Pti'tavion
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Voir la vidéo....................................................

Essai
avril 2011

Pti'tavion
Rotax 912 UL


Pti'tavion n'est pas un ULM sexy qu'on choisit pour son look.

Ses formes sont basiques et adaptées à l'intégration des
éléments techniques. Quelques finitions sont pauvres, mais
la présentation globale est toutefois correcte.


La planche de bord est complète pour un ULM. Elle laisse assez

peu de place pour loger de grands écran (GPS... EFIS...). Par
ailleurs elle descend assez pas sur les tibias, ce qui n'est pas
très bon en cas d'accident.
La boîte à malice

Les petits constructeurs aéronautiques travaillent généralement dans l'ombre d'un marché occupé par les enseignes communicantes. Ils opposent passion à chiffre d'affaires, originalité à rentabilité. Ce sont pourtant ces artisans silencieux qui ont forgé le creuset de l'aviation moderne. Léopold Didier est l'un d'entre eux ; il a conçu et construit le Pti'tavion, un trésor d'ingéniosité dont le défaut majeur est d'être méconnu. L'heure est venue de mettre en lumière un pur produit du génie français.


Ancien pilote d'hélicoptère, Léopold Didier conçoit et réalise le Pti'tavion depuis 1998. Fort d'une expérience éclectique en terme de systèmes mécaniques adaptés à l'aéronautique et ses dérivés (traduisez spécialiste tout-terrain du système D), Léopold a orienté sa création vers la simplicité, la robustesse, avec autant d'aspects pratiques qu'un ULM peut en contenir sans passer pour une attraction de foire. En premier lieu, la ''pliabilité'' a été au centre de son concept. Réaliser un appareil de ce type, qui ne craigne pas le transport, se plie en quelques minutes et conserve des qualités de vol décentes, n'est pas chose facile. Sur ce point, le défi a été relevé haut la main, pouvant servir d'exemple à nombre de constructeurs renommés. Au plan industriel, ne vous attendez pas à découvrir une usine flambant neuve avec matériel de pointe ; oubliez les ISO, les ASA, les zozos et les zizis. Tout au contraire, Léopold travaille à l'ancienne, misant sur des choix mécaniques simples, voire sur la récupération pour tout ce qui ne concerne pas directement la sécurité. Du fond de la Champagne-Ardenne, l'artisan fier de son Certificat d'Etudes use de méthodes d'un autre temps dans le cadre d'une micro entreprise qui produit quatre ULM par an et en compte une vingtaine en état de vol actuellement. Son moteur : le bon sens. Sa muse : la simplicité. Son but : faire voler ses clients à pas cher. Sa hantise : la sophistication.


Les sièges anatomiques se parent d'un matelassage bi-ton bien

réalisé. L'assise manque toutefois de moelleux pour les longues
étapes. La position d'assise est relaxante, avec des baquets
réglables en éloignement. L'habitacle est lumineux avec une
bonne visibilité extérieure.


Simplicité rime avec sécurité ; le manche unique au centre laisse
visible les câbles. Moins de poids, un contrôle plus aisé....
L'essentiel et l'originalité
Alors évidemment, le Pti'tavion ne joue pas dans la classe élitiste. Oublions les courbes harmonieuses d'avions modernes, ou les matériaux hi-tech des super rapides. Cet ULM va à l'essentiel, avec un design qui découle de critères pratiques, liés entre-autres à l'économie. Il n'est toutefois pas dépourvu de singularités que des haut-de-gamme ne recèlent pas toujours, et fait la part belle aux innovations malines qui font cruellement défaut dans l'aviation légère. Ainsi Le pare-brise très haut, long et incliné est-il propre au Pti'tavion sans qu'il soit possible d'en retrouver écho dans la production générale. Les ailes très basses participent à la réduction du maître-couple, et donc avantagent le Cx. Encore un non-conformisme engagé à tendance militante. Les portes coulissantes, sur des glissières d'ameublement sont une originalité qui trouve sa raison d'être dans la ''pliabilité'' : on conserve l'accès à bord quand les ailes sont pliées. La dérive de forme surannée... un choix lié à a fabrication (simple cintrage d'un tube). Les câbles apparents en cabine : respect de la réglementation ULM (...toutes les parties accessibles et visibles...), gain de poids et sécurité. En fait, contrairement à des aéronefs de luxe qui misent tout sur le design et les performances en oubliant l'essentiel -que des humains les utilisent-, le Pti'tavion est particulièrement pensé. Et bien pensé. Il est focalisé sur le pilote, ses besoins, ses limites, ses faiblesses et ses attentes. ''M'font bien marrer tous ces ingénieurs réels ou autoproclamés qui inventent des trucs sans réfléchir. F'raient mieux de prendre un peu le manche pour voir de quoi on a besoin en l'air !''. Si la retranscription du vocable est approximative, l'idée reste fidèle.


