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Technique



Photos réalisées durant le stage mécanique 4 temps au
siège de Jabiru France, avec le concours de Pierre Pouchès
et Alexandre Patte et Eric

Stages mécaniques

Pourquoi, pour qui, comment ?

Plus de 3000 stages de mécanique aéronautique ont été dispensés ce dernier quart de siècle ! Un ulmiste sur cinq y a déjà participé. Des chiffres assez importants pour qu'on s'interroge sur les motivations profondes des participants, leurs attentes, les retombées et les "effets secondaires" de telles formations. Un stage : est-ce que ça vaut vraiment le coût ?

Partager ou échanger l'information est une des occupations favorites des pratiquants de loisirs aéronautiques, notamment des constructeurs amateurs ou des ulmistes, qui se distinguent des pilotes locataires de club par le fait qu'ils entretiennent, voire assemblent, eux-même leur aéronef. Ajoutons que la communication gravite principalement autour de la mécanique et des moteurs. C'est logique et assez sain : éviter les problèmes, dont la panne moteur, par la culture et la connaissance. Cela mérite d'autant plus de considération, que les compétences mécaniques de certains bricoleurs dilettantes sont assez limitées.



Nancy, Jabiru UL 450 ULM : « J'aime l'aviation et
m'intéresse à la mécanique. Je veux donc me tenir
informée de ce qui se passe sous le capot et savoir
comment fonctionne le moteur. »

Première motivation : découvrir ou étudier son moteur
Interrogés sur la motivation initiale qui incite à participer à un stage de mécanique, une écrasante majorité (presque 80% de stagiaires) affirme avoir voulu approfondir ses connaissances en mécanique, mieux connaître son propre moteur, ou simplement découvrir les astuces de fonctionnement, d'entretien ou de réparation. Quelques personnes sont plus précises sur leurs intentions : baisser le coût de l'entretien en pratiquant les révisions de façon autonome ; installer soi-même son moteur sur un aéronef ou intervenir en cas de panne. Parmi les motivations louables, la volonté d'accroître son indépendance, par exemple pour participer au Tour de France ULM. Ce n'est qu'au cours des conversations que transparaît en filigrane l'omniprésente sécurité. On s'intéresse à son moteur parce de son état dépend la quiétude du pilote.


Guy, Jodel D185 : « Retraité de l'Armée de l'Air (ALAT),
j'ai décidé de participer au stage pour obtenir des
informations sur mon moteur, évidemment, mais
aussi pour la balade en ULM (2 fois 800 km, ndlr). »

Qui rencontre-t-on lors de ces stages ?
Ulmistes pour la plupart, les stagiaires sont de provenances diverses. La moyenne d'âge est de 54 ans, avec quelques rares octogénaires et à peine plus de trentenaires. Le gros des troupes oscille entre 48 et 62 ans. Côté profession, les cadres supérieurs côtoient les ouvriers à parts égales ; les militaires (armée de l'air) équivalent les paysans ; quelques instructeurs ULM renforcent leurs connaissances... Plus de 21% des personnes interrogées ont déjà participé à un stage ULM. Il n'y a pas de profil type, mais généralement des personnes motivées et avides d'enrichir leurs connaissances.


Daniel, Fly Synthesis Storch : « Ma femme et moi
sommes venus au stage en camping-car : cela
permet de loger sur place sans problème, et à mon
épouse de visiter la région durant la journée. »

Investissement personnel et financier
Combien les stagiaires sont-ils prêts à payer leur stage ? En moyenne, vous êtes prêts à dépenser environ 200 euros pour un stage de deux jours alliant théorie et pratique. Personne n'investirait plus de 450 euros, et peu réclament la gratuité sur cet enseignement. Le déplacement moyen qu'ont effectué les stagiaires est supérieur à 700 kilomètres (aller et retour). Si on ajoute l'hébergement, la restauration et les frais annexes, un stage coûte en moyenne de 563 euros (frais de déplacement base 6 ch au barème fiscal). Moins de 25% des personnes interrogées ne pensent pas refaire un stage, contre 42% qui veulent renouveler l'expérience. Les autres ne se prononces pas ou fixent des conditions.


