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Edito décembre 2017
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Ce contexte qui brise le rêve ?

Quelle est la plus vigoureuse de ces voitures : Hummer H1 ou Renault 4L ?
Je réponds sans hésiter :
- Lequel de ces véhicules est plus large qu'une place de parking, communément comprise entre 2,30 et 2,50 m ?
La Hummer ne pouvant se dégager de son stationnement, elle est déclarée forfait. En conséquence la Renault 4L est la plus vigoureuse.

Quelle est la plus rapide de ces voitures : Ferrari Aperta ou Citroën 2CV ?
Je réponds sans hésiter :
- Lequel de ces véhicules va rester en bascule sur un gendarme couché ?
La Ferrari étant coincée sur son dos d'âne, elle est déclarée forfait. En conséquence la Citroën 2CV est la plus rapide.

Tout n'est qu'une question de point de vue... Ainsi, quand on me demande quel est le meilleur ceci ou cela, j'ai toujours un peu de mal à répondre directement. Cela concerne également les ULM, les meilleurs et les pires, bien entendu.

Plus subtil maintenant...

Qu'est-ce qui distingue un bon dispositif d'un excellent dispositif ?
- Un bon dispositif fait bien la tâche qu'on lui alloue.
- Un excellent dispositif s'affranchit des conditions et du contexte dans lesquels il effectue bien cette tâche.


Transposition


Un pote me demande quel est le meilleur choix d'un ULM multiaxe polyvalent et performant, ailes basses, fabrication composite et carène profilée, neuf ou récent, dans un budget donné.
Je réponds sans hésiter :
- Cet ULM se posera-t-il sur la piste personnelle du demandeur ?
- Le copain envisage-t-il de perfectionner son pilotage ou reste-t-il sur ses acquis ?
En conséquence, nul appareil tel que décrit par les critères énumérés ne correspond à la recherche. Seuls quelques Savannah, 701 ou G1 répondent à l'équation (la piste du sieur est une révélation pour pilotes audacieux !).


Finassons un peu...


Le rêve fait appel à l'abstraction du concept de réalité : le contexte. Ainsi nos défunts nous rendent-ils visite, nos chiens nous causent en portugais, et des ogres à six têtes nous cavalent au train pendant qu'on s'enlise dans une mélasse mauve et gluante nommée glumauve. Mais tout se brouille au réveil. Ce bref instant qui fait passer du rêve à la réalité sème la confusion. Heureusement, ce moment est fugace ; re-heureusement, on connaît la musique et on ne s'épouvante pas de chaque réveil.

Ce moment nous le vivons également dans d'autres situations, beaucoup plus souvent et intensément qu'on ne le croit : notamment lorsqu'on se projette dans un loisir. Le loisir étant par définition positif, on en exclut les nuages et plus généralement les inconvénients contextuels. De fait, la piste du copain est un boulevard démesuré et le copain est un moustachu aux mille périples de brousse.

Sauf que... Nan ! On a encore un pied dans le rêve du loisir idéal. Dans la réalité, la vraie, la piste est nase, petite et mal foutue ; le pote n'a pas l'expérience pour y poser une aile basse rapide ; d'ailleurs peu de moustachus s'y risqueraient.

Alors que je vois très bien le copain, un chouïa entraîné, se poser avec un ''ailes hautes'' pré-cités. Un Trophy 2000 à la rigueur, un Land Africa sûrement, un Guépard ou un Type H...

L'ami revient à la charge... Ces ULM peuvent-il croiser à 200 km/h ?
Je réponds sans hésiter :
- Dans quel but ?
- Cette allure est-elle liée à un impératif horaire ?
- Le déplacement est-il prépondérant sur la manière de l'entreprendre ?
Quoi qu'il en soit, la réponse est non, même si certains le peuvent.

En fait, le désir d'objet est une conséquence d'idéalisation du rêve d'un projet. Otez le rêve du projet, il ne reste qu'une faisabilité potentielle, une possibilité. L'objet qui en découle a changé.
- soit on convoite l'objet et on fabrique le rêve coordonné,
- soit on fabrique le rêve et l'objet en devient un marqueur,
- soit on reste dans la réalité, et l'objet s'impose de lui-même, sans qu'on puisse en corriger l'esprit.

Est-il frustrant de constater qu'un rêve ''prétendument'' inaccessible est une réalité pour d'autres que soi, dans d'autres contextes ? Oui, sûrement. Comme il est un peu frustrant d'habiter une jolie maison quand d'autres demeurent dans un château ; comme il est un peu frustrant de contempler des choses sublimes quand les nôtres ne sont que belles... comme il est sans doute frustrant d'envier des choses quelconques quand on ne possède rien.

Cela s'appelle la vie, sa diversité, ses inégalités et sa réalité.

Ma petite grille hebdomadaire me frustre, quand je la jette au panier, après qu'un insignifiant a empoché la fortune qui m'était idéalement destinée. Alors même que je mérite ce succès au moins autant que cet inconnu... plus, sans doute !

C'est inégal, presque injuste. Mais c'est la réalité. Le rêve est là pour nous pousser, nous faire progresser, nous tenir éveillés. Il est un outil, un chemin, pas une finalité.

Choisir un ULM à travers le prisme déformant du rêve est une erreur. C'est le contexte qui doit décider. C'est lui qu'on doit modeler jusqu'à atteindre la certitude que le rêve entre dans les paramètres du choix.

Alors, plutôt que parler ULM, performances, design et masses avec le copain, je parle champ du voisin, clôtures et tronçonneuse. Car si sa piste est -en l'état- impropre à la conservation d'une espèce de pilote, des solutions existent peut-être pour la rendre moins infréquentable.

Seulement après, le germe d'une idée d'ULM ''idyllique'' deviendra légitime. Pour l'heure, seul l'ULM ''idéal'' (entendez adapté) est possible. Frustrant, non ?

Cette conversation, je l'ai eue mainte fois. Cette réflexion m'a souvent chatouillé entre les oreilles. Pas moins humain que les autres, je lutte parfois pour ne pas laisser le rêve envahir mes projets, et arrange parfois la réalité (en son contexte) afin de pouvoir y incorporer des bouts de rêves. Et là... quel boulot !

Comme dit Gilou, philosophe-diéséliste : le rêve est comme un film : nos émotions n'en perçoivent qu'une lumière sortie de son contexte.


Bons vols, avec légèreté.

Miguel Horville

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