Le coffre d'une petite centaine de litres pour 15 kg de charge

maxi est accessible en vol ; des porte-cartes sont placés de
série dans les portes.


Une porte coulissante, ce n'est pas très courant dans le monde

ULM. La raison est qu'une fois les ailes repliées, on n'accède
plus au cockpit. Léopold ne voulait pas de cela. Il a donc réglé
le problème. De plus, les portes sont jointives et peuvent être
ouvertes en vol.
Pas sexy, mais robuste
Si vous désirez un aéroplane sexy, le Pti'tavion n'est pas pour vous. Encore que son fuselage long et sa faible hauteur donne une certaine impression de sportivité. Impression vite balayée par des excroissances incompatibles avec cette philosophie ; triangulation (certes profilée) des trains, aspérités techniques sous les ailes, commandes d'ailerons, renforts d'empennage, haubans (profilés eux aussi)... Le Pti'tavion est l'un des seuls ULM à ailes hautes dont on voit l'intégralité de l'extrados, comme si un piano était tombé d'un cartoon au moment de sa genèse. Belle aubaine, penserez-vous, pour emplir les réservoirs... Raté ! Ceux-ci sont situés derrière les sièges. Deux fois 30 litres disponibles par robinet sélecteur accessible en vol. Connaissant les statistiques qui fâchent, j'aurais préféré un simple robinet d'arrêt (à n'utiliser qu'en cas de maintenance). Question structure, Léopold n'a pas recherché des solutions inutilement innovantes. La cellule est entièrement faite de tubes d'acier (XC48 - 25 CD4S - TU38B) soudés à l'autogène. Les ailes quant à elles, sont constituées d'un longeron en treillis d'acier, de bords d'attaque en composite, de saumons, de nervures et d'ailerons en aluminium. L'empennage est entièrement en acier. l'ensemble est entoilé en tissu Dacron 1500EV3 de chez Diatex. La gouverne de profondeur est commandée, pour sa partie avant, par des câbles qui agissent sur un guignol répartissant l'effort sur deux biellettes, une par plan. La gouverne de lacet est traditionnellement entraînée par des câbles alors que les ailerons différentiels sont actionnés par une chaîne cinématique entièrement rigide (et démontable pour le pliage des ailes). En option, ces derniers peuvent être transformés en élévons à commande électrique. La construction donne la préférence à la robustesse et donc accuse un poids 280 kilos à sec, sans parachute (mais avec une radio ø 57 mm). Côté motorisation, Léopold ne propose que le Rotax 912 UL. Ce dernier est associé à une hélice Ivoprop réglable au sol. Un choix déterminé par le coût. Le train principal triangulé est suspendu par une paire d'amortisseurs Fournalès. La fourche à balancier à bras poussés reçoit également deux amortisseurs. Le levier de frein de type moto qui équipe le manche, actionne un maître cylindre hydraulique unique (placé entre les réservoirs) par l'intermédiaire d'un câble réglable. Le cockpit est éclairé par le vaste pare-brise remontant, les portes intégralement translucides, une baie de toit, et des lucarnes arrière permettant de surveiller les circuits d'aérodrome. Les garde-boue sont de série, sauf dans le cas d'un montage avec roues brousse (lesquelles sont ici montées pour faciliter le travail en école). Le capot adopte une forme étrangement ronde qui optimise la surveillance mécanique sans avoir à démonter la partie basse. Une trappe permet de contrôler l'huile sans aucun démontage.


