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Essai
juillet.2007

QuickSilver
Sport 2 S 582



On ne peut guère faire plus simple que le Sport 2 S.

La pesée démontre 195 kg à vide, ce qui laisse une
impressionnante capacité de chargement.


Les sièges réglables en trois positions sont très

confortables. Un peu trop rapprochés pour l'instant,
ils seront écartés pour les prochaines réalisations.

Un vrai ULM à l'ancienne

A l'heure où les ULM se veulent avions, le constructeur américain QuickSilver reste fidèle à sa philosophie et à son histoire. Le plus compliqué étant de faire simple, après 34 ans d'évolution, le Sport 2 S s'avère être un appareil désopilant à mettre entre toutes les mains.

Le concept QuickSilver Sport 2 S est simple : permettre le vol à l'air libre dans la plus grande simplicité technique. Simplicité n'étant pas ici synonyme de dénuement. Car s'il semble bien léger, cet ULM particulièrement bien construit ne lésine pas sur la qualité de ses constituants. La cellule est faite de tubes d'alu anodisés boulonnés à la manière du Weedhopper. Notons que cette technique éprouvée exige du monteur un doigté expérimenté pour éviter d'écraser les assemblages. La « cage » en acier soudé est discrètement reliée aux parties alu par des chapes fraisées. Tout ceci respire le sérieux américain. Le Sport 2 S se distingue des autres « basiques » de la marque par ses ailes à haubans rigides profilés qui remplacent les câbles et le pylône. Cette disposition reprise des GT 400 et 500 améliore les performances, mais aussi le design, réduit les opérations de maintenance et simplifie la pré-vol. Le seul inconvénient réside dans la masse légèrement augmentée. La partie arrière ne requiert que deux câble. Les commandes sont rigide pour la profondeur (avec une barre de reprise articulée) ; par câble pour le lacet et mixte pour les ailerons (Teleflex et biellettes). L'entoilage est en Dacron latté, 100% double surface. L'équipement de série comporte outre le moteur Rotax 582, une hélice bipale Woodprop, un lanceur manuel, deux instruments moteur et les instruments de vol obligatoires (compas, bille ou brin de laine, altimètre et ventimètre). Démarreur, réducteur C (ou E), hélice tri ou quadripale, badin, vario, réservoir 40 litres ou équipement radio sont proposés en option.


La qualité de construction est irréprochable.
Ajoutons un assemblage soigné de l'importateur ;
bien que simple, le Sport 2 S est parfaitement fini
et inspire confiance.

Prise en mains
L'appareil reposant sur sa queue n'est équilibré que par le poids du ou des occupants. Dépourvu de pare-brise, le Sport 2 S offre un accès à bord facile. Juste un tube à enjamber avant de s'asseoir dans les confortables sièges matelassés. Ces derniers sont toutefois un peu trop serrés l'un contre l'autre, ce qui devrait être corrigé dans l'avenir. Les ceintures quatre points sont ancrées de manière à n'occasionner aucune gêne. Conception américaine oblige, les grands sont favorisés même si l'assise permet un réglage en trois positions. Manche et compensateur centraux, palonniers doubles, manettes de gaz latérales... l'ergonomie est remise en question par la position neutre du manche trop reculée d'une quinzaine de centimètres. Ce manche très haut permet à l'instructeur de corriger en double, sans que l'élève ne lâche prise. L'implantation baroque des coupe-contact (sur la barre transversale arrière) mérite d'être repensée. De même, la console d'instrument placée en hauteur impose des mouvements d'yeux pas naturels. A peine rodé, le 582 sonne juste et pas trop fort malgré l'absence de silencieux d'échappement. Le roulage est assez confortable. Notons que la roulette de nez est plus grande que sur les autres modèles de la gamme et qu'elle est directrice (les anciens savent qu'il s'agit d'une modernisation inédite). Le rayon de braquage est dès lors correct et le guidage parfait. Les freins sont suffisant pour stabiliser la machine ou la ralentir après l'atterrissage. Mais au point fixe, mieux vaut tenir le Quick avec les pieds. A ce propos, il conviendra de garder ces derniers sur les palonniers durant le roulage ou sinon gare aux entorses.


