montelimar
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Tourisme


Montélimar

Ancône

Drôme (26)

Rhônes-Alpes

Valence
45 km
Mende
100 km
Montpellier
110 km
Brioude
140 km
Millau
140 km
St Flour-Coltines
150 km
Cuers
190 km
Moulin
240 km


Vous n'y viendrez plus par hasard

En plus de la recette du nougat, Montélimar possède une rare et précieuse curiosité : un aérodrome de tourisme. Entre Provence, Ardèche et Vercors, cette destination aéronautique est aussi le point de départ de balades extraordinaires. Donc à vos tablettes et cap sur le Rhône.


L'aérodrome de MontÚlimar vu par satellite (source Google maps)



La centrale de Cuars-Meysse est protégée par une
ZIT. Le cheminement ne pose pas de problème.

Un espace de liberté
L'aérodrome de Montélimar-Ancône est accessible à tous les aéronefs, sans contrôle, ni radio obligatoire, sans exigence, ni difficulté particulière. Les aéro-touristes venant du nord veilleront seulement à ne pas écorner la ZIT de Cruas-Meysse ; on évite tout problème en suivant le tracé de l'autoroute A7 jusqu'aux antennes de ré-émission de Serre-Rond. Le tour de piste à l'ouest gratifie d'un agréable survol du Rhône et de son canal. Mistral et voisinage rendent la piste 02 préférentielle et recommandée. Une fois posé, le meilleur emplacement est celui que vous choisirez ! Ce vaste champs d'aviation tolère une certaine décontraction tant que la sécurité et le respect des autres n'en souffre pas.


Les ULM dynamisent l'aérodrome Rhodanien.

Une cohabitation harmonieuse
L'aérodrome de Montélimar est géré par l'Association Des Usagers du Site Aérodrome de Montélimar-Ancône (ADUSAMA) sous la présidence de Pierre Didier. Deux clubs sont présents sur le site : Aéro-club de Montélimar (ACM) et Aéro-club des Portes de Provence (ACPP). L'atelier d'entretien et de réparation (ARA) opérant sur place peut (aux horaires d'ouverture) vous apporter un soutien technique en cas de problème. Le dynamisme de la plate-forme est aussi dû à la présence d'un constructeur français d'ULM pendulaires -DTA- et du centre de formation toutes classes et instructeurs -ULM Espace-Aérien-. L'avitaillement est possible en se rapprochant des clubs. Mais comme toujours, il convient d'assurer le coup en contactant par téléphone avant le départ. De la même manière, l'ADUSAMA peut vous fournir une place de hangar durant la durée de votre séjour, le mieux étant d'en faire la demande par avance. Toujours à la même condition, l'aérodrome est équipé de balises lumineuses permettant l'atterrissage de nuit, pour les pilotes basés ou les pilotes ''invités''.


Le musée impressionne par la densité d'avions réunis
autour de la Caravelle III. Ceux qui ne sont pas visibles

d'ici sont sous les hangars, à l'abri ou en cours de
restauration.
Musée Européen de l'Aviation de Chasse
LA grosse attraction aéronautique de Montélimar est sans conteste son musée qui rassemble une quarantaine d'avions, dont certains depassent les 20 tonnes. Couvrant une surface de 20 000 m2 de l'aérodrome (dont 4 000 m2 couverts), le musée présente les avions de combat les plus célèbres au monde. Lors de la visite, vous rencontrerez entre-autres des Mig 21 et 23, Mirage III A et III C, Gloster Meteor, Hawker Hunter, Crusader, DC3, F-84 Thunderstreak, Saab Viggen, OV-10B Bronco, Fouga Magister, MD 312 Flamant, Broussard, ainsi qu'une Alouette II ou une Caravelle III civile dont vous visiterez l'intérieur. Si certains avions sont inertes, d'autres participent régulièrement à des meetings aériens. Le musée est régi par Philippe Chabert et animé par une équipe de bénévoles, une poignée de salariés et des jeunes en réinsertion. Le résultat est à la hauteur des efforts fournis et de la confiance accordée par les donateurs, mécènes et partenaires. On chemine entre les appareils ''frais'' parqués sur une pelouse entretenue dans un cadre fleuri très soigné. La promenade est rendue didactique par les affiches retraçant l'histoire de chaque aéronef. Pour les amateurs de modèles réduits, le musée héberge le Kit Model Montilien qui réalise de superbes maquettes de 1 à 2 mètres exposées entre les avions ''échelle 1''. L'aménagement du site permet l'accès aux handicapés.


