logo ULMaG www.ulmtechnologie-shop.com
Edito avril 2020
134 articles .......... anciens éditos


vignette
Histoire d'un rêve qui se termine

Pourquoi nomme-t-on cauchemar un mauvais rêve, alors qu'il n'existe aucun substantif pour désigner un rêve agréable ?

Plusieurs semaines sont passées depuis le début du confinement sanitaire. Un emprisonnement qui sape les repères et change les gens.

Alors certains s'occupent à des trucs marrants, tournent des vidéos amusantes qu'ils partagent sur les réseaux, comme le défi FFPLUM.

Les pilotes trépignent dans l'attente de voler. Y'en a même un qui s'est réellement envolé, sans matériel, sans rien que son rêve, dans la 2e semaine du défi susmentionné. Cool...

D'autres, comme bibi, s'acharnent. Marre d'apercevoir la dérive du Super Guépard sous un ciel bleu profond par la fenêtre de mon bureau. Dépité, je plonge tête première dans mes écrans et programme des machins hyper chiants pour améliorer votre magazine.

Et parfois, des trucs surviennent... Comme la semaine passée.

Après une nuit précédente trop courte et un paquet d'heures à coder, maussade devant cette météo tentatrice, je m'abandonne un moment à la rêverie... puis à la sieste, le front sur les pouces, en surplomb du clavier.

J'imagine que Jerry Thompson adoptait cette posture lorsqu'il songeait au bouton de rose de Charles Foster Kane. Je le vois, sur sa Remington bakélite, puant le tabac froid, dans la pâleur jaunâtre d'une Cooper Hewitt à vapeur de mercure.

Puis Jerry s'estompe. Une brume légère envahit la plaine dans le couchant. Les ombres d'éoliennes dévorent des kilomètres de champs et avalent les hameaux de Beauce. Le moteur tourne rond, tellement lentement, en silence.

Je décide d'atterrir sur une piste étrange tapissée de gaufrettes qu'un contrôleur ironique me prie de ne pas écraser... J'entame avec lui un débat sur l'art subversif, qu'il poursuit sur la subversivité étendue aux opinions et à l'humour.

J'ai lu des trucs sur le sujet. Certains subversifs jugent l'autorité avec sévérité. Ils propagent ça et là des choses terribles, des trames complotistes, de la malveillance, de l'enrichissement, des crimes...

En fait, les subversifs ne m'inspirent pas. Ils me dépriment. Perso, je suis objectif, ce qui ne rend pas forcément plus joyeux, d'ailleurs.

Courte finale... Je procède au mieux sans toutefois sauver les biscuits, et me retrouve vautré dans le canapé, devant la télé. Nous sommes en mai 2017. Il caille un brin. Au poste, le chef de l'état fraîchement démoulé explique que le peuple peut avoir confiance en lui et en son gouvernement.

J'enregistre l'info mais reste objectif : wait and see...

La séquence semble s'emballer, de plus en plus vite. J'aperçois des images nombreuses, colorées, des milliers, des éclats, de la lumière, des personnes, des objets, du jaune, du bleu, du rouge, du noir, une avalanche d'informations qui me fait perdre pied. Le sol s'ouvre et le canapé chute dans le néant. Je n'ai pas peur, ni mal, ne perçois aucune sensation, pas même le mouvement de l'air.

Je cligne les paupières et retrouve une position usuelle, la même qu'avant la chute, en fait... Même endroit, mais des petites choses ont changé. Des détails. Un journal sur la table basse, que je ne connais pas. Une odeur légère, comme annonciatrice de printemps. Et la téloche diffuse.

Nous sommes en 2020 et le chef d'état déclare la guerre à un ennemi invisible.
Quand le taulier dit qu'on est en guerre, il n'est pas subversif de comprendre, qu'on est en guerre.
C'est même parfaitement objectif.

Le film accélère de nouveau, mais cette fois sans chute, sans fureur... Juste un bref saut dans le futur.

Je contemple une mégapole déserte depuis la terrasse d'un building. Quelques rares véhicules glissent sur les chaussées luisantes. Une sirène se déplace au loin, dans le silence immatériel de cette ville vidée de son humanité.

Le ciel est pur : pas un nuage, pas un avion, pas un oiseau, pas de vent, pas d'odeur, pas une vie.

Je tiens un journal. Bizarre ; je déteste le contact du papier mat de presse. A la UNE, il est écrit sur 5 colonnes que le président Macron (celui qui mandait la confiance) et son gouvernement nous mentent et nous trahissent. Pas une sémantique bancale : une histoire de masques, prouvée, démontrée, avouée : en un mot objective !

Derrière moi j'entends des cliquetis...

Ce son résonne comme une évidence : en temps de guerre, un homme qui ment et qui trahit le peuple reçoit 12 balles en solde de tout compte. Je tiens le journal bien haut pour que le peloton reprenne la typo.

Détonations, fumée... La feuille de presse est recomposée. J'y lis que le président est présentement décédé et le restera, a priori, définitivement. L'autorité qui, dans son ensemble, a suivi en ordre d'en marche le traitre-menteur ramasse également le plomb qui lui est dû.

