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Edito septembre 2011
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Les femmes, mères de tous les maux

Suite à l'accident dont a été victime un pilote instructeur pendulaire lors du Tour ULM, j'ai lu des propos très choquants, dans la presse et également dans les réactions aux actus de ULMaG. Ainsi, à lire ces brûlots, l'ULM est un loisir tellement risqué qu'il nous faut une équipe médicale pour accomplir un simple atterrissage ? Et bien chantons cela aux politiques qui s'empresseront de rendre notre activité moins dangereuse par un clouage au sol dans les règles, comme ils savent si bien le faire quand l'ébauche d'un risque létal se profil sur l'horizon de leur réélection. J'ai lu par ailleurs que la FFPLUM ne fait pas son boulot, taxée d'amateurisme !


Il y a deux visions de la chose.


Le point de vue organisationnel, qui me paraît inattaquable. La fédération se barde d'assurances, se dote d'outils et de personnes qualifiées pour délivrer des bulletins météo précis et fiables, livre un carburant de qualité avec un dispositif anti-contamination. Les mécanos interviennent de façon sérieuse et parfois devancent les demandes des pilotes. Nourriture, hygiène... Rien n'est laissé au hasard. Une caravane coûtant bonbon aux équipages, mais qui se montre à la hauteur du défi annuel. Ajoutons à cela l'aide des clubs locaux qui subviennent aux éventuels besoins imprévus. Je ne vois aucun amateurisme ici.

Le point de vue humain attire davantage mon attention. Une organisation, aussi bien rodée soit-elle, n'a pas prise sur le ''facteur humain'', ni sur les compétences individuelles des participants. J'entends par compétences, l'expérience en conditions ''de terrain'' ; in situ. Si, le Tour ULM est l'occasion pour certains pilotes ''timides'' d'acquérir de l'expérience, il ne faut pas perdre de vue le risque que la stimulation se transforme en incitation. En effet, voir une machine identique à la sienne décoller donne l'envie et l'impression que cela est réalisable pour soi. C'est faux. Ce qui fait voler un aéronef, avant ses ailes, c'est le pilote, avec ses capacités et son acquis. Or certaines conditions météo ne sont pas du niveau de tous. L'année durant, ces pilotes choisissent de ne voler que par temps calme, ce qui est fort respectable. Après tout, on n'est pas là-haut pour se faire bringuebaler. Alors évidemment, ces pilotes, lorsqu'ils sont entraînés dans une navigation collective qui doit progresser en dépit de météorologies inhabituelles, ceux-là courent plus de risque que des pilotes exercés. Sans parler de l'état de fatigue, physique, voire morale. L'organisation d'une épreuve comme le Tour ULM a peut-être la difficile mission d'insister d'avantage encore sur le fait que chaque équipage a le DEVOIR de ne pas décoller s'il ne le ''sent'' pas. Bien sûr, cela peut désorganiser joyeusement la mécanique de savoir que Pierre a deux étapes de retard, Paul en a quatre et que Jacques est coincé à l'étape de base. Mais bon... à l'instar d'une chaîne, la collectivité ne tient-elle pas que par son maillon le plus faible ?


Le couac interdit


En marge de l'action collective et de l'organisation, il y a les bons et les mauvais conseils. Ainsi m'a-t-il été donné d'entendre un membre d'encadrement du Tour répondre à un participant inquiet : ''le vent c'est dans la tête''. Heureusement que le pilote ne s'est pas planté. J'aurais personnellement exposé à ce phraseur que la mort n'est pas que dans la tête, contrairement aux baffes.


La sécurité absolue


Des propos se font entendre, ça et là, que des sauveteurs devraient être présents sur place pour accueillir les équipages. Bien sûr... et aussi une antenne psychologique, quelques dentistes (si, si, pour ceux qui claquent des dents), un ou deux masseurs-kiné et ajoutons un radiesthésiste, on ne sait jamais ça peut toujours servir, au moins à retrouver un trousseau de clés perdu. Et puis n'oublions pas une assistance sociale, la DASS pour ceux qui trouvent les sanitaires impropres à leur usage, un hôpital de brousse, une centrale électrique portative pour assurer le jus, un ré-émetteur pour les incontournables GSM et surtout, surtout... une armée d'avocats prêt à saisir le moindre bobo pour démonter le fion à un système qui n'attend que ça pour exploser. Allons-y ! C'est la foire aux belles conneries. Y'en aura pour tout le monde. Donc mettons une ambulance au seuil de piste. Mais si elle est garée sur l'aérodrome et qu'un ULM se fracasse en vent arrière, l'instant qu'elle arrive il sera trop tard et l'organisation sera encore rendue coupable. On peut donc mettre des ambulances sur tout le parcours : une tous les 50 mètres. Et aussi des bateaux de sauvetage sur chaque arpent de mer pour être sûr. Et aussi matelasser le sol de gros coussins gonflables qui amortiront les chocs. Mais ! Ces putains d'ambulances... A-t-on pensé qu'un ULM pourrait les percuter ? Et qui a pensé aux infirmiers ? N'auraient-ils pas le droit d'être secourus ? Pensez donc... Des heures d'attente, parfois au soleil, ça peut taper sur la caboche. On risque le malaise ! Allez hop ! On ne lésine pas. Une seconde équipe de secours viendrait en soutien de la première. Sait-on jamais. Et pour tout ce petit peuple, des conditions de vie décentes... avec psychologues, dentistes, masseurs, sans oublier le radiesthésiste (ben oui, pour les clés de l'ambulance !).

Bon... Avec tout ça on n'a pas envisagé l'éventualité d'apprendre à piloter aux pilotes... Non, ça n'intéresse personne. Tout le monde sait que les pilotes sont tous les meilleurs. Ne dit-on pas : ''c'était le meilleur d'entre-nous'', dégoulinant d'une hypocrisie gênée de ne pas dire simplement ''quel maladroit'', voire ''quel con !''. Revoir la formation des pilotes, insister sur le facteur humain ? Non ? Cela n'intéresse pas plus ? Dommage. Il me semble pourtant que c'est de ce côté qu'on devrait bosser. Et pas avec des propositions administratives débiles, à gratter du papier ou réviser des théories fumantes. Plutôt en maniant le manche ou le trapèze, avec des instructeurs EXPERIMENTES. Ceci est un autre débat qui fera grincer les chicots dans un prochain édito.

Et oui, bouger sa graisse expose à des risques. C'est un peu dans la nature des choses. Ceux qui ne comprennent pas cela ; ceux qui ne l'acceptent pas doivent urgemment rester au lit avec maman pour sécuriser leur précieuse vie et laisser les autres remuer et claquer si le destin l'a décidé. Il ne suffit pas que les pouvoirs publics nous interdisent de vivre, donc de mourir ; il faut qu'une bande de passionnés du sauvetage viennent en rajouter une couche. Des adorateurs z'ailés de l'église Perrichon, en quelques sorte...

A tenir ces propos indignes de ceux qui ont défriché le ciel pour qu'on puisse à notre tour s'y éclater, à chercher des responsables à nos maladresses, on s'expose à ne plus rien faire.

Je persiste et signe : il n'y a finalement qu'un responsable à tous nos maux... plutôt une : notre maman. Je prétends qu'avec un bon avocat une telle cause est défendable. Vous voulez de la sécurité conne ? Débarrassons-nous des femmes, à commencer par les mères ; elles sont à l'origine de tous nos maux !

Bons vols, avec légèreté.

Miguel Horville

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