logo ULMaG www.ulmtechnologie-shop.com
Edito novembre 2019
129 articles .......... anciens éditos


vignette
Pour qui roule la fédé' ?

Un nombre non négligeable de pilotes s'inquiète de la ''dérive'' du mouvement ULM. Au point de ''militer'' pour la sauvegarde de nos fondamentaux.

Dans cette optique, une réunion informelle s'est déroulée en octobre 2019 à l'initiative de l'association des Vieux Deb's, déplaçant une vingtaine de personnes, dont 2 représentants de la FFPLUM.

Dans les grandes lignes, sont contestés :
- la nouvelle réglementation mise en place par le duo DGAC-FFPLUM, qui entérine la sophistication et le poids des nouveaux ULM,
- le questionnaire de santé rendu récemment obligatoire par un décret de 2016 mis en application en 2018 (voir édito de mars 2019),
- le sentiment d'éloignement du bureau directeur de notre fédération face aux comités régionaux...

Personnellement, j'ajouterais le renoncement au combat, forme de soumission à l'autorité, de notre fédération (voir édito d'octobre 2019).

Le premier point concerne donc l'évolution technique des ULM, dont principalement la classe des p'tits avions qui se la pètent, mais aussi celle des hélicos et celle des autogires dans une moindre mesure.

Un long échange avec un acteur prépondérant de la classe 3, importateur d'ULM-avions haut de gamme, m'a permis de mesurer le décalage qui existe entre les fondamentaux soutenus par les moustachus de la première heure et la réalité d'un marché opportuniste en plein développement.

Cet acteur de bon sens explique que l'ULM aurait peut-être disparu aujourd'hui sans l'évolution technique et la modernisation du marché (toujours classe 3)...
Que le concept d'un rassemblement comme celui de Blois-Onzain aurait fait long feu...
Qu'un Festival International de l'Aviation légère lui est préférable pour dynamiser le marché et entretenir la synergie indispensable à son renouvellement et à sa pérennité...
Que l'ULM ''canal historique'' n'a rien perdu avec la nouvelle réglementation...
Que l'évolution réglementaire ne s'est pas faite à son détriment...
Qu'elle a juste permis d'ouvrir le marché à d'autres aéronefs, plus lourds, plus modernes, plus performants...
Qu'une règlementation qui élargit le champ des possibles sans pénaliser l'existant ne peut être qu'une évolution positive...

Une argumentation sans faille...
A un détail près : le profil des nouveaux ulmistes et leur rapport à l'aviation ultra légère.

En invitant, qu'écris-je... En courtisant les pilotes d'avion pour qu'ils profitent des avantages offerts par notre réglementation, la fédé' obnubilée par le volume de ses adhérents n'a pas anticipé les conséquences néfastes que cela entraînerait immanquablement. A moins que ce risque évident n'ait été sacrifié sur l'autel de la sainte adhésion.

Et ce risque... quel est-il ?

Malheureusement l'évolution de l'accidentologie. L'analyse des sinistres et le profil des pilotes impliqués, tendent à montrer un lien avec l'hybridation avion-ULM.

De plus, en balayant le dernier grain de sable qui coinçait le rouage des ULM-avion (la limite de masse), la fédé' a dopé ce marché, l'ouvrant pleinement et sans obstacle à des pilotes inadaptés (voire inaptes ?). D'où augmentation du risque.

Voilà le détail qui contrarie l'argumentation solide soutenue par les bénéficiaires de la nouvelle réglementation : l'accroissement du risque et l'apparition d'un nouveau risque.

Or l'analyse fine n'étant pas le fort de l'autorité, on retiendra une augmentation du risque ULM sans considération pour le profil ou la cause dudit risque.

Et donc contrairement à l'argument ci-dessus évoqué, l'ULM ''canal historique'' a tout à perdre, car rien ne le distingue administrativement de l'ULM moderne.

Après quoi la réponse technocratique à l'augmentation d'un risque est une recette connue : durcissement et coercition.

