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Edito octobre 2017
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From rustic to high-tech

Quiconque observe attentivement un avion de loisir s'aperçoit du conventionnalisme des technologies employées. Encore que le terme de passéisme soit peut-être mieux approprié.

Ces blocs moteurs ancestraux, peu performants et énergivores dénotent dans le monde d'aujourd'hui où la moindre de nos bagnoles se montre à la fois plus performante et tellement plus économique.

Ces designs surannés à l'aérodynamique douteuse, ces matériaux dépassés...

Alors on se plaît à critiquer, à entrevoir des solutions plus modernes, à ''remédier'' en pensée à cette indigence technique mêlée de rusticité mécanique.

Mais rien n'évolue... Entre résistances idéologiques et certifications prohibitives, si les tentations sont avouées, les tentatives sont ravalées.

Parallèlement, on constate la lente agonie de l'aviation de loisir et l'épanouissement de l'aviation ultra-légère, notamment des multiaxes haut de gamme.

Et en effet, alors que les premiers ploient sous la désuétude ; les seconds jouissent d'innovations en tous domaines, qui les rendent à la fois performants et économiques à l'usage.

Ne nous étonnons pas dès lors du transfert de population, qui délaisse les contingences absurdes au profit d'un accès au vol facile et sans contrainte.

Ce faisant, cette nouvelle clientèle ULM importe les singularités relatives à ses habitudes.

A commencer par les performances qu'on veut élevées. L'ULM substitué à l'avion doit se montrer à la hauteur de ses nouvelles ambitions, du moins à la hauteur des espoirs qu'on fonde en lui.

Puis l'équipement. Quand on a l'habitude d'être face à un mur d'aiguilles, comment accepter que cinq minables pendules suffisent à driver la bête ? Alors on remplit la planche de bidules jusqu'à s'apercevoir que tout cela pèse lourd et n'a pas le panache de grands et beaux écrans, tels qu'on n'en rencontrait auparavant que dans les salons rupins, surplombant un magnétoscope.

Puis les constructeurs inféodés au diktat de cette demande exigeante ont réalisé que ce fatras électronique consomme du jus. Ajouté à d'autres équipements, loupiotes en tous genres, vérins, pompes, gestion moteur, injection... la facture électrique est telle que les pauvres générateurs s'époumonent.

Alors dans leur infinie candeur, les constructeurs ont réfléchi et ont trouvé des solutions : batteries spécifiques ; ordinateur de gestion de la consommation ; second générateur...

Au lieu d'intimer aux clients si difficiles de retourner à l'aéronautique certifiée, ils ont transformé les ULM en avions. Du coup, ces derniers n'ont plus d'ULM qu'un lointain souvenir de parenté. Leur masse est systématiquement hors des clous et ces pôvres constructeurs anéantis par la mauvaise tournure des événements se penchent sur la réglementation pour la faire cadrer avec leurs choix techniques.

Choix techniques qui, ce faisant, s'accompagnent de pannes nouvelles, comme on n'en rencontrait pas, jusqu'alors, dans l'aéronautique. Des ordinateurs qui bégayent ; des régulateurs qui dérégulent ; des vérins qui dérivent ; des pompes qui pataugent...

Alors vient l'heure de l'âpre constat : si les avions de clubs devenaient trop rustiques pour le monde d'aujourd'hui, les ULM actuels ne s'engagent-ils pas dans une voie technologique trop pointue pour une ''simple'' aéronautique de loisir ?

Avant, quand je montais dans un cockpit je m'informais des particularités de vol de l'engin ou de la position de deux ou trois bidules. Puis gaz et vroum.

Maintenant, je dois m'infuser l'apprentissage de méthodes, la lecture d'une notice d'utilisation des écrans, discerner les données écrites en petits caractères sous des glaces soi-disant anti-reflets. Seulement après, et après avoir bidouillé des machins à l'utilité relativement létale, je suis autorisé à ''procéder'' à gaz-et-vroum.

- Il est où l'ULM ?
- Bah... t'es assis dedans !
- Ah bon ; je croyais être dans une navette spéciale pilotée par un NASE avec l'aide du Dr. PA.RG.PV.
- Et c'est quoi cette sirène qui me tue un tympan ?
- Bah... l'avertisseur de trains, de décrochage, de niveau bas, de panne, de réinitialisation système (qu'on écrit system pour faire genre)...
- Dites : y'en a pas une pour me dire que je vole, par hasard ?
- Bah non... car on ne vole pas encore !
- You know what, friend (tu sais quoi, l'ami) ? : tu vas garder ta sonnette à 150 KE. Ma pomme et mon envie de voler allons trouver un zinzin à 5 aiguilles qui fait gaz et vroum sans me ruiner les feuilles en alertes inutiles.
- Allez... bye, guy (salut, gars).

Ah oui... j'oubliais de préciser : quand on entre dans le high-tech, il faut changer de langue... Le high-tech ne cause pas aux français ordinaires. Ne cause qu'aux français qui causent la langue noble du high-tech : le glichon.

A pinces sur le tarmac, là où manoeuvrent des trucs à réaction, des autobus volants, des cargos à rampes, et cet ULM alarmant, je cherche dans mes souvenirs les bases de l'Annexe II si chère à notre fédération et à ceux qui adhèrent à l'esprit ULM.

Et keksadi ?

L’ULM est caractérisé par :
1 - Un principe simple de conception.
2 - Une robustesse générale démontrée.
3 - Une aptitude d’évolution moteur arrêté suffisante pour réaliser un atterrissage en campagne dans des conditions de sécurité satisfaisantes.
4 - Un pilotage facile qui ne demande pas de qualités exceptionnelles de la part du pilote.
5 - Un entretien simple... normalement confié au détenteur de la carte d’identification... La conception doit retenir en priorité des solutions simples qui ont déjà fait, si possible, leurs preuves en utilisation... Dans le cas d’un ULM sophistiqué employant des techniques nouvelles, inhabituelles ou non conformes aux caractéristiques générales de conception des ULM, le ministre chargé de l’aviation civile peut imposer des conditions techniques spéciales de conception !

Et ouais... Fallait juste recadrer les choses. C'est fait.

Pour rappel, plusieurs constructeurs français proposent des ULM reconnus pour leurs bonnes performances et surtout leurs qualités de vol en phases critiques. Bizarrement ces mêmes constructeurs refusent toute compromission et n'hésitent pas à envoyer ch... les clients exigeants. Il est là, le vrai courage d'un commerçant.
Elle est là, la vraie responsabilité.

Comme dit Gilou, philosophe-diéséliste : à vélo, on peut casser la chaîne ; à moto, on peut casser la chaîne, et le moteur ; il en résulte que le perfectionnement multiplie les chances de terminer à pied.


Bons vols, avec légèreté.

Miguel Horville

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