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Essai
sept.2008

Pipistrel Virus 912

Avec seulement 12,5 mètres d'envergure contre 15,

le Virus dérive du Sinus ; un peu moins vélivole, un
peu plus rapide, il en reprend toutefois la qualité de
fabrication propre aux planeurs composites.


Le tableau de bord de série ne possède pas de

rangements latéraux. Le Brauniger est assez lisible
et les boutons accessibles. Aucune commande n'est
électrifiée pour plus de fiabilité et de légèreté.

Ecologique et performant

Les discours écologiques s'assortissent souvent de préambules expliquant les maigres performances, l'autonomie limitée, l'inconfort... Oubliez tout ceci avec le Virus ! En contradiction avec nos a-priori, cet ULM consomme moins que la plus économique des voitures diesel, et voyage beaucoup plus loin. Un paradoxe ? Non ; un exemple à suivre...


Avec plus de 700 ULM fabriqués en 20 ans, la firme slovène Pipistrel compte parmi les plus titrées au monde, avec d'incroyables prestations aux mains de Philippe Zen, dix fois champion du monde d'ULM, dont deux fois sur Sinus. Outre les Virus, Sinus, Taurus et Apis, Pipistrel construit aussi des chariots pendulaires et possède une gamme d'hélices. Dérivé du Sinus dont il reprend 99% de la structure, le Virus en diffère principalement par son envergure. Quand son devancier avoue une largeur de 15 mètres et une finesse de 28 qui l'autorise sans complexe à l'activité vélivole, le Virus ne revendique « que » 12,5 m avec une finesse de 24, et 10 m en version SW (Short Wings), finesse 17. Le Virus est donc un peu plus rapide et davantage orienté voyage. Une version train tricycle étant au catalogue moyennant un surcoût d'environ 2 300 euros ttc (et 8,8 kg), c'est ce modèle plus consensuel qui intéressera majoritairement les pilotes avion venant à l'ULM. Notons que le classique est un peu plus performant, pas plus compliqué à piloter et qu'il représente encore une écrasante majorité des ventes en France. Si le design n'est qu'affaire de goût, le critère qualitatif est quant à lui objectif. De ce côté, le Virus n'entretient aucun suspens. De prime abord comme en détail, de sa « peau » à ses entrailles, il ne prête nulle part le flanc à la critique : fuselage et surfaces harmonieusement profilés pour générer un minimum de traînée, liaisons de flaperons protégées par des lécheurs affleurant... Favoriser l'écoulement aérodynamique tout en préservant le refroidissement a conduit à des implantations inhabituelles comme celle du radiateur d'eau au-dessus et à l'arrière du moteur. Sous le capot oviforme, des protections anti-feu complètent le montage très soigné du bloc Rotax. Ce dernier est un modèle UL dégonflé à 72 ch. On verra plus tard que c'est bien suffisant. Pour mémoire, avec 1,26 m² de plus, le Sinus se contente d'un Rotax 503 pour voler à 210 km/h.


Fenêtre qualité planeur côté droit et aérateur côté

gauche de série.


Réglables au sol ou en vol sans contorsion, les
palonniers reçoivent les commandes de freins
différentiels, en option pour les deux places.

Haute sécurité passive
Le cockpit offre une largeur bien suffisante pour faire cohabiter sans gêne deux mâles adultes bien nourris. Les sièges confortables sont fixes, mais les palonniers réglables, y compris en vol. Si les équipements de série sont suffisants pour voler sereinement, l'option « Pack » facturée 3 150 € ttc semble un investissement judicieux, puisqu'il comporte l'hélice à pas variable mécanique avec mise en drapeau, un grand tableau de bord équipé de boîtes à gants, des connexions automatiques d'essence pour le démontage des ailes, des freins doublés aux palonniers, de la visserie rapide au capot, un sac à bagages et une pompe électrique de remplissage de carburant. Ce Pack d'un poids total de 7,8 kg permet une économie voisine de 2 000 € sur les options prises isolément. L'hélice à pas variable (Pipistrel) quasi-indispensable pour exploiter pleinement le potentiel du Virus vaut à elle seule presque le prix du pack. De série, le Virus reçoit une instrumentation Brauniger, une fenêtre de porte à droite et un ventilateur à gauche, le chauffage cabine, les carénages de roues, une hélice réglable au sol avec cône, deux réservoirs de 30 litres (50 l en option), un double manche (gaz au centre, volets entre les sièges et aéro-freins au plafond). Côté sécurité passive, la cellule en carbone (matériau éclatant à l'impact) est doublée dans la zone habitable d'un revêtement en Kevlar qui évite les éclats blessants. La fourche télescopique conjuguée est amortie en rebond. Le Virus classique pèse 271 kg à vide. Avec 8,8 kg de fourche et 7,8 de pack (soit un total de 287,6 kg), sa masse dépasse légèrement la limite réglementaire. Deux options s'offrent alors à vous : le parachute GRS (13 kg) facturé 4 560 euros ttc ou la cellule allégée qui apporte un gain de 8 à 10 kg sans perte de caractéristiques, mais pour un surcoût de 9 000 € ttc. Les plus fortunés ne s'embarrasseront pas d'un choix ! Pour assurer une solidité à toute épreuve, notamment dans le cadre d'un usage intensif, l'usine s'est volontairement contrainte à la norme de production JAR 22 planeur plus restrictive que la JAR VLA revendiquée par nombre de constructeurs d'avions et d'ULM. Ainsi le Virus déclaré pour un facteur de charge autorisé de +4/-2 encaisse-t-il en réalité +15/-15 sans déformation permanente et a été testé à +7,2/-7,2. De même, la première révision structurelle complète doit être effectuée à 10 000 heures de vol, le potentiel étant de 30 000 heures. Dernière caractéristique appréciable, les ailes et l'empennage horizontal se démontent en moins de 10 minutes.


