p92_echo_club
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Essai
oct.2008

Fly Synthesis

Storch S
Rotax 912 UL



Le Storch S jouit d'un style indémodable et d'équipements

riches qui font oublier le prix de vente un peu élevé.


Le tableau de bord central est un modèle de compacité.

La disposition des commandes est parfaite et
l'ergonomie excellente. Seule la manette des gaz
centrale peut gêner certains pilotes.


Storch automorphose

Plus qu'une simple évolution, la version S du Storch de Fly Synthesis fait plutôt figure de transition vers un ULM plus polyvalent et aussi plus adulte. Ceux qui connaissent les modèles CL et HS seront séduits par les performances et le comportement nouveaux.


Le Storch est le premier aéronef construit par la firme italienne Fly Synthesis. Sa genèse remonte à 1991. Depuis, l'équipe en charge de Fly Synthesis a changé. Elle est dirigée depuis 2000 par Sonia Felice. L'usine a été transférée de Gonars à Mortegliano, une ancienne piste militaire qu'elle exploite seule. Deux ateliers, l'un pour la fabrication des composites et l'autre pour l'assemblage des aéronefs couvrent 3 000 m². La marque est représentée d'Australie à Taïwan, des USA en Afrique du Sud, d'Europe centrale au Royaume uni en passant par les pays scandinaves, la Corée ou le bassin méditerranéen. Le Storch se décline en trois versions distinctes. La plus ancienne -CL- revendique une envergure de 10,15 m, une surface de 13,6 m² et une masse maxi au décollage de 450 kg. Elle reçoit un moteur Jabiru. Les ailes du HS sont réduites à 8,7 m pour 11,8 m², mais la masse maxi passe à 472,5 kg. Avec 9,3 m d'envergure, 10,25 m² et une MTOW de 500 kg, le Storch S fait figure de dernière évolution. Il s'affranchit du moteur australien au profit d'un Rotax 912 UL de 80 ch. La distribution est assurée par Hervé Bréant, importateur exclusif Fly Synthesis France, implanté à Houville en Eure et Loir (entretien, montage et maintenance).
Outre par sa motorisation spécifique, le Storch S se distingue par ses ailes équipées de volets séparés à commande électrique. Par ailleurs, les réservoirs augmentent leur capacité, passant de 2 x 30 litres à 2 x 45 litres. Le Storch est un ULM composite recevant des longerons en carbone dans les ailes. La poutre arrière en aluminium est rivetée après la cellule. Les empennages sont eux-aussi en matériau composite. Les trains principaux sont en Zycral, et la roulette de nez conjuguée possède un amortisseur hydraulique. Dérive et plan de profondeur sont commandés par des câbles "push-pull". Le roulis bénéficie quant à lui d'une chaîne cinématique en éléments rigides articulés.


Les sièges (ici option cuir) sont réglables en 4 positions

sur 14 cm. La position d'assise est confortable au long
cours. Deux sorties de chauffage sont placées sur la
cloison pare-feu ; une par occupant. On apprécie le
soin apporté aux finitions du cockpit.

Toutes options de série
Si le volume du cockpit est assez réduit, répercutant en cela la forme ovoïde de la cellule, la place ne manque toutefois pas pour accueillir l'équipage et son bagage. La largeur aux épaules est d'un mètre et 1,07 m à la ceinture. Les sièges offrent 4 crans de réglage (soit 14 cm), ce qui permet aux grands comme aux petits d'atteindre les palonniers en toute décontraction. Le seuil très haut (90 cm) impose l'assise "buttock first". La console d'instruments centrale laisse une large place pour les jambes. Le niveau de finition de série inclut moquette et capitonnage, soufflets aux manches, chauffage, plexi' teintés, coffre accessible en vol avec filet de retenue, vide-poches zipés aux deux places... Seuls radio et parachute sont optionnels ! A la position d'assise relaxante s'ajoute une excellente visibilité dans toutes les directions. Ceci est dû au capot bas et profilé dont on peine à croire qu'un bloc 912 peut y loger. Les commandes sont doubles, à l'exception de celle des gaz (trim', volet, chauffage...) toutefois accessibles des deux places. En dépit d'un léger jeu aux manches, elles sont douces et bien démultipliées. A l'arrêt, on se surprend à actionner librement les palonniers, sans forcer la fourche ou les biellettes. L'interrupteur des volets est associé à un indicateur de position assorti aux autres cadrans ronds. Le tableau de bord très complet ne peut accueillir qu'une radio ø 57 mm (et un transpondeur du même format, moyennant une redistribution des pendules existantes).


