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Edito juin 2010
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Poule, oeuf et sophistication : la classe de plus, la classe de trop ?

La classe 6 des hélicoptères ULM est dans les tuyaux. La continuité d'un processus logique auquel rien ne devrait s'opposer en théorie. Notre fédération intègre la chose, la DGAC semble bienveillante et les bénéficiaires se réjouissent par avance. Pas moi, car je suis toujours soupçonneux quand un changement majeur se produit dans un univers dont la stabilité peut être remise en question à chaque instant. Or avec des constructeurs imprudents, des utilisateurs peu regardants et une administration supérieure (l'EASA) qui attend patiemment son heure, la pérennité de notre petit bonheur prend graduellement une allure de sursis.

Nos ULM actuels sont dits ''sophistiqués'' quand ils sont équipés de trains rentrants, d'hélice à pas variable en vol, ou de parachute. Concernant les deux premiers équipements, il semble logique de s'en préoccuper, vu qu'ils imposent une formation de pilotage spécifique. Pour le parachute, c'est moins clair...

Alors si un parachute est une sophistication pour l'administration, que représentent exactement un pas collectif, un rotor anti-couple ou un plateau cyclique ? La technologie d'un hélicoptère est complexe. En cela elle s'écarte de l'essence fondamentale de l'ULM.

Elle s'écarte également de la définition administrative telle que décrite dans l'instruction du 23 septembre 1998 (modifiée les 15/05/01 et 4/03/04).
Cette instruction précise que l'ULM est caractérisé par :
a) un principe simple de conception ;
b) une robustesse générale démontrée ;
c) une aptitude d'évolution moteur arrêté suffisante pour réaliser un atterrissage en campagne dans des conditions de sécurité satisfaisantes.
d) un pilotage facile qui ne demande pas de qualités exceptionnelles de la part du pilote ;
e) un entretien simple. Toutes les parties de l'ULM sont facilement accessibles et visibles. Cet entretien est normalement confié au propriétaire, qui peut faire appel au constructeur ou à un professionnel si cette opération dépasse sa compétence.

Déjà à ce stade, on voit qu'il ne va pas être simple de faire cohabiter la technique hélico avec le cadre légal.

Mais là ne s'arrêtent pas les difficultés. La formation... De la poule ou de l'oeuf, qui va former le premier instructeur ULM classe 6 ? Un instructeur hélico ? Pas possible ! Car il faudrait d'abord qu'il passe le brevet ULM. Et il ne peut le passer, en l'absence d'instructeur ULM classe 6. Oui mais... Et les autres classes, alors ? Au départ, il y avait l'équivalence des brevets. Y'a plus. Et puis tout s'est fait dans le flou et le brouillard de débuts marginaux d'une activité naissante. On pliait des tubes à deux balles et parfois une cheville, mais ça n'allait pas plus loin. Avec l'hélicoptère, les tubes coûtent plusieurs centaines de milliers d'euros ; ça va pas le faire pareil. Et personne ne pilotera un engin aussi coûteux sans permis ni assurance.

Un faux problème, puisque le propre de l'inventivité est de solutionner ce genre de casse-tête.

S'ensuit la formation. Admettons qu'un premier instructeur soit formé, accrédité et se lance dans l'instruction-business. La formation des élèves sera-t-elle la même que celle délivrée aux classes existantes ? Si oui, j'entends déjà le cliquetis des moiss-batt' ruinant leurs couteaux sur des débris métalliques. J'ai interrogé à ce sujet des spécialistes de l'activité et des cadres de la DGAC. Sous couvert d'anonymat, on me répond que la formation doit être spécifique. C'est là que les choses se gâtent. Pour qui a un peu de mémoire et le sens de l'observation, l'administration opère toujours de la même manière face à une nécessaire adaptation : elle rationalise (je revendique un humour sans borne !). Ainsi elle teste une règle et si elle la trouve jolie, elle la substitue à l'ancienne. Voyez en quoi s'est transformé le permis de conduire automobile ; des Bac+4 s'y fêlent les incisives. Soit alors, envisageons une formation spécifique pour la classe 6.
Quelle est la caractéristique de cette classe, au fait ?
Sa sophistication.
Qui d'autre est sophistiqué ?
Les porteurs de parachute...
Ah ! Intéressante bousculade au portillon de la logique des classes. Si l'ULM hélico est un ULM sophistiqué, il doit être considéré comme tout autre ULM sophistiqué. Sinon, on ne parle plus d'ULM. Et là je vois bien l'administration rationaliser l'affaire avec un brevet ''sophistiqué''. Et partant de là, élargir ce brevet à toutes les classes sans distinction de sophistication. Parce que le passé a démontré que l'administration agit toujours ainsi, ou presque toujours.

Là on a bien rigolé. Passons à présent au sujet d'une réelle inquiétude : l'Individu. Quel est l'apanage de l'hélicoptère, si ce n'est se poser au plus près du but à atteindre ? Connaissant assez bien la nature humaine, et un peu mieux quelques potes devenus très joueurs après leur passage à l'autogire, j'ai une idée assez claire de l'usage qui pourrait être fait des hélicos de classe 6. Le jardin du pote Nono transformé en héliport, les rives d'un lac tranquille en parking à moulinets... Des nuisances et des risques augmentés. EDF embauchera des équipes de décrocheurs d'ULM et les scientifiques inventeront le tympan adaptable en kit. Peut-être est-ce là le remède anti-chômage que cherchent sans plus y croire nos gouvernants.

La classe 6, il la faut... peut-être. Mais elle doit s'intégrer au paysage ULM actuel. Elle doit s'adapter afin que l'ULM ne s'adapte pas à elle. Pour cette classe plus que pour tout autre, la fédération et l'administration doivent être vigilantes. Si elle dérive au plan technique ou si elle induit des comportements anticonformistes, elle sera le levier d'un système qui veut nous rationaliser et source de regrets pour tout le mouvement ULM.

Bons vols et prudence.

Miguel Horville

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OUI... MAIS...
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