Rotax 582, réducteur C et hélice Duc Windspoon ;
cette association autorise des décollages courts,
des montées énergiques, des remises de gaz
nerveuses, mais les performances restent
modestes et l'autonomie limitée.


Décollages ou atterrisages courts sont l'apanage
du Sport 2 S. Il conserve de la défense grâce à
sa bonne réserve de puissance, sa faible vitesse
de décrochage et son inertie réduite.

STOL replica
Il va sans dire que la visibilité est excellente dans tous les sens, sauf au seuil de piste pour surveiller la finale. Un positionnement ad-hoc au seuil est donc requis. Manette en avant, je libère l'impressionnante meute de 64 canassons. La masse embarquée avec carburant est voisine de 172 kg, donc loin des 240 kg de charge autorisés. Il fait 28°C, pression 1018 et vent axé de 10 à 14 kts. Il faut moins d'une cinquantaine de mètres pour quitter le sol. Sans vent il en faudrait une vingtaine de plus... même pas sûr. En l'absence d'instrument de mesure, je me fie à mon feeling : les 850 ft/mn annoncés me semblent réels. J'aurais même dis plus. Il est vrai que l'assiette à cabrer que prend le Sport 2 S est impressionnante. Moteur à fond, la compensation au pied est négligeable. A ce propos un minimum d'honnêteté me semble de mise. L'appareil mis à ma disposition est assemblé de la veille au soir. Pour tout dire, seuls les EGT et le compte-tours sont branchés. Le ventimètre est gradué en mile terrestre anglo-saxon par heure (soit 1,609 m contre 1 852 m pour le nautique), ce qui complique un chouïa son interprétation. La bille est absente et l'altimètre intégré à mon bracelet-montre ne dévoile pas les secrets de son étalonnage (bref il est planté grave). Et pourtant ça vole. Et ça vole bien. Les commandes sont très douces et précises. La symétrie de vol est évidente. Cela se sent dans les fesses. D'ailleurs le Quick vole droit par nature, semble-t-il. En effet, si le kit est monté avec soin en respect des plans, l'appareil sort réglé de fait. De plus, les profils choisis sont de nature à prévenir les erreurs de pilotage. Je pilote donc à l'instinct, et ça marche. Mise en palier et réduction des gaz. Le Sport 2 S est parfaitement stable sur ses trois axes. L'air est agité, ce qui ne me gêne nullement, tant en termes de pilotage que de confort. Evidemment la correction du facteur de base est impressionnante vu les maigres performances de l'engin ; bien sûr le vent traversier s'éternise au point qu'on y pratique déjà les premiers tests dynamiques. Habitué des ULM rapides, c'est toute une philosophie qu'il faut ré-apprendre. Pour l'heure, je me régale. A 5 400 tr/mn le ventimètre affiche 44 mph, soit 70 km/h. Le bruit du moteur est supportable et cette vitesse permet de grimper encore. Régime réduit à 4 800 tours, le Sport 2 S vole toujours en palier, à peine cabré, le ventimètre agonisant à moins de 60 km/h. Plein gaz, le Quick dépasse 110 km/h dans un vacarme assourdissant. On évitera. Petit défaut, le compensateur de profondeur manque d'efficacité ; la tension de ses élastiques est en cause. L'efficacité aux commandes est excellente en lacet comme en profondeur, un peu moins en roulis, mais le bilan reste globalement honorable. Gaz réduits, manche secteur arrière, le Quick parachute gentiment. Pas d'abattée franche, mais un enfoncement contrôlable et rassurant qui n'attend qu'une pichenette dans la profondeur ou un coup d'accélérateur pour redevenir un palier. Avec un vent laminaire en altitude de 20 à 30 kts, genre Mistral faiblissant, un tour de ville comme Montélimar prend une allure de jolie balade. Jolie parce qu'on a le temps de voir les détails, régler l'appareil photo (posé sur pied avec retardateur !) ; balade parce qu'on prend son temps, que ça dure un bon moment et qu'il n'y aura plus beaucoup de carburant à l'arrivée. Les paramètres étant assimilés et le réservoir justement vidé, l'heure est venue de rejoindre la piste. Inutile de repérer un point d'aboutissement à l'infini : 500 ft au seuil de piste garantissent un toucher dans le premier tiers ! On doit flirter avec une finesse pratique de 3 ou 4 ; du bon granit, bien précis à l'impact.