Se restaurer et loger sur place
Situé dans l'enceinte de l'aérodrome, le restaurant Air-Escale est dirigé par Philippe Coudray. Sa devise est "le plaisir du goût retrouvé". Et force est d'admettre que la carte est sympathique et la cuisine traditionnelle à la hauteur de la prétention. Pourtant, la note n'a rien d'assommante. Présente tous les jours à midi et le soir du mercredi au samedi, la petite équipe de Air-Escale assure un accueil chaleureux dans le cadre plaisant de la salle principale, du salon, de la véranda, de la terrasse ensoleillée ou de la terrasse ombragée. Bien sûr, Montélimar possède un centre-ville touristique où les possibilité de se restaurer sont nombreuses. Taxi ou auto-stop sont nécessaires, car l'éloignement et la nature des routes n'invitent pas à une balade pédestre. Objectivement, après l'expérience d'une semaine sur site, Air-Escale vaut largement qu'on y prenne pension ! Les aéro-touristes campeurs peuvent monter la guitoune sur le terrain ; la place ne manque pas et rien ne s'y oppose à condition d'éviter les taxiways ou la piste ! Sinon, Montélimar ne manque pas d'hôtels dont les prix ne sont pas exorbitants, y compris pour les plus étoilés. Le problème de la liaison entre l'aérodrome et la ville demeure toutefois entier.


Le plan de Dieu sous l'aile droite ; un endroit où la panne
moteur est une vue de l'esprit... ou une idée absurde !
Vignes, rochers acérés et autres joyeusetés attendent
les pilotes imprudents.

Balades régionales
L'acception d'aérodrome ''touristique'' se justifie à plus d'un titre, à commencer par les jolies balades dont Montélimar est le point de départ. Vers le nord, c'est la vallée du Rhône, avec ses méandres, en passant par Mirmande (et l'adorable Cliousclat), Valence, St Rambert, Vienne, puis virant à Givors vers l'ouest, la vallée du Gier, St Chamon, St Etienne... Vers l'ouest, c'est le parc des monts d'Ardèche, en partant par les ruines du château de Rochemaure, puis Aubenas, Chapeauroux, Langogne et pourquoi ne pas tirer jusqu'aux Gorges de la Truyère et au viaduc de Garabit ? Vers le sud, c'est la vallée du Rhône et les Bouches du Rhônes. Une navigation un peu compliquée mais pas irréalisable ; surtout une grande variété de paysages et la richesse des spots comme Orange ou Avignon. Vers le sud-est, le Plan de Dieu suivi du mont Ventoux... un régal. Poussant un peu plus, on passe Vinon et son environnement étrangement désertique, puis le barrage de Gréoux et le lac de Ste Croix. On a quitté le Lubéron pour le Verdon, seulement atteint par l'ivresse de voler dans un décor aussi somptueux et aucunement limité par une réglementation restrictive. Vers l'est-nord-est, des choses plus sérieuses, avec les Alpes entre 9 et 11 000 ft, des lieux magiques comme le parc naturel des Ecrins, toutefois pour pilotes aguerris.


Pierre Didier, président de l'ADUSAMA.
Un exemple à suivre
Le 22 octobre 2007 la municipalité de Montélimar a délibéré pour "maintenir sans limitation de durée, la vocation aéronautique de l'aérodrome de Montélimar Ancône". Le conseil municipal a voté à l'unanimité, toutes tendances confondues, « prouvant par là que nos aérodromes ne sont pas que des surfaces foncières disponibles mais qu'ils participent à la vitalité d'un territoire » comme le souligne Pierre Didier, président de L'ADUSAMA.


La recette du succès

Le but de la virée est triple : couvrir un événement à Valence, tester un ULM à Montélimar, et visiter la famille dans le Cantal. C'est aussi l'occasion de réaliser une balade sympa dans la vallée du Rhône. Une virée émaillée de purs moments de bonheur en dépit d'une météo particulièrement... animée.