A noter

Produit d'inventeur, le Pti'tavion en évite les défauts inhérents, dont la vision monocentrique qui fait parfois d'une bonne idée un casse-tête technique et commercial. Ici, le constructeur est tout sauf un hurluberlu. Son ULM vole correctement et ne montre aucune anormalité irrémédiable. Au sol le Pti'tavion s'avère digne de tous les concours Lépine réunis, sans malfaçon, ni approximation.



Léopold Didier est un Géo Trouvetou talentueux qui garde les

pieds sur terre. Toutes ses inventions sont marqués de bon
sens et fonctionnent.
Ergonomie évidente
Les sièges sont réglables en position par un système de type automobile, qu'on ne peut manoeuvrer qu'à l'arrêt. Contre toute attente, l'installation à bord ne pose pas problème. La faible hauteur de porte suffit à s'introduire, tête en premier, le séant, puis enfin les jambes libérées de tout manche. L'assise est ferme, mais la position décontractée laisse supposer un confort acceptable au long cours. A bord, on trouve immédiatement ses repères. L'ergonomie se résume au simple manche et aux deux commandes de gaz latérales placés comme il convient. Les pilotes de grande taille seront seulement gênés par les emplantures d'ailes. Les portes coulissantes verrouillent grâce à un système toujours astucieux et efficace, quoiqu'un peu rustique. Leur forme bombée accentue encore l'impression de largeur donnée pour 108 cm. Dans chacune d'elles, un porte-carte... Le tableau de bord dégage une bonne visibilité vers l'extérieur et permet d'accueillir une instrumentation analogique standard sans fioriture ni écrans de grande dimension. Si le chauffage cabine est optionnel, les aérateurs de porte montés de série sont très efficaces. Au-dessus des réservoirs et accessible en vol, un coffre moulé d'une petite centaine de litres permet de recevoir 15 kg de bagages. J'ai peine à critiquer les finitions tant on sent que le constructeur y a mis de la bonne volonté : une fine moquette par ici, un flocage coordonné par là... Reste que des détails comme la peinture des tubes de cellule choqueront les clients exigeants. Léopold connaît et avoue humblement ses limites. Un rétroviseur permet de surveiller l'empennage lors des actions vitales ; tout l'art du créateur se reconnaît dans une bricole à 3 euros !


Le montage du moteur est simplifié à l'extrême avec des

silent-blocs travaillant en compression. Un point qui pourrait
demander une étude afin de filtrer les vibrations et d'atténuer
l'émission sonore. Par ailleurs le montage est très propre avec
des astuces un peu partout.
Des performances décentes
Assez discret à la mise en marche et pendant la chauffe, le moteur ne le restera pas en vol. Son bâti, sans aucun doute solide comme le reste de l'ULM, fait appel à un montage simpliste de Silent-blocs sur lequel repose le 912. Le montage est néanmoins bien réalisé avec notamment un circuit d'eau en aluminium, jamais rencontré à ce jour. On vérifiera à l'usage que la superposition des radiateurs d'huile et d'eau apporte un refroidissement convaincant. Avec les gros pneus à moyenne pression, ses suspensions oléopneumatiques et sa fourche à balancier, le Pti'tavion est super confortable au roulage. Le guidage est excellent et l'ensemble vire dans un mouchoir de poche. Le freinage n'est pas très puissant, mais la commande se montre précise et pratique à manipuler des deux places. Les conditions du jour font état d'une pression de 1022 hPa, 24°C, avec un vent de 15 kts 3/4 face. Le Pti'tavion chargé à la masse maximale court sur 100 à 125 mètres pour s'extraire du sol. Compte à rebour : trois... deux...Un... Le temps de passer 15 mètres de hauteur -soit 250 m depuis la mise en puissance- Pti'tavion s'est fait mien. Je l'ai à ma pogne, comme un vieux pote, pardon, un Pti'pote, que je retrouve après une longue absence. Pas compliqué, l'animal. Un ULM comme je les affectionne. De ceux qui t'invitent à mater le paysage pendant qu'il rattrape tes erreurs de pilotage. Le rêve des feignants et des maladroits en quelque sorte. Le 912 tout frais envoie ses watts dans un déferlement sonore mesuré à 112 dB. Durant la montée initiale, le variomètre indique 900 ft/mn à 110 km/h. Un léger appui sur le palonnier droit suffit à compenser le couple moteur. En l'absence de ressort sur l'axe de lacet, cette pression sera à peu près permanente durant tout le vol. Une compensation serait souhaitable pour s'affranchir de ce contrôle. L'étalonnage du badin montre un optimisme constant d'environ 10 km/h. A 4 000 tours, on lit 125 km/h sur l'instrument de bord et 117 sur le GPS. A 4 500 tours les valeurs sont 150 et 141 km/h. A 5 000 tours, le badin donne 160 km/h et le GPS 151. Je n'accrocherai pas mieux que 165 km/h chrono à 5 400 tours pour 175 affichés. Nul doute que le Pti'tavion peut faire mieux, avec un hélice à meilleur rendement et un moteur débridé. Avec une consommation d'environ 12 litres/heure à 4 500 tours, on peut raisonnablement croiser 600 à 650 kilomètres avec les réservoirs d'origine (avec 30 minutes de sécurité).