Jean-Pierre, Coyote : « Le stage animé par Pouchès
chez l'importateur Jabiru m'a paru très polyvalent ; les
mécaniciens confirmés y trouvent des réponses
pointues, et les débutants reçoivent un enseignement
basique. »

Composition et niveau des stages
La plupart des participants jugent les stages équilibrés entre théorie et pratique. Moins de 20% regrettent de ne pas avoir consacré plus de temps aux opérations pratiques. Moins encore (15%) de personnes trouvent les stages « ardus », ou inadaptés aux mécaniciens inexpérimentés. Environ 75 % des stagiaires ont collecté des réponses précises à leurs interrogations individuelles. Rares sont ceux que les explications ne satisfont ou ne convainquent pas, mais ils existent (5 à 6%). Le gros des questionnements concerne les entretiens basiques, les carburants, les huiles, les réglages, la carburation, la gestion des périphériques moteur...


René, Hanuman : « J'en ai appris beaucoup sur les
huiles et les carburants, le fonctionnement et l'intimité
du moteur, l'intérêt de l'entretien, le soin et l'attention
pour la mécanique. Même si on oublie ensuite des
infos, il reste toujours des traces de cet apprentissage. »

Compétences, connaissances et progrés
Notés par eux-mêmes de 1 à 5 sur leurs compétences, les stagiaires reconnaissent un gain sensible de leur connaissances. Ainsi, concernant le niveau en mécanique générale pratique, la note moyenne passe de 3,32 avant à 3,74 (/5) après le stage. Meilleure progression de la note sur le plan théorique, puisque la moyenne passe de 3,41 à 4,03 (/5). Les stages apportent-ils beaucoup d'informations aux participants ? Pour la partie pratique des sessions, 75% des gens répondent oui ; plus de 80% de réponses positives pour la partie théorique. Il subsiste encore de nombreux a-priori ou zones d'ombre chez les stagiaires qui avouent à plus de 30% avoir été surpris ou déroutés par certains enseignements. Plus de 78% des personnes concernées prennent des notes ; seulement un tiers recopient leurs notes ultérieurement.


Patrick, Pottier 130 ULM : « Après un tel stage, je me
sens en confiance pour entretenir mon moteur. Par
ailleurs, j'entrevois mieux le raccordement électrique,
l'installation, le refroidissement... »

Retombées : ce qu'il reste d'un stage de mécanique
Seulement 15% des protagonistes pensent qu'un stage de mécanique permet d'intervenir en profondeur dans un moteur. En revanche, presque 90% pensent que ce genre de manifestation permet d'entreprendre seul une révision ordinaire (bougies, filtres, vidange, nettoyage carburateur...). Plus de 85% des stagiaires affirment être davantage sensibilisés à la sécurité via la découverte de phénomènes physiques tels que givrage, obstruction des filtres et autres. Autant admettent mieux utiliser les périphériques du moteur suite aux prescriptions prodiguées. La prise de confiance est telle que 65% de stagiaires pensent pouvoir prodiguer des conseils ou aider un proche dans une opération de maintenance. Enfin tous les stagiaires interrogés sauf un déclarent que les stages de mécanique ULM améliorent la sécurité et qu'ils sont hautement recommandables. Certains pensent que de tels stages devraient être obligatoires !



Les acteurs de l'enquête
Merci à tous ceux qui nous ont permis de réaliser cette enquête : les stagiaires présentés en photo, ceux qui ne le sont pas, les personnes contactées par téléphone et les organisateurs du stage. Presque une centaine de personnes qui ont accordé un peu de temps pour que ces statistiques, sans prétendre désigner l'ensemble du monde aéronautique, représentent toutefois un échantillon assez large et représentatif des pilotes d'aéronefs légers..



Conclusion
Notre questionnement concerne la pertinence et l'intérêt des stages de mécanique aéronautique tels que proposés par le CNFTE (1). En choisissant de traiter cette enquête sous forme de sondage, nous avons pu synthétiser les avis de participants et ainsi connaître la réponse à notre interrogation. Aucune ambiguïté quant à vos réactions qui sont très positives. Les stages vous plaisent, vous rassurent et accroissent votre autonomie.

(1) Centre national de formation technique et d'essais dépendant de la FFPLUM

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Les maîtres de stage

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Alexandre


Pierre


Eric


Comme dans Astérix, l'aventure se termine autour d'un banquet...

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