On ne passe pas près de Sancerre sans se
fendre d'un détour.



Le circuit de Nevers Magny-Cours.

La préparation
Les exercices militaires AIREX compliquent un peu la préparation de nav'. Un jour sur deux durant une dizaine, les vols sont interdits dans les quarts NE et SW de l'hexagone de 6h00 à 24h00 et un jour sur deux de 6h00 à 17h00 UTC. Est-il acceptable que l'entraînement des bidasses bloque le pays pendant quelques jours ? Je pense qu'en cas de conflit, on aurait l'air malin avec des combattants seulement entraînés à raser la surface de l'eau entre Istres et Monaco. Faut faire avec... D'autant qu'une lecture attentive de l'info SUP AIP rend compte de possibilités de circuler en dépit des grandes manoeuvres. Il suffit d'être précis sur les horaires et les cheminements, de ne pas rater les percées d'intégration et de respecter les niveaux de vol. Décollant d'Etampes, ce sera cap au SSE, suivant la Loire puis le Rhône.
Impossible de se perdre sur ce tracé ; autre avantage, les terrains de déroutement sont nombreux, visibles et régulièrement espacés : Pithiviers, Montargis-Vimory, Briare-Châtillon, Cosne-sur-Loire, Nevers, Moulins, Roanne, Feurs-Chambéon, St Etienne, St Rambert, Valence (étape), puis Montélimar. Les points de repère sont immanquables (centrales nucléaires, aérodromes, fleuves, villes...). J'emprunterai les niveaux impairs, a priori supérieurs à 55 à cause des manoeuvres militaires. Pour faciliter la nav', les VOR de Pithiviers (116.5), Nevers (113.4), Moulins (109.6), Roanne (109.2) et Montélimar (113.65) forment un alignement quasi carnacquien ! Côté radio, y'aura pas à se casser le tronc : deux coucous dans les TMA d'Avord et de St Yan, un blabla à St Etienne si je vole bas et une procédure complète à Valence.
Sur le principe, cette presque ligne droite au 150 totalise 510 km, que le vent favorable devrait me permettre de boucler en trois heures et quinze minutes. Mon zinzin consommant environ 11,5 l/h sur les longues étapes rapides, 45 litres devraient suffire. Je choisis pourtant de remplir les réservoirs à toc (71 litres). D'abord parce qu'on ne sait jamais quelle surprise peut obliger à un déroutement plus ou moins long, ensuite parce que selon les niveaux de vol le vent peut changer de direction, enfin parce que l'avitaillement risque d'être compliqué avec de nombreux ULM attendus à Valence ; autant la jouer autarcique. Côté météo, si le vent prévu est plutôt favorable, la nuageométrie varie d'heure en heure. J'ai opté pour un départ vendredi après une semaine très agitée. Me basant sur les infos recueillies sur meteofrance, pleinchamp, meteoblue et quelques autres sites web, je parie que ça passera. Au pire, je dormirai en chemin en attendant des jours meilleurs...
Je serai seul à bord pour la première partie du voyage, mais très chargé : carburant, nourrice, matériel de camping, effets perso, matériel de reportage (le sac photo pèse à lui seul 11 kilos !). Total 445 kg. Légal... juste, juste... mais légal. Décollage prévu pour 9h30 local, afin de profiter de l'après-midi sur place pour bosser (j'ai prévu quatre essais d'ULM lors du meeting).


St Etienne, comme souvent sous un ciel chargé.


Valence lors du rassemblement de printemps.