Malgré sa faible charge alaire, le QuickSilver est
assez stable, et même confortable en air turbulent.
Une qualité qui s'ajoute à l'efficacité de ses
gouvernes.

Le plaisir de voler
Le moment est venu de rendre le Quick à son propriétaire, ce qui ne m'enchante pas. J'aurais bien repris un ticket de manège, le soir venant, profiter des dernières thermiques et retrouver de très anciennes sensations, presque oubliées. Mais bon... Il est l'heure de retomber sur terre et de débriefer l'essai. D'abord les qualités et les défauts de cet aéronef. Fabrication soignée, kit très bien présenté et préparé, comportement en vol parfait, domaine de vol étendu, capacités et sécurité aux basses vitesses, visibilité extérieure, confort... A contrario, on regrette les performances limitées, l'autonomie réduite, le manque de protection, l'absence de rangement... On ne peut opposer ces caractéristiques qu'en terme d'usage. Voyager n'est pas la vocation d'un tel ULM. Encore que bien des pilotes pendulaires prouvent régulièrement le contraire. Le Quick se positionne en revanche sur le créneau recherché des appareils légers et simples, capables de poser et décoller court, pour de courts vols locaux. Seul restriction, les pistes devront entretenues, la garde au sol étant faible. Le Quick peut convenir pour l'instruction et les baptêmes. A la fois facile, plaisant et démonstratif, aisément réparable et moins cher que les ULM habituels d'école, il s'amortira rapidement. En version de base prêt à voler (départ Montélimar), le Sport 2 S coûte à peine plus de 20 000 euros (ttc). Il faudra en investir quatre mille de plus pour l'obtenir avec réducteur C, hélice Duc tripale Windspoon, démarreur et réservoir 40 litres. Le prix du plaisir de voler, avec un vrai biplace, sûr et fiable. Ça se tient. Notons que l'importateur prévoit 8 à 10 semaines de délai, ce qui est très inférieur à la moyenne, et ne vend pas l'appareil en kit. Enfin, c'est assez rare pour être souligné, le QuickSilver Sport 2 S est sans doute à ce jour l'ULM le plus légal et le plus administrativement correct qui soit. Avec une masse à vide de 195 kg et une masse embarquée (équipage et carburant) de 240 kg, il est le seul à permettre à deux beaux bébés d'un quintal de voler avec le plein de carburant et un pique-nique. Reste à savoir où loger le casse-croûte !


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Caractéristiques
(données constructeur)
QuickSilver Sport 2 S 582
Envergure
9,42 m
Longueur
5.56 m
Surface alaire
17.2 m2
Hauteur
2.45 m
Masse à vide
195 kg
Masse maxi
450 kg
Facteur de charge vérifié
+4/-2 G
Carburant
19 litres
VSO à 450 kg
57 km/h
VNO 
115 km/h
VNE 
140 km/h
Finesse maxi
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Passage des 15 m
220 m
Limite vent de travers
25 km/h
Prix version de base
20 500 euros ttc
Prix version essayée
20 500 euros ttc
Contact
ULM Espace Aérien
tél. 04 75 53 76 73 & 06 07 76 67 12
leclere@espace-aerien.com
www.espace-aerien.com








Performances
(vérifiées à pleine charge)
QuickSilver Sport 2 S 582
Vitesse réelle à 4 800 tr/mn
< 60 km/h
Vitesse réelle à 5 400 tr/mn
70 km/h
Vitesse réelle à 5 800 tr/mn
90 km/h
Autonomie (+30 mn)
0h40 à 1h00