La croisière éco à 160 km/h est parfaitement réaliste.


Le montage du moteur n'appelle aucune critique.

Le tandem Rotax 912 UL - Duc Swirl tripale donne
une fois de plus entière satisfaction, avec de
bonnes performances à tous les régimes.

De bonnes prestations
La chauffe du Rotax est l'occasion de me familiariser avec l'environnement du cockpit. L'ergonomie est parfaite en dépit d'un levier de frein disposé de façon peu commune entre les sièges. Il possède un linguet de blocage pour le parking et le point fixe. J'apprécie la faible présence sonore du moteur en cabine. Aidé par un amortissement convenable et au bon guidage de la fourche, le roulage ne pose aucun problème. Point fixe ; magnétos ; gaz. A charge maxi avec 15° de volets, le Storch court moins de 100 m avant de quitter le sol. Un bref palier d'accélération précède la montée maximale qui se stabilise à 850 ft/mn et 90 km/h. Volets rentrés, le meilleure taux plafonne à 1 000 ft/mn pour 100 km/h avec peu ou pas de compensation aux palonniers. Les conditions du jour sont 15°C au sol, 10 kt plein travers et 1025 hPa au baromètre. Nous montons rapidement à 3 000 ft pour étalonner le badin et enregistrer les performances selon la méthode des trois caps à 120°. Je relève 138 km/h au GPS pour 136 indiqués (à 4 000 tr/mn). A 4 400 tours, le badin annonce 155 et le GPS 150 km/h. A 5 000 tr/mn, l'instrument de bord mentionne 188 km/h que le juge de paix ramène à 179. Les conditions calmes permettant de pousser à fond, je constate qu'à 199 km/h (pour 207 lus) et 5 300 tr/mn, le Storch semble toucher sa vitesse maximale en palier. La vitesse de croisière économique annoncée à 160 km/h par le constructeur n'est donc pas exagérée. La tenue de cap approximative qui me trouble depuis un moment s'explique simplement : il faut utiliser les palonniers avec parcimonie et modération (le mieux étant pas du tout). Bien que cet axe ne soit pas d'une efficacité renversante (la taille du plan fixe de la dérive n'y est sûrement pas étrangère), un contrôle permanent conduit invariablement à des altérations de cap involontaires. La stabilité en tangage est remarquable, avec une oscillation unique et retour à l'assiette neutre en 25 secondes. Même constat en roulis, avec une remise à plat presque immédiate. La défense sur l'axe de roulis est honorable, avec moins de 2'' pour passer de -45° à +45° et vice-versa. Enchaînant les exercices à rythme forcené, je m'attache de plus en plus à cet ULM, déjà découvert dans une ancienne version CL Jabiru qui ne m'avait pas laissé un souvenir impérissable. Il en va autrement aujourd'hui avec un Storch beaucoup plus dynamique et plus performant. Une constante demeure toutefois, sa légèreté en vol. En dépit d'une surface réduite et d'une charge alaire augmentée, le Storch S réclame régulièrement de petites corrections de trajectoire. Est-ce la quasi absence de fuselage qui lui confère cette caractéristique ?


L'atout majeur du Storch S est sa polyvalence.