Navigation depuis Etampes
Comme prévu, je sors le Guépy du hangar à 9h00. Manque de bol, la brume qui a fait foiridon à brouillard-city, est raide naze. Du coup, elle tarde à se lever. J'attends 11h40 qu'elle s'extraie péniblement de sa grasse matinée, et lance le moteur. L'ATIS d'Etampes donne le ton : c'est rock'n roll tendance hip-hop ! Les petits cumulus ravis de sortir d'une longue traîne strato-ennuyeuse s'en donnent à coeur joie en cette première journée chaude. Carte en main, je suis mon cap sans erreur possible : contournement des centrales, suivi du fleuve... le GPS reste en stand-by. Faut dire aussi que ce joyeux instrument référencé 76 chez Garmin n'indique que les phares, les bouées, quelques ports et autres récifs. Il indique en revanche très bien ma vitesse sol : et là, ça décoiffe ! Avec 15 à 20 kt dans le dos, ma progression est remarquable. Ce qui m'inquiète un peu, c'est l'aspect du ciel : plus j'avance, plus le plafond baisse, m'obligeant à descendre à 1500 ft et moins. Les stratus n'ont donc pas tous entendu l'ordre de repli, notamment au sud. Heureusement je suis un chouïa à l'est de la zone d'exercices militaires et j'approche de l'heure de clôture exceptionnelle ce jour. Dans quelques encablures les reliefs vont décider de la suite du voyage. St Etienne en ligne de mire, les choses se compliquent. Le contrôleur confirme que les reliefs sont accrochés et m'offre l'hospitalité sur son aéroport ou, à convenance, un report sur St Chamond, fréquence Lyon-approche. Un autre coucou semble avoir trouvé un passage clair. Je bascule la fréquence. Le contrôleur de Lyon est un type sympa et pas soucieux qui me propose immédiatement de suivre le train à deux autres trafics qui passent par là. En fait ces appareils suivent eux-mêmes un peloton, tantôt IMC, tantôt VFR spécial. Je l'informe n'être pas équipé d'horizon, mais accepte le spécial. Je ne vois pas un contrôleur mettre ses ouailles dans la mélasse ! La traversée du massif du Pilat a lieu au col de Pavezin (2000 ft). Y'a peu d'eau sous la quille, et l'antenne raye le plafond. Le contrôleur vraiment zen me demande si j'arrive à suivre le fil au Robin qui me précède : "affirmatif, j'ai de bons freins, India Lima..." Genre décontracté, mais avec la seringue en butée, résolu à tailler des copeaux dans la dérive du DR !
Trois, peut-être quatre minutes à voler de la sorte, ça paraît long. Mais en récompense, le ciel est limpide sur la vallée du Rhône. Un peu trop, oserais-je dire ? Oui un peu trop, si je m'en réfère au vent maintenant très bien établi, genre Mistral. Les reliefs sont donc toujours présents, mais cette fois sous forme de violentes turbulences. Moins de quinze minutes plus tard, je contacte Valence pour intégration. Atterro à 14h36, soit moins de trois heures de vol. Particularité de Valence : par vent de nord, des ondes compliquent l'atterrissage en 01 ; devrais-je m'acquitter de taxes multiples ?.


Avec une température d'huile voisine de 100°C, je
préfère ne pas insister davantage et me reposer.

Dommage, j'approchais du niveau de vol 85 que
j'avais choisi pour transiter au dessus des monts
d'Ardèche. Mais la sécurité prime sur tout autre
paramètre, et la santé du moteur en montagne me
semble être un sujet sérieux.


Le point caractéristique près de Montélimar, à ne pas
manquer pour contourner la centrale à bonne distance.