Reprenant le fil de l'échange ci-dessus mentionné, mon interlocuteur explique que l'ULM historique avait ses racines dans une forme de découverte et d'incertitude, en un temps où les manuels de vol spécifiaient que le moteur était susceptible de s'arrêter à tout moment... D'ajouter que le déclin de l'ULM historique réside aussi en cela.

Et là, on est au coeur du sujet : un pilote d'ULM sait depuis son premier briefing que le moteur va s'arrêter, d'où certaines précautions qu'il prend au cours de son vol. Le pilote d'avion converti à l'ULM, ou le pilote de nouvel ULM, paye 150 à 200 000 euros pour ne pas penser à ce type d'inconvénient. Manque de bol, ce type d'inconvénient survient, quel que soit le prix de l'aéronef, quel que soit le niveau de certification du moteur ou du pilote, quelle que soit la philosophie du pilote ou sa façon de voler.

Or de récents accidents montrent que les ULM-avions, tels que décriés par la mouvance protestataire, se plantent là où des chiffons atterrissent. Méthode de pilotage (certains cas impliquent des pilotes avion reconvertis) ou caractéristiques des appareils impliqués ; sans doute les deux mon capitaine.

Il n'est donc pas étonnant qu'un courant réfractaire manifeste de l'hostilité face au rouleau compresseur responsable d'inexorables futurs désagréments.

Concernant la classe 6 initiée lors de la décennie passée, c'était l'idée qu'il ne fallait surtout pas avoir. Un hélicoptère ne répond pas à la définition première de l'ULM telle que stipulée dans l'annexe qui nous est chère (appareil simple, blablabla...). Pour cette seule raison, la classe 6 ne devait pas exister.

Et malheureusement, l'accidentologie de cette classe rappelle implacablement qu'un trompe-l'oeil se heurte toujours à la physique.

Aujourd'hui on grogne ici et là. De nombreux clubs ne se reconnaissent plus dans la FFPLUM, ne comprennent plus sa philosophie, son but et ses combats. Certains pilotes estiment que les bases sont sapées et que la confiance est rompue.

Pour l'instant mon avis n'est pas totalement tranché, même si tout ceci me fait repenser à ces diables d'amérindiens, peut-être obsolescents, disparus juste au moment où des conquistadors énervés débarquaient dans leur salle à manger.

Mais l'idée fait son chemin. Car je n'ai qu'une question, et pas de réponse claire : pour qui roule notre fédé' ?

Comme dit Gilou, philosophe-diéséliste et psycho-chaudronnier : à force d'oublier d'où on vient, on finit par oublier qui on est (mais il dit aussi beaucoup de conneries).

Bons vols, en légèreté et en souplesse.