Capable de voyager loin grâce à son autonomie
étendue et au confort qu'il prodigue, il ne rechigne
pas à voleter d'une piste à l'autre et s'adapte très
bien à l'écolage et mieux encore aux baptêmes
grâce à ses grandes parties vitrées. Le Storch S
fait preuve d'un comportement sain en vol et s'avère
très facile à piloter, y compris à basse (voire très
basse) vitesse. En croisière, il est conseillé d'utiliser
les palonniers au strict minimum pour éviter les
altérations de cap.

Maîtrise des basses vitesses
Après une balade nonchalante durant laquelle j'ôte mon casque pour constater le bas niveau sonore en cabine, je réduis progressivement les gaz. A 3 000 tr/mn en lisse, la vitesse chute jusqu'à 85 km/h avec une forte assiette à cabrer et le variomètre à zéro. Volets à 15°, la vitesse chute à 75 km/h. Les commandes restent opérationnelles et rien n'indique une perte de contrôle imminente. Gaz tout réduits, volets rentrés et manche secteur arrière, le Storch parachute tranquillement à 400 ft/mn et 75 km/h, sans abatée franche. La sortie partielle des volets réduit la vitesse à 60 km/h et le taux de chute à 300 ft/mn, toujours sans basculement avant. Volets entièrement déployés, la vitesse corrigée passe à 55 km/h, le vario' indique 400 ft/mn et la machine conserve une légère assiette à cabrer. Dans cette dernière configuration, les commandes gardent leur efficacité ; il ne viendra toutefois à personne l'idée de titiller les limites de débattements à ce moment ! Dernière faculté ULM à laquelle doit souscrire le Storch S, le taux de chute maximal permettant d'atteindre une piste enclavée. Là encore, notre oiseau répond présent avec des valeurs de 500 ft/mn à 95 km/h ; 700 ft/mn à 90 km/h et 900 ft/mn à 100 km/h selon que les volets soient respectivement rentrés, sortis à 15° ou déployés à 100%. C'est bien assez et cela dispense de la glissade, laquelle n'est d'ailleurs pas l'apanage de cet ULM. Deux raisons à cela : l'ersatz de fin de fuselage n'offre que peu de résistance au vent relatif (donc rend l'action inefficace), et la dérive un peu mollassonne ne permet pas de déraper autant qu'il est nécessaire pour bien pratiquer la manoeuvre. Mieux vaut donc s'accrocher aux volets puissants et filer en symétrie. Le soleil baisse sur l'horizon, les réservoirs en carbone se vident... il est temps de regagner le sol et de débriefer cette journée d'essais. Je mets en application les constats accumulés durant les tests. Finale avec 15° de volets à 95 km/h ; 80 km/h en courte... Si d'aventure on est trop long, on sort toute la ferraille. L'atterrissage ne pose aucune difficulté. Il suffit d'accompagner jusqu'à l'arrondi et de bien contrôler le lacet durant la perte de vitesse, afin de bien contrer le vent de travers. Le freinage s'avère puissant sans qu'on ait à forcer sur le court levier.


Le Storch tient ses promesses en terme de basse

vitesse ; contrôle aisé et décrochage à moins
de 65 km/h... pas de triche.

Le "S" qui fait la différenSe
Le Storch est un ULM original, bien construit, qui offre un confort et une visibilité sans pareils, et dont l'usine bénéficie désormais un bon recul. La version S apporte un dynamisme et des performances nouveaux qui manquaient aux versions antérieures. Le décollage court, le pilotage instinctif, les bonnes réactions aux basses vitesses sont les points forts du Storch S. Autre atout de cet ULM, sa polyvalence. Si le voyage compte au rang de ses attributions comme son autonomie d'environ 850 km le prouve, les petites balades ou l'écolage lui conviennent pareillement. Finalement, le seul défaut que je déplore au solde de cet essai est son prix voisin de 59 000 € ttc pour un Storch S prêt à voler (rendu Houville – 28), sans parachute, ni radio. Un positionnement tarifaire qui le place en face de machines parfois plus performantes et sexy. Arguons pour sa défense que Fly Synthesis a doté le Storch d'un équipement de série très complet, ce qui n'est souvent pas le cas des autres constructeurs. La seule option susceptible d'intéresser certains propriétaires limités en place, est le repliage des ailes, opération réalisable par un opérateur seul, moyennant un surcoût de 1 400 euros ttc.