Les projets sont faits pour être changés
Pour paraphraser George Peppard alias John « Hannibal » Smith, j'aime quand un plan se déroule sans accroc ! Malgré le timing serré et la météo incertaine, les rendez-vous sont honorés, les essais réalisés et les reportages emboîtés. Bref dimanche soir c'est repos pour deux jours avant d'aller tester mardi un ULM bien sympa : le Quicksilver. Un petit repos à prendre dans le Cantal, entre St Flour et Brioude, dans un village de... 4 habitants ! Cent cinquante kilomètres dans le parc des Monts d'Ardèche. La seule condition est de passer au FL 85 histoire d'éviter les ondes qui surfent sur les reliefs dont certains émergent à plus de 6000 ft. Je décide d'établir ma hauteur de sécurité en local de la plaine, au cas où. J'enroule donc quelques spirales à 800 fr/mn en surveillant les températures. Bien m'en prend d'ailleurs, car l'huile du Jabiru atteint 100°C en dépit de paliers de rafraîchissement. Je ne continue pas ainsi. Demi-tour et retour à Valence. J'y planterai ma tente de nouveau et analyserai le problème... demain. Oui, c'est ça : demain. Ou après-demain.
Lundi : saut de puce
Après une sérieuse inspection du compartiment moteur, j'acquiers la certitude que la surchauffe de la veille provient d'un conduit de climatisation qui perturbe l'écoulement sous le capot. Je décide de rallier Montélimar où j'effectuerai une modif' acceptable. Mes réserves s'épuisant, le petit déj' est rapide : trois biscuits, un peu d'eau et zou ! Contact, clairance, alignement et décollage. Voler le matin a ceci de magique que les brumes se dissipent lentement, donnant au paysage une allure féerique. Un peu comme le Golden Bridge de San Francisco quand il émerge de la brume... Comparaison un rien poussée, certes, mais genre. Moins de trois miettes de vent ce matin. L'air est calme et de fait, je consacre ces vingt minutes de vol à la photo, la vidéo, et accessoirement à régler le trim' du Guépy. Devant moi, sur la rive ouest du Rhône, la centrale de Cuars. La zone réglementée a été tronquée pour autoriser à la fois le tour de piste et les arrivées par le nord. Pour ne pas commettre d'incursion, il faut passer entre l'autoroute et la colline de Serre Rond (1100 ft) qu'on reconnaît à son pylône de ré-émission. Le circuit d'aérodrome survole le canal du Rhône, en resserrant la base 20 (ou le vent traversier 02).


Le Mont Ventoux sous l'aile gauche.
Vol local : le mont Ventoux
Faut pas mollir ! Jojo qui bossait toute la semaine, vient d'arriver à Montélimar. Son moyen de transport n'ayant rien d'exaltant (200 tonnes, 48 roues, 300 km/h...bof !), je décide de lui concocter un truc sympa en attendant de pouvoir tester l'ULM qui a occasionné mon déplacement (un Quicksilver Sport 2 S en cours de montage). La région est belle ; profitons-en pour improviser une balade dans le coin. Renseignement pris, le mont Ventoux paraît une destination sympa, que j'agrémenterai d'un survol du plateau d'Albion, de la forêt de Sault ou des superbes rochers aiguisés du Plan de Dieu. Je recommande cet extra qui en met plein les yeux pour un vol relativement bref.


Le Viaduc de Garabit, un ouvrage de Gustave Effeil
qui sonserve un cachet fou et invite aux 360° au

moins autant que celui de Millau.
Retour en étapes
Bon... J'ai résolu provisoirement le problème de chauffe moteur en canalisant de l'air frais sur le radiateur d'huile avec une écope taillée dans une canette en alu. Ca a l'air de fonctionner. La météo étant favorable, on va pouvoir aller. La destination est St Flour-Coltines, une agréable et tranquille petite piste surveillée par un agent AFIS. L'aérodrome se situe en haute Auvergne, à 3 200 ft. Les plus hauts sommets croisés pour s'y rendre culminent à 6 500 ft. Avec 2 000 pieds sous la quille, la sécurité sera assurée. La distance à parcourir est courte, environ 150 km, mais la navigation mérite un peu d'attention, car les points de repère sont peu nombreux : Privas, Aubenas, le lac d'Issarlès, le lac de Langogne, Garabit (Viaduc et gorges de la Truyère), St Flour ville... Les terrains de déroutement sont Aubenas, Langogne et Le Puy. Dédaignant le GPS pour l'évidente raison de sécurité que certains comprennent ou pas, je choisis la méthode beaucoup plus sûre du compas et du chrono. En dépit de la faible vitesse et du facteur de base plus important des ULM, cette façon de naviguer reste assez précise pour peu qu'on s'entraîne de temps à autres.
Les nuages s'écartent sur mon passage ! Au debut regroupés en front, ces derniers me laissent passer sans que j'ai besoin de modifier mon altitude ou mon cap. C'est plutôt sympa de leur part, ça m'évite des altérations de cap et les calculs qui leur incombent. Du coup, c'est une jolie ligne droite que je trace dans le ciel, jusqu'à Garabit où je m'autorise quelques 360 pour shooter le viaduc et les à-côtés. L'arrivée sur St Flour provoque toujours en moi un sentiment de sérénité, en dépit des turbulences toujours actives quand les plateaux ont accumulé la chaleur solaire. Le Guépy attendu dormira dans le magnifique hangar quelques nuits en attendant la remontée sur Etampes...