Le Pti'tavion offre des performances honorables, qui pourraient

être améliorées par l'adjonction d'équipements plus coûteux,
comme une hélice à meilleur rendement... Il se montre
confortable en vol, y compris en air agité.


Avec 1,08 m de largeur, la cabine est suffisante

pour loger deux adultes.
Sans les mains... sans les portes
Moyennant le port de casques à atténuation renforcée, le Pti'tavion se montre globalement confortable. Mieux, il me donne réellement envie de voler, longtemps. Ses performances sont plus qu'acceptables et son comportement rassurant. En cet après-midi turbulent, l'ULM remue ni plus, ni moins qu'un autre, mais surtout reste manoeuvrable et précis au pilotage. D'ores et déjà, on oublie certains aéronefs qui ''marchent bien'' tant que tout va bien et qui s'embourbent quand les éléments se corsent. A bord, les plaisanteries fusent et nul ne songe à tordre le manche pour rattraper un zinzin en déroute. C'est plutôt cool, ambiance narguilé, parfum ganja. Il faut dire que sur 10 mots prononcés par l'ami Léo', cinq sont humoristiques, cinq blagueurs et les autres pince sans rire. Alors forcément... faut s'adapter. Revenons à notre mouton. En premier lieu à sa bille qu'un sorcier a envoûté d'un charme pétrifiant. Celle-là, pour la bousculer, il faut croiser les skis ou voler sur la tranche. Bon point. Peu ou prou d'action aux palonniers. Les virages se coordonnent d'eux-mêmes, preuve que le réglage différentiel des ailerons est bien pensé. Toutefois Léo' entend affiner davantage la cinématique. Détail agaçant : l'absence de compensateur de profondeur. Léopold juge l'article inutile sur un ULM : j'affirme qu'il se trompe. Même si son avion trouve une vitesse de stabilisation naturelle vers 140 km/h ; même si le centrage de base semble excellent... Il est nécessaire de pouvoir régler finement un aéronef pour lâcher le manche quelle que soit l'allure. D'autant que Pti'tavion ne demande que ça. Il est stable en roulis et en lacet (moyennant la petite compensation précédemment évoquée), donc se passe d'un contrôle permanent du pilote. Les ailerons efficaces font basculer l'ULM de -45° à +45° en deux grosses secondes, permettant en cela de contrer les rafales en tour de piste et les pompes en vol de liaison. La dérive suffit amplement à batailler contre les turpitudes venteuses. Elle autorise même les glissades, ce que les portes dépourvues de raidisseur réprouvent avec énergie ; d'abord ça creuse... ensuite ça incurve ; puis glong ! Notons au sujet des portes qu'il est possible de les ouvrir en vol, sans restriction de vitesse ; elles se plaquent contre le fuselage. En vol, le manche est sans point dur, sans jeu et sans effort exagéré. Rien que du plaisir à manoeuvrer.


A noter

Le pliage du Pti'tavion est l'affaire d'une dizaine de minutes pour une personne seule. Un kit composé d'une barre de soutien, d'une roulette de queue et d'un élastique magique est livré avec l'ULM. Comble de la malice, la clé de contact est surmontée d'une partie en mousse où on range les épingles de sécurité des gouvernes. On se rendra compte d'un éventuel oubli au moment de démarrer, quand les épingles perceront les doigts du pilote. Comme toutes les astuces qu'invente Léopold Didier, celle-ci n'est qu'un prolongement du bon sens.