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Détails de construction

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Les ailes du Storch S se reconnaissent à leur volets séparés et leurs ailerons alignés.


Sans être gigantesque, le coffre est de taille à recevoir le bagage d'un équipage en vadrouille. Il est accessible en vol et protégé d'un filet élastique anti-chute.


Belle construction, avec un soin particulier pour les finitions et les accessoires pratiques.


Toutes les options sont présentes de série, comme les carénages de roues et de jambes de trains.


Une jauge de carburant directement montée sur chaque réservoir évite de se faire piéger.


Fermeture de capot par Camlock : Fly Synthesis ne mégote pas sur la fabrication, ni les détails.


Le plexi teinté est proposé de série, mais il est possible de choisir un matériau incolore. On regrettera de ne pas pouvoir voler portes ouvertes.


Commande de trim' au plafond pilotable des deux places et volets électriques. Seul l'implantation du levier de frein est discutable.


Les portes bénéficient d'une fermeture 3 points sûre. Aucune vibration n'est décelée en vol et l'étanchéité est satisfaisante.

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Caractéristiques
(données constructeur)
Fly Synthesis
Storch S 912 UL

Envergure
9,30 m
Longueur
5,95 m
Surface alaire
10,25 m²
Hauteur
2,15 m
Masse à vide sans parachute
284 kg
Masse maxi
450/472,5 kg
Facteur de charge vérifié
+4/-2 G
Carburant
2 x 45 litres
VSO à 472.5 kg
59 km/h
VNO 
160 km/h
VNE 
220 km/h
Finesse maxi
nc
Passage des 15 m
200 m
Limite vent de travers
30 km/h
Prix version de base
62 850 euros ttc
Prix version essayée
67 450 euros ttc
Contact
Fly Synthesis France
28700 Champseru
06 22 92 40 33 - h.breant@flysynthesis-france.com
www.flysynthesis-france.com







Performances
(vérifiées à pleine charge)
Fly Synthesis
Storch S 912 UL

Vitesse réelle à 4 000 tr/mn
138 km/h
Vitesse réelle à 4 400 tr/mn
150 km/h
Vitesse réelle à 5 000 tr/mn
179 km/h
Vitesse réelle à 5 300 tr/mn
199 km/h
Vz max
1000 ft/mn à 100 km/h
Taux de chute max
900 ft/mn à 100 km/h
Autonomie (+30 mn)
5h20 à 7h50



Caractéristiques
(données constructeur)
Fly Synthesis
Storch S 912 UL

Envergure
9,30 m
Longueur
5,85 m
Surface alaire
10,25 m²
Hauteur
2,15 m
Masse à vide sans parachute
284 kg
Masse maxi
450/472,5 kg
Facteur de charge vérifié
+4/-2 G
Carburant
2 x 45 litres
VSO à 472.5 kg
59 km/h
VNO 
160 km/h
VNE 
220 km/h
Finesse maxi
nc
Passage des 15 m
200 m
Limite vent de travers
30 km/h
Prix version de base
62 850 euros ttc
Prix version essayée
67 450 euros ttc
Contact
Fly Synthesis France
28700 Champseru
06 22 92 40 33 - h.breant@flysynthesis-france.com
www.flysynthesis-france.com







Performances
(vérifiées à pleine charge)
Fly Synthesis
Storch S 912 UL

Vitesse réelle à 4 000 tr/mn
138 km/h
Vitesse réelle à 4 400 tr/mn
150 km/h
Vitesse réelle à 5 000 tr/mn
179 km/h
Vitesse réelle à 5 300 tr/mn
199 km/h
Vz max
1000 ft/mn à 100 km/h
Taux de chute max
900 ft/mn à 100 km/h
Autonomie (+30 mn)
5h20 à 7h50