Clermont-Ferrand est un transit quasi-incontournable
quand on remonte du Cantal sur Paname.


La Charité sur Loire ; magnifique...
Dernier segment : finasser entre zones et exercices
Décidément, la météo ne facilite pas les choses ! J'aurais voulu remonter samedi, après que les militaires ont fini leurs exercices, mais les prévisions ne sont pas de cet avis. De nouvelles dégradations sont attendues, avec orages, ô désespoir, ô vieillesse... Ca devrait commencer dès vendredi PM en région parisienne. Manque de bol, AIREX s'arrête à 12h00 UTC, ce qui pose un problème horaire. St Flour fait toutefois partie des terrains bénéficiant d'un hippodrome de percée. Il suffit de spiraler quelques minutes pour atteindre le niveau requis, supérieur à 5 000 ft QNH. De toute manière, voler plus bas dans le coin serait inconfortable avec un vent de sud installé à plus de 25 kts au FL65. Du coup, ça fausse un peu mes calculs. Je prévoyais un décollage à 11h30 pour croiser AVORD après l'heure tactique, mais là, ça risque de coincer un brin. On verra bien en route, j'ai des possibilités de déroutement sur Vichy ou Lapalisse au cas où.
Le contrôle de Clermont-Ferrand s'étonne de ma présence dans le ciel à cette heure et en ce lieu ; je l'assure avoir pris connaissance des NOTAM et précise être dans les clous depuis mon décollage jusqu'au cheminement local. En fait, j'ai contacté en E dans la TMA-4 pour "tâter le terrain". Bien m'en a pris, car outre qu'il approuve mon transit, le contrôleur m'annonce de bonnes choses : les exercices ont cessé plus tôt dans le coin, ce qui permet de voler dans les ZRT sous réserve d'être équipé transpondeur. Parti sur ma lancée, je vais poursuivre sur AVORD ; avec un peu de chance, les zoziaux kakis auront déjà rejoint le nid ? L'itinéraire choisi initialement depuis St Flour suit une course de chien : d'abord pour éviter des reliefs peu propices aux vaches, ensuite afin de rejoindre l'autoroute A75 qu'on suit aisément sur presque 140 kilomètres en cas de visibilité réduite. Les déroutements sont presque alignés : Brioude, Issoire, Clermont, Vichy, Moulins, Nevers, Cosnes, Aubigny, St Denis de l'Hotel... Le VOR de Nevers forme un point tournant idéal. C'est peut-être pour cela qu'il a été mis là ?
Bye-bye Clermont, la route se pousuit tranquillement dans le ronron du moteur. Seul le plafond très irrégulier pourrait poser problème. Mais pour l'heure, il se maintient. Comme toujours aimables, les contrôleurs d'AVORD semblent peinards. Confirmation de l'info précédente, bien que le créneau théorique ne soit pas fermé, on peut transiter dans la TMA et la CTR. Super cool, la fille qui m'a pris en charge me demande de tenir mon cap et ma hauteur durant quelques minutes, l'instant que passent trois jets en partance pour leur base dans l'est. J'en aperçois deux, au loin ; la séparation est assurée. Bien sûr, ils sont trop loin pour les shooter. La contrôleuse relaxe m'informe que les jets sont passés et qu'il reste un transporteur dans le secteur, mais hors trajectoire.
Les nuages s'épaississent dans le Loiret. Des cumulus chargés noircissent le plafond ; va pas falloir traîner dans le coin. Toujours bien visibles de loin, les centrales nucléaires de Belleville et de Gien offrent un alignement qui permet de bien se repérer. Je suis la Loire et l'enjambe comme souvent à Sully, pour le plaisir des yeux. Le fin du parcours sur la Beauce n'est plus qu'une formalité. Les orages n'ont finalement pas claqué, mais ça ne devrait va pas tarder.
Effectivement, à 19h15 la foudre frappe mon village en plein centre ; ordinateur, téléphone, télévision, biduloscopes... tout a grillé !


