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Edito octobre 2023
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Cachez cet objet volant télépiloté que je ne saurais voir

Pour faire adhérer à un dogme, convaincre d'acheter un objet, il convient de bien le présenter. L'emballer d'un ''narratif'' valorisant, le positiver... Bref, vendre le produit. Et pour bien vendre, il faut une bonne publicité.

L'outil verbal ou écrit est la rhétorique, qui est définie comme l'art de persuader, d'informer ou d'exprimer de manière efficace à travers le langage, en utilisant des techniques persuasives et des figures de style.

Il en va de même pour la servitude.

Pour qu'une contrainte soit acceptée, il faut l'habiller de sorte qu'elle soit considérée comme nécessaire et que sa cause soit incontournable. Mais si la cause n'est pas incontournable, alors il faut la dissimuler.

Dans ce cas, l'outil verbal ou écrit est une utilisation pervertie de la rhétorique, employée de manière manipulatrice, pour ne laisser apparaître qu'une partie de la vérité, pour biaiser la base de réflexion ou pour détourner l'attention.
C'est un commun utilisé en intervention publique, média, politique... Si Paul est turbulent, en répétant son prénom à chacune de ses bêtises, Paul sera stigmatisé car son patronyme sera irrémédiablement lié auxdites bêtises : Paul = bêtise.
La finesse sémantique permet de faire diversion. Paul a commis une bêtise. Cet enfant est turbulent. L'adolescent a fait une nouvelle bêtise. Ce jeune n'est pas sérieux...

Que retient-on de l'information ? Jeune, enfant, adolescent, Paul... Cela divise la charge par le nombre d'équivalences au patronyme de Paul. Même si une seule personne est caractérisée par ces équivalences : Paul.

La finesse sémantique, l'usage dévoyé de la rhétorique est l'apanage des politiciens, des journalistes (notamment encartés), et aussi de l'administration.

Car tout ce qui a pour mission d'informer utilise le langage, lequel repose sur la sémantique au plan technique (construction du langage, précision des termes...) et sur la rhétorique pour la transmission des idées. En théorie, la rhétorique n'a rien à foutre dans une information, laquelle se doit d'être neutre, non influencée, désintéressée, non partisane...
Et pourtant... Comme tous mes condisciples (cons partageant une même discipline), je reçois les informations du Service d'Information Aéronautique (SIA), lequel m'informe des suppléments aux publications d'information aéronautique (SUP AIP).

Et comme tout pilote modèle, je me fade les bulletins. Mais aucunement par nécessité ; seulement par curiosité. Et depuis quelques années, je m'étonne de l'étonnante variété de termes destinés à nommer des mêmes choses. En général, l'administration se montre moins prolixe dans la rédaction des notes : du genre sobre à tendance laconique.

Mais voyez plutôt la richesse des synonymes...
- aéronef sans équipage à bord,
- aéronef télépiloté sans équipage,
- aéronef autonome,
- aéronef d'état sans équipage à bord,
- aéronef civil sans équipage à bord,
- drones d'état,
- couloir expérimental dédié,
- transit de drones UIR,
et pour couronner la liste : drone RIGI.

Soit un total de parfois plus d'un SUP AIP sur deux en rapport avec des machins volants sans bonshommes à l'intérieur, mais seulement 10% des SUP AIP qui traitent de drones.

Perso, ça ne me plaît pas. Cela m'inquiète. Quand j'en faisais le sujet d'éditos moins d'une décennie plus tôt (décembre 2013 et septembre 2014), j'étais la risée, sujet de moquerie, de personnes très informées qui assuraient avec conviction que jamais un drone ne volera sur le territoire, qu'aucun colis ne sera transporté par des bidules autonomes, que nul appareil sans pilote n'opérera de mission en France.

Ben t'as raison mon couillon ! Les drones volent et volent tellement qu'une part substantielle des SUP AIP prévient les risques d'abordages par la voix d'un SIA très imaginatif sur l'emploi des termes.

Pourquoi une telle richesse de vocabulaire pour nommer les drones ?

A cause de Paul, pardi ! Vous savez, l'ado, le jeune, l'enfant... Celui qui porte beaucoup de noms pour qu'on oublie son identité.

Pareil. Le drone une fois, le drone deux fois, le drone trois fois lié à une ZRT ou une ZIT qui oblige les pilotes à contourner... la zone réglementée ou interdite. Mieux vaut que le drone porte plein de noms, qu'on oublie jusqu'à sa caractéristique dronesque pour devenir un appareil télépiloté machin ou le bidule du couloir expérimental dédié.