C'est juste une information, qui ne me rend ni joyeux, ni triste, pas inquiet non plus. Je dois seulement réfléchir à la situation et descendre de ce gratte-ciel pour retrouver ma vie sans doute très éloignée de ce paysage urbain post-normal.

La descente est effarante à travers un labyrinthe tridimensionnel, mêlant pentes, escaliers, ascenseurs et couloirs. Je cours pour échapper au bâtiment qui semble sans fin. Le journal m'échappe. Quand je le ramasse, la UNE s'efface remplacée par ces trois seuls mots en gros caractères : Ton destin est...

Je suis dehors maintenant. Plus de ville, plus de béton. Je suis près du hangar, assis sur un tas de bûches. J'ai perdu le journal. Seulement retenu le message.

Des grailles tournoient entre les arbres, pour la reproduction. Leur croassement réveille la campagne silencieuse. Ma chienne traque un mulot. Nul moteur ne trouble l'instant.

Je dois décider ce qu'est mon destin. Mieux, je dois dessiner mon destin.

Débarrassé de salopards vendus à un ennemi invisible, je dois rétablir le fil d'une histoire biaisée. Les menteurs ayant menti, je pense que leurs décisions étaient contraires à l'intérêt commun, du moins au mien.

Donc l'emprisonnement collectif est injustifié. Dès lors, je déchire l'ausweiss et piétine toutes les interdictions imaginées depuis mars pour me ''sauver la vie''.

Comme je ne suis pas idiot, je me protège le groin et sort mon cher aéronef confiné de sa torpeur.

Et je vole, vole... Jusqu'à croiser la route d'un hélico bleu qui me ramène autoritairement au sol.

Les képis péremptoires me rançonnent.

- Mais enfin, m'sieur l'argent ; vous ne lisez pas les journaux ? Le château s'est écroulé. Les interdits ont sauté !
- Veux pas l'savoir... On m'a dit de verbaliser, je verbalise...
- On vous a également ordonné de retirer votre masque, vous mettant en péril ! Votre hiérarchie s'est moquée de vous... Cela ne vous interpelle pas ?
- Signez-là. Si vous ne payez pas dans le délai l'amende sera majorée. Votre aéronef est immobilisé. Vous serez convoqué au tribunal...
- C'est pas possible ça ; j'ai l'impression de vivre un cauchemar !

Quel mot pourrait qualifier un rêve qui commence agréablement et qui se termine mal ?

La vie...

Comme dit Gilou, philosophe-diéséliste et psycho-chaudronnier : déconfit ne ment que lorsque des cons finement abusés l'écoutent.

Bon emprisonnement, faites de beaux rêves... ceux qui disent savoir veillent sur nous.

Miguel Horville

ANCIENS EDITOS
Vivre riche, sans modération
mai 2020
Histoire d'un rêve qui se termine
avril 2020
Le virus qui rend tout fou
mars 2020
Ceux dont la vie vaut plus
février 2020
Les bonnes résolutions
janvier 2020
Les pendul' à l'heure
décembre 2019
Pour qui roule la fédé' ?
novembre 2019
Qualif' radio : le début du renoncement
octobre 2019
ULMaG : le renouveau magazine
septembre 2019
De qui se moque-t-on ?
août 2019
Les spécialistes
juillet 2019
Le respect des hôtes, des autres
juin 2019
Métastases cherchent naïfs pour proliférer
mai 2019
Les nouveaux ULM...
avril 2019
Vend liberté : mise à un prix 300 000 euros !
mars 2019
Remplir les cases
février 2019
Générations éphémères
janvier 2019
Est-il urgent d'attendre ?
décembre 2018
Aérodrome avec supplément d'âme
novembre 2018
Promotions à débattre
octobre 2018
Victimes or not victimes ?
septembre 2018
La foire aux accessoires
août 2018


Esprit ULM... es-tu là ?
L'idée d'une réforme de la formation ULM revient régulièrement sur le tapis. C'est tantôt la pratique qui est visée, tantôt la théorie, sans oublier les méthodes d'apprentissage et la formation des instructeurs. Les idées ne manquent pas. Les bonnes, comme les moins bonnes. Chacun apportant à...