Pti'tavion se comporte de façon homogène, avec une bonne

maîtrise du lacet induit et une stabilité correcte sur l'ensemble
des axes. Il pardonne les erreurs de pilotage, mais surtout
évite qu'on en fasse.
Trop facile !
On l'a vu, côté stabilité, le Pti'tavion tient proprement sa place. Il est à présent temps de réduire la voilure et d'explorer le domaine des basses vitesses. En l'absence de volets, les tests sont simples : ça vole, ou pas. Compte-tours calé à 2 500 tr/mn, la vitesse descend à 80 km/h. Les trois axes restent opérationnels. Pour l'instant aucun signe annonciateur de décrochage. Le variomètre passe en négatif et affiche -350 à -400 ft/mn. J'augmente l'incidence dans le but simuler l'erreur de pilotage classique : ''ça tombe donc je tire''. L'assiette a cabrer reste acceptable, le badin chute à 70 km/h avant que Pti'tavion ne salue en douceur. Le ressenti fait penser à une descente en escalator, la musique d'ascenseur en moins. A ce propos, une parenthèse s'impose : pourquoi a-t-on affublé cette cage ridicule d'un vocable signifiant uniquement la montée ? Pour ma part, je pense que nommer cette cabine musicale descenseur aurait pareillement été idiot. En revanche, déplaceur vertical alternatif autonome habitable à choix multiple aurait eu le mérite de traduire pleinement son usage. Faudra en parler aux frangins Roux, et autres Combaluzier. Retour au Pti'tavion qui termine son décrochage en deux secondes avant de redevenir opérationnel. Je suis toutefois surpris de l'absence totale de manifestation préalable. On pourrait prendre cela pour une dissimulation d'indice... Il suffit de redonner la main, juste un peu, pour retrouver un parachutage tranquille à -350 ft/mn. Jusque là, Pti'tavion réalise le sans-faute. Tout réduit maintenant, je recherche le meilleur taux de chute à vitesse stabilisée. Pti'tavion pique du nez et trouve son équilibre vers 120 km/h ; le variomètre indique -700 ft/mn. Une valeur correcte en l'absence de volets. Petite glissade à gauche avec le coude sur la portière pour éviter la concavité ''glongueuse'' décrite plus haut. Les valeurs passent alors à -1400 ft/mn et 145 km/h. Pas de quoi rougir... Vraiment pas de quoi.
Reste à poser le zoziau pour valider l'ensemble des tests. Ignorant cette fois définitivement les remarques de Léopold qui compare mon pilotage à celui d'un évadé de St Anne, je choisis à l'instinct le plan de descente le plus inapproprié. J'installe le Pti'tavion en finale à 100 km/h, sans rendre entièrement les gaz pour un touch en milieu de piste. Une solution sûre pour ne pas se bourrer dans les marécages en cas d'arrêt moteur ou de mauvaise appréciation de l'angle de chute. Tout réduit en courte, à environ 85 km/h, je maintiens un court instant l'effet de sol jusqu'à l'arrondi à 70 km/h. C'est propre, sans bavure ; le style d'ULM qu'un élève pilote pourrait poser au juger avec 3 heures de vol dans les pattes. Cette fin de vol confirme mon idée première : Pti'tavion n'est pas un petit avion, mais bien un ULM, un vrai et un très bon ULM.


Il faut environ 10 minutes pour une personne seule pour opérer

le pliage complet du Pti'tavion. Ensuite il ne reste plus qu'à le
monter sur la remorque et partir.