D'autant que l'analyse des SUP AIP (et des NOTAM) raconte une histoire plus corsée que le café italien qui tortille les cuillères. Quand une information aéro' cause d'une compétition de planeur, d'un meeting, voire d'une visite d'état ou d'exercices otaniens, la restriction de vol porte sur une journée, un week-end, voir une semaine à 10 jours max. Alors qu'en matière de drones, les restrictions portent sur des durées inhabituelles et possiblement reconductibles, ce qui transforme de T de temporaire en T de toujours (quelques exemples : 228/2023 -> 12/2024 - 227/2023 - > 10/2024 - 222/2023 -> 01/2025 - 221/2023 -> 10/2024 - 220/2023 - > 12/2024 - 214/2023 -> 05/2025 - 210/2023 -> 12/2024...).

Et cela, nous le savons tous, à l'instar des ZIT des centrales nucléaires.

C'est là qu'on en revient au langage et à ses éléments. Au lieu de dire clairement que l'intérêt commun commande que la zone entourant une centrale est interdite pour raison de sécurité et de nommer la zone en conséquence ZI, on finasse, on atermoie, on filandrouse... C'est temporaire, oui, mais pour longtemps, qu'on ne sait pas combien précisément, mais peut-être qu'un jour, si quand et pourquoi, alors comment mais... bon.

Alors qu'il ne vient à personne l'idée de contester la zone de protection d'une centrale.

Bah, c'est pareil avec les drones. Sauf qu'on est bien embêté pour ''traiter'' la pertinence d'intérêt du bien commun pour cette activité. Y'en a beaucoup. Y'en aura beaucoup plus bientôt. Et cela se généralisera sans doute. L'admettre, c'est également admettre en corollaire inexorable une extrême restriction pour l'aéronautique de loisir, possiblement de nouvelles règles et l'emport de matériels dédiés au repérage géospatial automatique des aéronefs.

Point qui est déjà innocemment abordé par de bons samaritains au motif sécuritaire fallacieux d'aider les pilotes à éviter les collisions en vol, mais sans préciser collisions avec QUOI ?

Il est évident que la cohabitation entre un ULM (entendez pendulaire, paramoteur...) et un drone est impensable. Le drone suit son chemin alors que la méduse en invente un nouveau à chaque seconde, avec un champ observationnel d'à peine un demi cercle trigo.

Il faudra donc signifier précisément aux artistes qui tracent d'inutiles arabesques, à quel moment l'espace leur sera prohibé.

Et ce n'est certainement pas en avançant masqué, en dissimulant l'inéluctable, que l'acceptation en sera plus aisée. Bien au contraire.

J'ai en tête que nous vivons une époque de profonds bouleversements, caractérisée par une multitude de paramètres qui contribuent à sa complexité. Mais si je dois ne retenir qu'un constat en rapport avec notre activité, alors c'est ''un clou chasse l'autre'' :
- pousser hors du ciel les ingérables papillons pour laisser les drones bosser,
- virer les aéronefs polluants au profit d'engins en apparence écologiques,
- qualifier de nuisance tout ce qui ne plaît pas à une collégialité revendiquée,
- rendre à la communauté les espaces aéronautiques privilégiés
et accessoirement, rester chez soi et commander sa bouffe chez uber-eat...

On utilise des termes vagues pour manipuler l'information, orienter l'opinion d'une manière qui ne reflète pas fidèlement la réalité, pour susciter une interprétation spéculative erronée. Cela s'apparente à une diffusion insincère, voire de la désinformation, ce qui a pour impact de dégrader la confiance.

La tricherie, la manipulation ou toute forme de tromperie peut s'exercer également au moyen de la noyade, en exposant l'auditoire à un catalogue de termes à la précision ciselée, qui n'apporte rien à l'information, mais la dissimule pendant que l'énergie du lecteur s'épuise à analyser son habillage. Ce n'est pas une pratique éthique.

Mais comme le soulignent nos dirigeants, jusqu'au plus haut niveau, nous sommes trop cons pour comprendre les choses simples ; alors mieux vaux nous tenir écartés de la réalité... c'est pour notre bien. Surtout ne pas réfléchir à l'impact des drones sur l'aéronautique de loisir. Taire la nécessité de reconnaître les changements inévitables, et la pertinence de traiter ouvertement les défis posés par leur émergence.

Alors, tels des bœufs, regardons évoluer les objets volants non habités... l'un d'entre-eux nous apportera peut-être une ration de nourriture, une paire de pompes, un jouet... ou une bombe.

Bons vols, les yeux grands ouverts pour pas taper un aéronef privé de pilote.

Miguel Horville

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