Clic-clac Kodak e
n passant Sully sur Loire.
Bilan
Réalisée sur plus d'une semaine, cette balade peut néanmoins être bouclée en un week-end, éventuellement prolongé. Dans ce cas, si on reprend la base d'une escapade aventureuse comme je les affectionne (camping), et en y allant à l'économie comme c'est nécessaire quand on roule pas sur l'or, le bilan financier reste assez raisonnable. Le tracé se résume à l'aller-retour Etampes-Montélimar (par le circuit de descente sans halte à Valence), agrémenté de quelques détours et d'une incontournable virée autour du mont Ventoux ; ainsi la balade totalise environ 1 320 km pour une durée de vol totale de 10 heures. Rapporté à la consommation d'un ULM ''ordinaire'', il faut compter environ 110 litres de carburant. Sont comptabilisés trois fois deux repas (pour un couple), un petit déjeuner (pour deux), quelques cafés, la visite du musée

carburant
143 euros
restaurants
82 euros
bar, musée, extras

30 euros

total (pour deux personnes)
255,00 euros

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Montélimar, centre ville ; une glace, un café, une clope et zou ! On rentre au terrain pour y passer la nuit.

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Coincé entre Ancône et la zone industrielle du Meyrol (Montélimar), l'aérodrome se repère de loin.

Tour de piste à l'ouest, en survol du Rhône ; vent traversier de la 02.

Des aéro-touriste de passage prennent la météo au club de l'ACPP

L'aéro-club de Montélimar est présidé par une femme : Paule-Maguy Lemaître.

Moquette au sol, locaux soigneusement organisés, personnel qualifié : DTA est une entreprise sérieuse reconnue comme telle.

Pendulaire, multi-axe, autogire, paramoteur... toutes les classes sont présentes et enseignées chez ULM Espace Aérien.

Le restaurant, côté terrasse ombragée.

La station service.

L'ACM possède un Maubussin 123 Corsaire de 1938 en parfait état de marche. Il ne reste pas plus de trois ou quatre exemplaires en état de vol en France de cet avion historique. Le club n'est pas hostile à l'idée de lâcher des pilotes extérieurs au club sur cet appareil

Bien à l'abri derrière le hangar, solidement arrimé à des gueuses, l'ULM peut ronquer tranquille. Nous en ferons autant sous la guitoune.
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Montélimar

De gueules au monde d'azur cintré d'argent bordé d'or et croisé du même




Aérodrome de Montélimar - Ancône
LFLQ
Type
Ouvert à la CAP : avions et ULM
Département
Drôme - 26
Latitude
44 39 49 N
Longitude
004 44 21 E
Altitude
241 ft - 9 hPa
Fréquence radio
auto-info 123,5
Piste
02/20 x 1200 m - herbe
02/20 x 200 m - herbe
Circuit d'aérodrome
à l'Ouest
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Infos
Aéroclubs
ADUSAMA
04 75 46 01 76
adusama@wanadoo.fr
ACPP
Aéro-club des Portes de Provence
04 75 46 01 76
www.acpp.net
acpp@voila.fr
Aéro-club de Montélimar
04 75 01 42 75
Professionnels
Réparations : ARA Atelier de Réparation Aéronautique
Tout entretien sur aéronefs de tourisme
04 75 01 00 84
ULM Espace Aérien
Centre de formation-réactualisation-contrôle des instructeurs ULM
Pendulaire, multiaxe, paramoteur, autogire, DNC, FH, équivalences
04 75 53 76 73
http://espace-aerien.com
leclere@espace-aerien.com
DTA
Constructeur d'ULM pendulaires
04 75 01 20 83
www.dta.fr
dta.ulm@wanadoo.fr
Restauration sur site
Restaurant Air Escale
04 75 01 83 40
Hangar

possible

Déplacement
taxi
Carburant
AVGAS 100 LL
(contacter l'ADUSAMA ou les clubs)
.





Notation
Difficulté circuit d'aérodrome
1/5
Restauration
5/5
Intérêt visite
5/5
Accueil club
5/5
Aéro-parking visiteurs

4/5

.





Drome


Coupé ondé, en 1 d'or au dauphin d'azur crêté, barbé, loré, peautré et oreillé de gueules, et en 2 d'azur à la fasce ondée d'argent.