Toujours l'astuce au premier plan ; la forme du capot supérieur

permet une visite sérieuse du moteur après son retrait.
La trappe à huile s'ouvre sans outil.
Quelles options ?
Repassons le film de cet essai. Nous sommes en présence d'un ULM repliable, pas excessivement lourd, plein d'astuces pratiques, confortable et correctement équipé. Avec 80 ch, cet ULM offre des performances supérieures à celles d'un Skyranger, un taux de montée assez intéressant à pleine charge et une autonomie supérieure à 600 km sans embarquer un tombereau de jus. Ses caractéristiques de vol, sans révolutionner l'aéronautique, sont sans défaut, manquant juste un peu de fun dans la manière. Cet aéronef est facile à piloter, se prend en mains en quelques instants et n'apparaît pas comme piégeux. Alors certes... J'aurais apprécié que les basses vitesses soient d'un peu plus basses vitesses ; que l'habitacle soit un peu plus silencieux ; que certaines finitions soient meilleures ; que... que... Que la mariée soit plus belle et que l'attraction terrestre soit divisée par deux. Reste que le Pti'tavion est vendu 40 000 euros ttc prêt à voler. Ce que pourrait valoir un Skyranger construit à l'économie. Et ce prix inclut une radio, de type ATR 500 avec intercom' intégré, l'option chauffage et … LA REMORQUE ! Vous avez bien lu. Léopold, c'est le beau-frère à Bonux, l'abbé Pierre des ulmistes. Une remorque au gabarit routier d'une valeur estimée à 1 200 euros, qui descend à ras du sol pour charger l'ULM et qui monte hydrauliquement pour le roulage. On n'en voit pas tous les jours. Ajoutez une prise en main pour les pilotes formés ou une FORMATION COMPLETE jusqu'à OBTENTION DU BREVET si le client ne l'est pas ! Vous avez encore bien lu. Si Sedan n'est pas la résidence d'été du père Noël, il faut m'expliquer. Des arguments étonnants qui ne s'expliquent que par la simplicité du constructeur, lequel n'a visiblement aucune envie de s'enrichir, mais seulement de satisfaire des gens partageant des priorités analogues. Pti'tavion, c'est un ULM, mais c'est aussi et surtout une philosophie. Un concept global qui part de l'envie de voler jusqu'à l'aboutissement du rêve, et qui résout par des solutions très simples les mille difficultés que rencontrent les candidats au vol. Pas mal. L'ULM Pti'tavion est un espiègle marginal qui cache son jeu. Il n'est pas une farce pour originaux à la recherche d'un avion de poche, mais bel et bien un ULM qui a sa place pleine et entière dans le landerneau. Son handicap majeur au plan commercial reste la discrétion de son constructeur et, corolaire de son statut d'entreprise, la capacité à produire en masse. Tout se tient. Pourtant côté intelligence de produit, fabrication, sécurité, savoir-faire : tout y est et on n'a même rarement vu mieux. En termes de rapport prestation/prix, le Pti'tavion vaut tous les Hanuman, tous les Skyranger de la Terre et bien d'autres. Seulement moindre diffusion signifie moindre publicité, donc moindre intérêt. Dans ses conditions l'enfant de Léo-Trouvetou a-t-il un avenir autre que confidentiel ? Je crains que non, et c'est franchement dommage.


A noter

Très souvent, trop souvent, arc-boutés sur une idée directrice qu'ils trouvent incontournable, les inventeurs en oublient tout sens critique et terminent leur course créatrice dans le mur de la réalité. S'ensuit un mépris pour le monde entier qui ne reconnaît pas leur génie, puis la misanthropie suivie de la sociophobie et de la sociopathie. Léopold Didier, c'est l'inventeur réaliste qui focalise sur le concret et le possible. D'où ses créations simples et efficaces. D'où encore son amabilité engageante. Léo' est un malin souriant, et non un obstiné geignard.


Voir la vidéo


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Détails de construction

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Côté commercial, Léopold Didier fait dans la simplicité... comme pour le reste d'ailleurs !


Les carénages de roues ne sont pas disponibles pour la version ''brousse''.


La version testée est chaussée de pneus ''brousse'' sur le train principal. Une option qui ne fait qu'ajouter au confort déjà excellent de roulage. Notez la présence d'amortisseurs Fournalès.


Signature esthétique du Pti'tavion, le haut pare-brise prolonge la jonction des ailes.


Verrou de maintien des haubans avec son épingle.


L'ULM est livré avec un kit de pliage constitué d'une barre de support des ailes, d'une roulette de queue et d'un élastique destiné à maintenir les empennages repliés.


Mise en place du kit de repliage avec la barre de support des ailes.

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Astuce : à quoi peut bien servir ce morceau de sandow coincé entre le plan fixe et la profondeur ?


Dans cette position, à rien...