Stable et neutre dans ses réactions, confortable en

air turbulent grâce à ses ailes souples à fort allongement,
le Virus est un redoutable farceur capable de
renversements en moins d'une seconde et de
figures impressionnantes. Son facteur de charge
démontré est garant de robustesse et de longévité.
© Ph. Zen

Performances hors normes
L'accès à bord est des plus ordinaires, cul sur le siège pour enjamber le manche. La position allongée est relaxante. Si la visibilité est mauvaise sur le classique, ce n'est pas le cas sur le tricycle, posé au sol en ligne de vol. Bizarrement les palonniers sont assez fermes (au sol et en vol). Cela viendrait des joints de fourche trop serrés. Reconnaissance des commandes et instruments, mise au petit pas de l'hélice, et démarrage du Rotax 912. Bien amorti en vibrations, il se montre discret au plan acoustique. L'afficheur bardé d'alarmes en tous genre autorise le départ. Flaperons à +9°, le roulage peut commencer. Les freins différentiels hydrauliques annulaires à poussée axiale (ouf !) sont efficaces et doux. Alignement et mise en puissance. Toujours sans débauche de décibels, le Virus chargé à 470 kg accélère rondement et quitte le sol en moins de 100 m. La température est de 25°, la pression établie à 1020 hPa et le vent faible. Le palier d'accélération se résume à une seconde de vol à plat, après quoi les volets sont rentrés à 0° et on passe au meilleur taux de montée, plein petit pas à 5 500 tr/mn. Le vario indique presque 1 400 ft/mn à 115 km/h. L'un des meilleurs chiffres lus à ce jour, et ce avec seulement 72 ch ! La correction à apporter aux pieds est négligeable. Dès 140 km/h, il convient de positionner les flaperons en déportance à -5°. L'étalonnage du badin montre un optimisme progressif. A 3 500 tr/mn, il indique 180 km/h que le GPS ramène à 176 km/h (-4%). A 4 000 tr/mn, les 200 km/h annoncés valent en réalité 190 km/h (-6%) et à 4 500 tr/mn, il est fait état de 230 km/h pour 215 réels (-7%) ! Vous avez bien lu : 215 km/h à 4 500 tr/mn. Les vitesses annoncées de 225 km/h à 75% et 250 km/h à fond sont donc fondées... et ce avec 72 ch ! La gestion du pas variable de 24° à 38° ne requiert qu'un peu d'entraînement ; mais disons que l'option n'est pas conseillée aux étourdis. Autre sujet d'étonnement, la stabilité en tangage : 14 secondes et une demi oscillation suffisent à ramener le Virus à son assiette de croisière. Sur l'axe de roulis, le virage reste centré sans tendance à engager. Excellent. Comme on l'a vu plus haut, la fourche sans liberté ne permet pas d'apprécier le retour naturel au neutre de l'axe de lacet. Côté manoeuvrabilité, çà déménage ! Comptez une bonne seconde pour passer de +45° à -45° en roulis. Tout réduit, avec 2 crans sortis (+18°) pour valider les basses vitesses (vario' zéro et assiette à cabrer) : 66 km/h à 2 500 tr/mn ; 63 km/h à 2 800 tours et 59 km/h à 5 100 tr/mn (vitesses réelles). Hélice transparente, le décrochage a lieu à 75 km/h en lisse et 64 km/h avec deux crans, toujours symétrique et en douceur.


