Les sièges ne sont pas réglables ; les petits gabarits utiliseront des coussins. Les ceintures de sécurité sont un peu gênantes ; leur implantation mériterait d'être revue. L'ergonomie des commandes de vol ne souffre aucune critique, manettes des gaz, manches, volets, trim', freins tombant comme il faut sous les mains. L'implantation de la radio à l'extrême droite, la bille à gauche ou encore la clé de contact au centre sont plus discutables... Les autres pendules sont bien placées et pas trop nombreuses ; l'utile sans superflu. Avec 1m10 de largeur, la cabine est spacieuse. Les grandes tailles n'auront pas de souci pour se loger, même chaudement vêtus. Le coffre est accessible en vol, ce qui est pratique pour déposer le camescope, une bouteille d'eau ou la pochette SIA. Mais pas de vide-poches ou de bac à cartes.



Le moteur Jabiru se montre performant et
économique à l'usage. Les capotages de l'Apollo
assurent un refroidissement efficace.

Performances honorables
Le Jabiru tourne rond sans la moindre vibration, preuve d'un montage bien réalisé. L'émission sonore envahit le cockpit à un niveau toutefois trop élevée pour qu'on apprécie sa mélodie. Le refroidissement est très bien pensé ; il faudra prévoir de masquer partiellement le radiateur d'huile par temps froid. Le taxiage ne pose pas de problème ; bon amortissement dû au train principal en alu et guidage précis sans effort aux palonniers de la roulette de nez conjuguée. Le rayon de braquage un peu large peut être resserré à l'aide des freins différentiels performants. L'Apollo-Fox est à la masse maximale admissible (472 kg). L'alti' calé indique 1016 ; la manche raconte 7 à 15 noeuds avec rafales légères ; les bases grises annoncent des bulles thermiques actives. Au décollage, le bloc australien lâche ses watts avec brio. En moins de cent mètres, l'Apollo est en l'air. Petit palier d'accélération avant d'entreprendre la meilleure montée initiale : on obtient 750 ft/mn à 110 km/h en lisse. La sortie des volets dégrade le profil ainsi que la performance : 500 ft/mn de 100 à 120 km/h. La compensation à apporter au pied est insignifiante. Durant cette phase du vol, moteur à fond, les décibels déferlent dans le cockpit. L'isolation acoustique doit vraiment être améliorée, à commencer par les parois de la cabine. Etalonnage du badin : d'abord pessimiste avec 117 km/h réels contre 110 affichés (à 2 150 tr/mn), puis fidèle à 135 km/h (2 550 km/h), l'instrument devient ensuite optimiste avec 154 km/h réels pour 160 affichés à 2 700 tours. La vitesse maximale en palier - 175 km/h - est atteinte au régime moteur maximal de 3 300 tr/mn. Le Jabiru 2.2 supportant sans broncher un régime continu de 2 800 tours, l'allure de croisière rapide d'environ 160 km/h est tout à fait acceptable. Elle permet des étapes de presque 600 kilomètres en raclant la réserve.


Stable et confortable, l'Apollo-Fox se targue en
plus d'un domaine de vol étendu qui permet tous
types d'usage et de pilotage.