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...mais une fois les plans de profondeur pliés, le tendeur les relie pour éviter qu'ils ne retombent !


Démontage des commandes d'ailerons en vue du repliage.

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Encore une astuce simple et efficace ; les épingles de fixation des gouvernes sont fixées sur la clé de contact. Si ça pique au démarrage, c'est qu'il manque des pièces sur l'avion. CQFD.


La roulette de queue permet de reposer et de déplacer le Pti'tavion en position repliée.

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Le portes coulissantes permettent de conserver un accès à l'habitacle quand l'ULM est replié.


La remorque fournie avec le Pti'tavion regorge elle aussi d'astuces intelligentes...

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...qui permettent de transporter l'ULM sans faire le moindre effort.


Une fois accroché à la voiture, l'ensemble ULM + remorque (d'une masse inférieure à 500 kg), adopte le gabarit routier.

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L'occasion de rappeler que l'assurance ''Casse au Sol'' de Air Courtage ne prend pas en charge les ULM quand ils sont sur remorque de déplacement.

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La cellule et les ailes du Pti'tavion : la construction n'est pas des plus légères, mais elle est sérieuse et robuste, avec un mélange de métaux hétérogène et des renforts d'angles destinés à casser les harmoniques vibratoires très destructrices.


Les sièges se règlent en éloignement selon qu'on soit grand ou petit. Le système est semblable à celui d'une auto, mais pour une question de sécurité, il faut le manipuler à l'arrêt.

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Caractéristiques
(données constructeur)
Pti'tavion 912 UL
Envergure
9,40 m
Longueur
6,55 m
Surface alaire
15,04 m2
Hauteur
2,10 m
Masse à vide de référence
279 kg
Masse maxi
472,5 kg
Facteur de charge vérifié
+6/-4 G
Carburant
60 litres
VSO à 450 kg
65 km/h
Vno 
140 km/h
Vne 
190 km/h
Finesse maxi
n.c.
Passage des 15 m
250 m
Limite vent de travers
30 km/h
Prix version de base
40 000 euros ttc
Prix version essayée
40 000 euros ttc
Contact
Léopold Didier
2 rue Noquette
08140 Francheval
Aérodrome de Sedan-Douzy (LFSJ)
03 24 26 39 51
06 75 88 56 76
leopold.didier@ptitavion.com
www.ptitavion.com



Performances
(vérifiées à pleine charge)
Pti'tavion 912 UL
Vitesse réelle à 4 000 tr/mn
117 km/h
Vitesse réelle à 4 500 tr/mn
141 km/h
Vitesse réelle à 5 000 tr/mn
151 km/h
Vitesse réelle à 5 400 tr/mn
165 km/h
Vz max
900 ft/mn à 110 km/h
Taux de chute max
-700 ft/mn à 120 km/h
Autonomie (+30 mn)
3h40 à 5h15



Caractéristiques
(données constructeur)
Pti'tavion 912 UL
Envergure
9,40 m
Longueur
6,55 m
Surface alaire
15,04 m2
Hauteur
2,10 m
Masse à vide de référence
279 kg
Masse maxi
472,5 kg
Facteur de charge vérifié
+6/-4 G
Carburant
60 litres
VSO à 450 kg
65 km/h
Vno 
140 km/h
Vne 
190 km/h
Finesse maxi
n.c.
Passage des 15 m
250 m
Limite vent de travers
30 km/h
Prix version de base
40 000 euros ttc
Prix version essayée
40 000 euros ttc
Contact
Léopold Didier
2 rue Noquette
08140 Francheval
Aérodrome de Sedan-Douzy (LFSJ)
03 24 26 39 51
06 75 88 56 76
leopold.didier@ptitavion.com
www.ptitavion.com



Performances
(vérifiées à pleine charge)
Pti'tavion 912 UL
Vitesse réelle à 4 000 tr/mn
117 km/h
Vitesse réelle à 4 500 tr/mn
141 km/h
Vitesse réelle à 5 000 tr/mn
151 km/h
Vitesse réelle à 5 400 tr/mn
165 km/h
Vz max
900 ft/mn à 110 km/h
Taux de chute max
-700 ft/mn à 120 km/h
Autonomie (+30 mn)
3h40 à 5h15