Le Rotax 912 UL est dégonflé à 72 ch, notamment par

le biais d'un étranglement aux entrées d'air. Son
montage particulièrement soigné se complète de
protections anti-feu.


Le Virus offre des performances à couper le souffle :

déjà à 150 km/h à 3 100 tr/mn, il atteint 190 km/h à
4 000 tours et 215 à 4 500 tr/mn. La croisière à 75%
s'effectueà 225 km/h et la croisière éco' à 4 250 tr/mn
à 200 km/h. © Ph. Zen

Ca plane pour lui
Crédité d'une finesse de 24 entre 110 et 115 km/h, le Virus ne saurait se soustraire au vol plané. Déjà peu bruyant avec son flat-four en activité, il devient pour le coup complètement silencieux. Sauf à cravacher à 200 km/h, ce qui nuit à la finesse, à s'en tenir entre 90 et 120 km/h on fend l'air en souplesse. Hélice en drapeau, conformé aux prescriptions du constructeur, on obtient un taux de chute moyen à peine supérieur à 1,3 m/s, ce qui semble cadrer. Donc en partant d'une hauteur/sol de mille mètres (3 280 ft), le cône de sécurité absolu est de l'ordre de 24 km de rayon. Même en prenant une marge de sécurité, il y a de quoi éviter une forêt ou sauter un bras de mer. Reste que la finesse d'une telle machine n'est pas là que pour la sécurité. Au quotidien, elle sert à économiser le carburant et aussi à s'adonner au plaisir vélivole. En effet, il est tout à fait possible de réaliser des parcours avec 24 de finesse, surtout quand la relance du moteur permet d'effacer les zones d'inactivité thermique.
Et même si on n'éteint pas le moteur, certains chiffres vont énerver les possesseurs de tubes et toiles ordinaires : consommation en régime de croisière (225 km/h) voisine de 11 litres/heure, soit 4,9 litres aux 100 km. Consommation à 200 km/h (croisière éco') de l'ordre de 8,2 l/h (4,1 l/100 km). Consommation à 130 km/h (le moteur tourne à un fort ralenti) : 3,8 l/h, soit 3,2 litres pour 100 km ! Qui dit mieux ? L'autonomie avec 2 x 30 litres est donc comprise entre 1 050 km et plus de 1 500 km (réserve de 30 mn incluse). L'option 2 x 50 litres semble dès lors bien inutile.


Le véritable secret du Virus réside dans ses aéro-freins

qui casse complètement sa finesse et lui permettent de
se poser court et précis après une finale en pente
accentuée.

AF pour Arrêt Fulgurant !
Toutes ces prouesses sont très exaltantes, mais le problème d'une machine fine, c'est de descendre et se poser. Et a ce petit jeu, le Virus a encore du répondant : les aéro-freins. Articulés sur l'extrados des ailes comme sur les planeurs modernes, leur sortie a pour effet de dégrader la portance et de freiner l'aéronef. Ils peuvent être sortis jusqu'à 180 km/h. Le résultat est déconcertant : -18 m/s, soit 3 600 ft/mn et 3 de finesse ! Un peu comme un autobus qui apprend à voler du haut d'une falaise, bruit de ferraille en moins. Encore un élément qui va dans le sens de la sécurité : un tout petit trou dans la couche suffit à percer en retour. Revenu aux abords du circuit, il faut contenir la vitesse sous la barre des 130 km/h, vitesse maximale d'abaissement des flaperons. Vent arrière avec un cran, base et présentation en finale avec deux crans. Le Virus file à 90 km/h avec un point d'aboutissement choisi volontairement vers le milieu de piste. Déblocage des AF et mise en tout réduit du moteur, hélice petit pas. Le point reste en ligne de mire mais la vitesse augmente ; bref, le Virus allonge comme le satané planeur qu'il fait semblant de ne pas être. La sortie des AF au premier cran provoque un ralentissement palpable, mais insuffisant. Avec deux crans, c'est le grand jeu : le Virus ralentit nettement et quitte le plan de descente pour un toucher anticipé. Il faut relâcher juste un peu la commande des AF pour reprendre de la vitesse... Bref, les aéro-freins agissent exactement à l'inverse du moteur. Pas besoin de passer un brevet spécial pour y arriver : le premier atterro' est réalisé au millimètre prévu. Second tour de piste, cette fois, moteur coupé, hélice calée petit pas, prête à redémarrer. Scénario modifié, mais résultat inchangé. C'est d'une précision phénoménale. La sécurité est encore une fois mise en avant. Car pouvoir garder un plan de descente accentué avec un ULM demeure une réelle sécurité, à condition de pouvoir ensuite poser et s'arrêter. Le Virus fait tout ça, beaucoup mieux que les autres et tellement plus facilement.