Efficace, facile et sain
La stabilité est ici excellente en roulis et en tangage, axe que le compensateur règle avec précision. La faible longueur du fuselage peut expliquer une moindre stabilité en lacet, notamment sous l'influence de vent de travers. Les commandes s'apprécient par leur parfaite réactivité, l'agrément de leur toucher ou leur feedback. Avec moins de deux secondes pour passer -45° à +45° et inverse, les ailerons sont efficaces et n'exigent aucun effort particulier du pilote. Le confort en air agité compte au rang des qualités qu'on apprécie au quotidien ; là encore, sans doute grâce à un dièdre accentué, l'Apollo-Fox se montre plaisant. Outre qu'il ne restitue que paisiblement les thermiques, il passe d'une bulle à l'autre sans rodéo, ni même altération notable de l'assiette, conservant intacte sa manoeuvrabilité. Il suffit de réduire la vitesse à 140 km/h (seuil de VNO fixé par le constructeur) pour affronter les tabasses, la VNE de 200 km/h autorisant largement les accélérations que connaît un ULM en air agité. S'il se comporte de façon saine et sécurisante dans le segment haut de son domaine de vol, l'Apollo ne démérite pas dans les basses vitesses. Capable, avec juste un filet de gaz, de tenir 80 km/h en lisse à vario zéro, et 10 km/h de moins avec les volets, il décroche en douceur vers respectivement 65 et 60 km/h. Rien de moins qu'une abattée propre et symétrique qui redonne l'énergie nécessaire au vol. En lisse, le meilleur taux de chute est d'environ 500 ft/mn à 105 km/h. La sortie des volets dope ce taux à 600 (50%) ou 800 ft/mn (100%) à 100 km/h. De quoi pratiquer les pistes enclavées sans risque d'avaler la piste. Retour vers la piste, en base à 110 km/h avec un peu de ferraille déployée, l'appareil reste parfaitement manoeuvrant en dépit des turbulences. En finale à 95 km/h, tout sorti, l'Apollo ré-ajuste simplement son assiette à piquer. En courte à 85 km/h, l'approche est académique. S'ensuit un atterrissage précis qui conforte dans l'appréciation très positive de cette machine.


Il faut moins d'un quart d'heure à un homme seul
pour replier les ailes. Les réservoirs doivent être
partiellement vidés.

Bon à tout faire
L'Apollo-Fox possède un domaine de vol étendu, des performances et une autonomie étendue qui l'alignent sur les ténors de la catégorie. Peut-être est-il mieux armé sur certains points comme la VSO. Côté solidité, son homologation LSA à +6/-3 est un gage de sérieux que ne revendiquent pas tous ses concurrents. Vendu moins e 38 000 euros ttc (départ usine) et à peine plus de 40 000 avec un parachute, l'Apollo-Fox Jabiru n'a pas à rougir devant les modèles équivalents des autres marques, lesquels sont tantôt plus, tantôt beaucoup plus onéreux. Enfin côté poids, avec 290 kg, option parachute incluse, l'Apollo est donc dans la moyenne, avec une charge utile correcte. Au final, ce "pliant" d'Apollo-Fox tient ses promesses et mieux encore. D'autant qu'en véritable ULM d'école ou de début, doté d'un large domaine de vol, il est capable de pardonner les erreurs, notamment grâce à la surprenante réactivité du bloc Jabiru, lequel répond nerveusement à la sollicitation des gaz en cas de besoin.

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Détails de construction

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Le propre de l'ULM de voyage étant de voyager, l'Apollo entre dans la catégorie avec une vitesse croisière de 150-160 km/h et une autonomie voisine de 600 km.


Le coffre peut recevoir une charge de 10 kg. Son implantation permet de l'utiliser en vol.

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Caractéristiques
(données constructeur)
Apollo-Fox Jabiru 2.2
Envergure
9,15 m
Longueur
5.8 m
Surface alaire
11,4 m2
Hauteur
1,70 m
Masse à vide avec parachute
290 kg
Masse maxi
450/472,5 kg
Facteur de charge vérifié
+4/-2 G
Carburant
60 + 5 litres
VSO à 450 kg
64 km/h
VNO 
140 km/h
VNE 
200 km/h
Finesse maxi
10
Passage des 15 m
250 m
Limite vent de travers
30 km/h
Prix version de base
38 000 euros ttc
Prix version essayée
41 000 euros ttc
Contact
SARL Suranyi
tél. 06 07 50 82 32 & 03 81 61 20 75
patrick.suranyi@wanadoo.fr
www.apollo-ulm.com
www.halley.hu






Performances
(vérifiées à pleine charge)
Apollo-Fox Jabiru 2.2
Vitesse réelle à 2 150 tr/mn
117 km/h
Vitesse réelle à 2 550 tr/mn
135 km/h
Vitesse réelle à 2 700 tr/mn
154 km/h
Vitesse réelle à 3 300 tr/mn
175 km/h
Vz max
750 ft/mn à 110 km/h
Taux de chute max
800 ft/mn à 100 km/h
Autonomie (+30 mn)
4h00 à 5h40