Entre peu et pas, un état d'esprit
juin 2018
Espace Schengen, my ass...
mai 2018
Entêtement irresponsable
avril 2018
Du carburant frais pour voler ''safe''
mars 2018
Universalité ; diversité ; francophonie...
février 2018
ULM : aéronef sémantiquement indésirable
janvier 2018
Ce contexte qui brise le rêve ?
décembre 2017
Parler patois pas parler à toi ?
novembre 2017
From rustic to high-tech
octobre 2017
S'élever, se régaler, se déplacer...
septembre 2017
De l'impuissance à l'imposture
août 2017
Baliser entre les cônes
juillet 2017
ULM : le bal des hypocrites
juin 2017
Les marquis du narquois vous em... brassent
mai 2017
500 kg : et après ?
avril 2017
Il est si facile d'interdire
mars 2017
A quand les ZIP ?
février 2017
Spécialistes en herbe
janvier 2017
Légèreté
décembre 2016
Comprenez si vous pouvez
novembre 2016
Le ciel a bon dos
octobre 2016
Salon de Blois : les limites
septembre 2016
Les euro-cocus du 8.33
août 2016
Concepteurs amateurs
juillet 2016
Ce chien... un humain comme les autres
juin 2016
Fumisterie électrique
mai 2016
De l'économie au foutage de gueule
avril 2016
Ça va chier !
mars 2016
Presbyte cherche gros caractères
février 2016
Et après?
janvier 2016
Le prix du baril d'a-brut-i...
décembre 2015
Vol de nuit : le bal des hiboux
novembre 2015
Et si la sophistication tuait ?
octobre 2015
Victimes consentantes
septembre 2015
Le sentir... ou pas
août 2015
La saison des gamelles
juillet 2015
Qui osera ?
juin 2015
Un système qui nous échappe
mai 2015
Multicopters : vers une 7e classe ULM ?
avril 2015
Le cinquième élément : celui de trop
mars 2015
Vigipirate : entre psychose et laisser-aller
février 2015
Dans le brouillard de la schizophrénie
janvier 2015
Une furieuse envie de voler !
décembre 2014
Marques sulfureuses... attention patates chaudes !
novembre 2014
Ceux dont la vie vaut moins...
octobre 2014
Drones : la messe est dite
septembre 2014
Attention aux bagages
août 2014
Dieu ne connaît pas ma soeur !
juillet 2014
L'ultime décision ; question de choix
juin 2014
Le beurre, l'argent du beurre et le reste on s'en fout
mai 2014
Volez! : la fin d'une histoire
avril 2014
Nous irons tous au paradigme*
mars 2014
Histoire belge
février 2014
Transfert d'incompétence : le Noël des voyous
janvier 2014
Drones à toutes les sauces
décembre 2013
Sophistication simplifiée
novembre 2013
Histoires de discrimination
octobre 2013
Un cône, ça se respecte ou ça se fume
septembre 2013
Dommages collatéraux
août 2013
Voler n'est pas un caprice
juillet 2013
Profiter c'est bien : mériter c'est mieux
juin 2013
Rencontres avec des martiens
avril 2013
Les pommes tombent des arbres... Les bananes s'y accrochent !
mars 2013
La méritocratie des branleurs ; comment accélérer le déclin
février 2013
Occasion : qu'est-ce qui cloche au pays des ulmistes ?
janvier 2013
Problèmes d'entoilage X-Air : lumière en vue
décembre 2012
Total Access ou l'étonnant paradoxe d'un vampire au sourire d'ange
novembre 2012
Une tablet'... à tous prix !
octobre 2012
Sainte Sarah is watching you*
septembre 2012
Intérêts... Désintérêt ? Connivence ou naïveté ?
août 2012
Conflit de probité ou incompétence... le danger guette
juillet 2012
J'ai tombé, je m'ai fait mal, je m'ai relevé... ou pas
juin 2012
En mai, fais ce qu'il te plaît...
mai 2012
Le bruit flou de l'administration
avril 2012
Rotax 912 iS : une innovation qui se mérite
mars 2012
Ne sombrons pas dans la vulgarité
février 2012
Et quoi d'autre pour 2012 ?
janvier 2012
Voler, c'est voler
décembre 2011
Les limites ont été atteintes... et dépassées !
novembre 2011
Blades...
octobre 2011
Les femmes, mères de tous les maux
septembre 2011
Le Tour ULM : une belle vitrine pour l'aéronautique
août 2011
Fausse-bonne idée cherche gogos... pour allonger l'oseille
juillet 2011
Du choix des mots et des propos
juin 2011
Basses couches en vert kaki
mai 2011
Ce facteur qui sonne toujours ... le glas
avril 2011
OUI... MAIS...
mars 2011
Des vautours planent sur nos ULM
février 2011
Restons éveillés
janvier 2011
Faisons un rêve
décembre 2010
Attention à la tâche d'huile...
novembre 2010
Mon royaume pour un bidon
octobre 2010
Genèse d'une Loi liberticide
septembre 2010
Aime le ciel, et le ciel t'aimera... peut-être
août 2010
Voler en Belgique... ou rouler
juillet 2010
Poule, oeuf et sophistication : la classe de plus, la classe de trop ?
juin 2010
Sous couvert d'anonymat
mai 2010
Taxe carbone : carbonisée
avril 2010
L'union fait notre force, notre salut
mars 2010
Le désespoir de ceux qui restent
février 2010
Bug de l'An 2000 : une simple répétition ?
janvier 2010
Migration : coucous désorientés
décembre 2009
La Chine s'éveille ; le monde s'endort
novembre 2009
Une crise... quelle crise ?
octobre 2009
Un parachute par amour, ou par respect
septembre 2009
Quand les pilotes dérapent...
août 2009
Quand les médias dérapent !
juillet 2009
A moi le ciel électronique !
juin 2009
A la gravité s'ajoute la connerie !
mai 2009
Etrange réglementation...
avril 2009
Inauguration
mars 2009

Webmaster : Fabrice Gay & MH - Rédacteur : Miguel Horville - ULMaG ©2008-2020
















page générée en 0,07 sec.