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Edito octobre 2015
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Et si la sophistication tuait ?

Il n'aura échappé à personne que l'accidentologie ULM en 2015 est en passe de figurer au palmarès des plus mortifères de la décennie.

On cherche des causes, on incrimine, on statue, on responsabilise, on pointe, on vise... La formation... le carburant... la chaleur...

Une vision globale de cette hécatombe me conduit à deux dénominateurs communs pour le moins inattendus : la sophistication des aéronefs incriminés et l'expérience de leur pilote.

Alors qu'on s'attendrait logiquement à voir chuter des novices aux commandes de chiffons volants, ce n'est pas ce qui transparaît dans les faits. Au contraire.

D'anciens pilotes de chasse, des instructeurs, des chevronnés, des habitués, dans de forts coûteux autogires, de rapides multiaxes...

Qu'en penser ?

Prenant l'équation à l'envers, j'en déduirais volontiers que les chiffons lents tuent moins que les balles traçantes.

Dans un sens, la logique peut expliquer cela ; on ne vole pas par tous les temps avec les ULM basiques. On ne s'éloigne pas beaucoup non plus. Une panne moteur est attendue, presque prévue. L'absence de finesse fait que ces machines se posent ''sous leurs roues'' après une manoeuvre assez simple.

Alors que gérer une panne mécanique sur un bouzingue à la finesse de planeur requiert, outre un bon niveau de pilotage, un soupçon de chance. Surtout sur une surface non préparée et non prédestinée.

On les connaît, les pistophages, ces ULM qui mangent de la piste à l'atterro. Ces ULM et ces pilotes, dont nous faisons tous plus ou moins partie, exception faite de très bons, qui posent régulièrement leur trapanelle en quelques mètres.

J'insiste sur le terme ''régulièrement''. Car il y a aussi ceux qui parviennent, parfois, à loger sur un mouchoir, et qui ratent épisodiquement des atterrissages faciles. Je pense à un copain qui se débrouille plutôt bien aux épreuves de précision, qui se pose dans des endroits merdiques, et qui un jour, on ne sait trop pourquoi, arrache ses trains sur une piste ''ordinairement courte''...

Quand je lui demande ce qui a contribué à cette salade de tubes, il répond que l'inattention, la fatigue, certaines conditions... sont en cause. Mais, honnête jusqu'au bout de sa réflexion, il admet avoir déconné.

Alors parfois, la déconnade se solde par quelques soudures. Parfois par une facture salée. Et parfois par l'arrêt prématuré d'une existence.

Sans aller jusqu'à affirmer que les pilotes de chiffons sont immortels, je pense qu'à niveau de pilotage égal, on se sort mieux d'une galère avec un ULM basique, lent et peu performant.

D'où un légitime et objectif retour sur le passé. L'époque où la réglementation limitait les ULM à une charge alaire insignifiante, où les performances étaient risibles, où le rayon d'action était limité, où la traînée permettait d'interrompre le vol à tout moment, y compris pendant le run de décollage. Les vieux Cosmos, les Weed', les Maestro faisaient ça très bien.

L'époque où les ULM étaient aussi Ultra Lents que Ultra Légers.

Toujours en proie à une dichotomique dualité personnelle, entre l'honnête prudent qui réfléchit au sens des choses, et le tout aussi honnête actif qui vit sa vie, je ne prône aucunement un retour aux sources, ni une sur-réglementation qui ne réglerait rien (l'accidentologie LSA ou CDN est pareillement impactée par les drames). Je constate seulement que des balbutiements chiffonnesques aux merveilleux petits avions actuels, l'évolution a beaucoup concerné les performances, l'autonomie et le confort. Ce qui est louable. Mais en ce qui concerne la sécurité, on n'a pas avancé... On a peut-être même reculé.

Objectivement et sans avancer une science de super pilote que je ne suis pas, caler le moteur d'un Weedhopper ou d'un Quicksilver me fait juste marrer. Faire cela à bord d'une fusée comme le récent Blackwing me collerait le trouillomètre sous la ligne de flottaison.

Car quand les vitesses maxi, de croisière et de décrochage se tiennent dans un mouchoir, bizarrement, je considère la panne moteur comme ''événement ordinaire'' du vol.

Nous voilà bien avancés... D'un côté le passé, rassurant, mais un peu tarte ; de l'autre l'avenir, instable, mais excitant.

Et si le défi nous appartenait ? Si la demande du marché s'orientait vers des ULM encore plus performants, notamment en termes de basses vitesses ? Je ne connais pas de difficulté que la technologie ne parvient pas à surmonter. Les ingénieurs deviennent féconds dès lors qu'on les accule. Tant que la demande n'est pas étouffante, ils restent en roue-libre. Mais quand on les y force, ils deviennent géniaux...

Je m'en réfère à la technologie des motos. Des réglementations successives ont annoncé la mort des machines sportives (normes environnementales, pollution, bruit...). Et pourtant, aujourd'hui, n'importe quel gros cube crache 200 chevaux dans un silence remarquable. C'était pourtant IMPOSSIBLE, de l'avis de tous, 20 ans en arrière.

Donc j'y crois. Mais à cela une condition : que la demande soit exprimée et imposée. Que les acheteurs soient plus difficiles au moment de signer. Car n'en doutons pas : un simple stylo grattant une formule de chèque propulsera la création plus surement qu'un texte législatif (qu'on contourne souvent avec aisance, quitte à se faire gauler plus tard, méthode VW).

Disons que 65 km/h ne nous suffisent plus. Exigeons 50 km/h, en attendant d'en imposer 40 ! Des milliards de petites cellules grises se mettront aussitôt en marche, contribuant ainsi au réchauffement climatique sous les cheveux, ce qui reste un dommage collatéral acceptable.

Réclamons aussi des destructeurs de finesse pour freiner nos ULM ; les planeurs en ont bien...

C'est à nous, consommateurs, qu'il appartient de dessiner nos futurs ULM. On n'a pas à se faire imposer leur design et leurs ''mauvaises'' manières de voler par des ''marchands''. Les constructeurs ne sont aucunement propriétaires de nos envies, encore moins de nos besoins. Arrivé à maturité, le monde de l'automobile a montré comment le public impose son dictat ; prenons-en de la graine.

En parallèle, on expliquera aux gens qu'ils ne savent pas piloter et qu'il convient d'apprendre à le faire correctement. On pourrait d'ailleurs commencer cela tout de suite...

Car comme le dit Gilou, philosophe-diéséliste, le meilleur gant du monde ne rendra jamais sa main au manchot.

Bons vols, avec prudence.

Miguel Horville

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