Avec un équipement digne de ses qualités et de ses

performances, le Virus vaut moins de cent mille euros...
mais pas beaucoup moins. C'est ensuite à chacun de
décider si la valeur est justifiée.

Le prix du bonheur
Première question : le Virus est-il vraiment un ULM ? Pour certains, la hauteur des performances ne l'indique pas a priori... Et pourtant si. Le Virus répond pleinement à la définition des ULM. D'abord, en terme de masse. Avec la réserve émise plus haut concernant l'ajout des options, la masse réelle est contenue dans les limites admissibles. Pour ce qui est du pilotage, il n'y a pas à redouter d'en prendre les commandes. Une petite prise en main pour s'habituer à l'usage des aérofreins ; un peu de travail sur les vitesses d'approche... Quiconque a déjà pris en main deux ou trois ULM modernes saura faire fonctionner le Virus. Avec le perfectionnement viendra le bon usage des thermiques et le vol économique. Tout-terrain, le Virus l'est aussi, et même parfaitement à l'aise sur les terrains courts. Son domaine d'activité est particulièrement étendu ; le voyage lui est destiné, bien sûr ; mais pourquoi pas l'écolage ? Quand aux activités vélivoles, elles vont de soi pour peu qu'on possède les bases de cette discipline. Reste la question du prix. C'est là qu'est le hic ! Car le jouet merveilleux coûte cher : 82 700 € ttc, version de base, train classique. Ajoutez la roue avant, le « Pack » et le parachute que ces options rendent indispensable, une radio et deux grigris, vous arrivez à 95 000 euros ttc. Chacun appréciera en fonction de son pouvoir d'achat si la somme est appropriée. Reste que le rapport prestation/qualité/prix n'est pas extravagant.

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Détails de construction

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La position d'assise semi-allongée est relaxante avec assises moelleuses et appui-tête efficaces. Deux adultes charpentés tiennent sans se gêner dans le cockpit.


Pas très pratique à charger et inaccessible en vol, le coffre rigide est une option lourde et coûteuse qu'un sac à bagage (compris dans l'option Pack) remplace avantageusement.

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Caractéristiques
(données constructeur)
Pipistrel Virus 912
Envergure
12.5 m
Longueur
6.5 m
Surface alaire
11 m2
Hauteur
1,82 m
Masse à vide avec parachute
277.5 kg
Masse maxi
450/472,5 kg
Facteur de charge vérifié
+4/-2 G
Carburant
2 x 28 litres
VSO à 472.5 kg
64 km/h
VNO 
170 km/h
VNE 
250 km/h
Finesse maxi
28
Passage des 15 m
167 m
Limite vent de travers
28 km/h
Prix version de base
82 700 euros ttc
Prix version essayée
95 000 euros ttc
Contact
Finesse-Max - 67205 Oberhausbergen - 03 88 56 46 91 - info@finesse-max.com - www.finesse-max.com






Performances
(vérifiées à pleine charge)
Pipistrel Virus 912
Vitesse réelle à 3 500 tr/mn
176 km/h
Vitesse réelle à 4 000 tr/mn
190 km/h
Vitesse réelle à 4 500 tr/mn
215 km/h
Vz max
1 400 ft/mn à 115 km/h
Taux de chute max
3 500 ft/mn à 180 km/h
Autonomie (+30 mn)
4h30 à 13h30



Caractéristiques
(données constructeur)
Pipistrel Virus 912
Envergure
12.5 m
Longueur
6.5 m
Surface alaire
11 m2
Hauteur
1,82 m
Masse à vide avec parachute
277.5 kg
Masse maxi
450/472,5 kg
Facteur de charge vérifié
+4/-2 G
Carburant
2 x 28 litres
VSO à 472.5 kg
64 km/h
VNO 
170 km/h
VNE 
250 km/h
Finesse maxi
28
Passage des 15 m
167 m
Limite vent de travers
28 km/h
Prix version de base
82 700 euros ttc
Prix version essayée
95 000 euros ttc
Contact
Finesse-Max - 67205 Oberhausbergen - 03 88 56 46 91 - info@finesse-max.com - www.finesse-max.com






Performances
(vérifiées à pleine charge)
Pipistrel Virus 912
Vitesse réelle à 3 500 tr/mn
176 km/h
Vitesse réelle à 4 000 tr/mn
190 km/h
Vitesse réelle à 4 500 tr/mn
215 km/h
Vz max
1 400 ft/mn à 115 km/h
Taux de chute max
3 500 ft/mn à 180 km/h
Autonomie (+30 mn)
4h30 à 13h30