Miguel Horville

ANCIENS EDITOS
Les pendul' à l'heure
décembre 2019
Pour qui roule la fédé' ?
novembre 2019
Qualif' radio : le début du renoncement
octobre 2019
ULMaG : le renouveau magazine
septembre 2019
De qui se moque-t-on ?
août 2019
Les spécialistes
juillet 2019
Le respect des hôtes, des autres
juin 2019
Métastases cherchent naïfs pour proliférer
mai 2019
Les nouveaux ULM...
avril 2019
Vend liberté : mise à un prix 300 000 euros !
mars 2019
Remplir les cases
février 2019
Générations éphémères
janvier 2019
Est-il urgent d'attendre ?
décembre 2018
Aérodrome avec supplément d'âme
novembre 2018
Promotions à débattre
octobre 2018
Victimes or not victimes ?
septembre 2018
La foire aux accessoires
août 2018
Esprit ULM... es-tu là ?
juillet 2018
Entre peu et pas, un état d'esprit
juin 2018
Espace Schengen, my ass...
mai 2018
Entêtement irresponsable
avril 2018
Du carburant frais pour voler ''safe''
mars 2018
Universalité ; diversité ; francophonie...
février 2018
ULM : aéronef sémantiquement indésirable
janvier 2018
Ce contexte qui brise le rêve ?
décembre 2017
Parler patois pas parler à toi ?
novembre 2017
From rustic to high-tech
octobre 2017
S'élever, se régaler, se déplacer...
septembre 2017
De l'impuissance à l'imposture
août 2017
Baliser entre les cônes
juillet 2017
ULM : le bal des hypocrites
juin 2017
Les marquis du narquois vous em... brassent
mai 2017
500 kg : et après ?
avril 2017
Il est si facile d'interdire
mars 2017
A quand les ZIP ?
février 2017
Spécialistes en herbe
janvier 2017
Légèreté
décembre 2016
Comprenez si vous pouvez
novembre 2016
Le ciel a bon dos
octobre 2016
Salon de Blois : les limites
septembre 2016
Les euro-cocus du 8.33
août 2016
Concepteurs amateurs
juillet 2016
Ce chien... un humain comme les autres
juin 2016
Fumisterie électrique
mai 2016
De l'économie au foutage de gueule
avril 2016
Ça va chier !
mars 2016
Presbyte cherche gros caractères
février 2016
Et après?
janvier 2016
Le prix du baril d'a-brut-i...
décembre 2015
Vol de nuit : le bal des hiboux
novembre 2015
Et si la sophistication tuait ?
octobre 2015
Victimes consentantes
septembre 2015
Le sentir... ou pas
août 2015
La saison des gamelles
juillet 2015
Qui osera ?
juin 2015
Un système qui nous échappe
mai 2015
Multicopters : vers une 7e classe ULM ?
avril 2015
Le cinquième élément : celui de trop
mars 2015
Vigipirate : entre psychose et laisser-aller
février 2015
Dans le brouillard de la schizophrénie
janvier 2015
Une furieuse envie de voler !
décembre 2014
Marques sulfureuses... attention patates chaudes !
novembre 2014
Ceux dont la vie vaut moins...
octobre 2014
Drones : la messe est dite
septembre 2014
Attention aux bagages
août 2014
Dieu ne connaît pas ma soeur !
juillet 2014
L'ultime décision ; question de choix
juin 2014
Le beurre, l'argent du beurre et le reste on s'en fout
mai 2014
Volez! : la fin d'une histoire
avril 2014
Nous irons tous au paradigme*
mars 2014
Histoire belge
février 2014
Transfert d'incompétence : le Noël des voyous
janvier 2014
Drones à toutes les sauces
décembre 2013
Sophistication simplifiée
novembre 2013
Histoires de discrimination
octobre 2013
Un cône, ça se respecte ou ça se fume
septembre 2013
Dommages collatéraux
août 2013
Voler n'est pas un caprice
juillet 2013
Profiter c'est bien : mériter c'est mieux
juin 2013
Rencontres avec des martiens
avril 2013
Les pommes tombent des arbres... Les bananes s'y accrochent !
mars 2013
La méritocratie des branleurs ; comment accélérer le déclin
février 2013
Occasion : qu'est-ce qui cloche au pays des ulmistes ?
janvier 2013
Problèmes d'entoilage X-Air : lumière en vue
décembre 2012
Total Access ou l'étonnant paradoxe d'un vampire au sourire d'ange
novembre 2012
Une tablet'... à tous prix !
octobre 2012
Sainte Sarah is watching you*
septembre 2012
Intérêts... Désintérêt ? Connivence ou naïveté ?
août 2012
Conflit de probité ou incompétence... le danger guette
juillet 2012
J'ai tombé, je m'ai fait mal, je m'ai relevé... ou pas
juin 2012
En mai, fais ce qu'il te plaît...
mai 2012
Le bruit flou de l'administration
avril 2012
Rotax 912 iS : une innovation qui se mérite
mars 2012
Ne sombrons pas dans la vulgarité
février 2012
Et quoi d'autre pour 2012 ?
janvier 2012
Voler, c'est voler
décembre 2011
Les limites ont été atteintes... et dépassées !
novembre 2011
Blades...
octobre 2011
Les femmes, mères de tous les maux
septembre 2011
Le Tour ULM : une belle vitrine pour l'aéronautique
août 2011
Fausse-bonne idée cherche gogos... pour allonger l'oseille
juillet 2011
Du choix des mots et des propos
juin 2011
Basses couches en vert kaki
mai 2011
Ce facteur qui sonne toujours ... le glas
avril 2011
OUI... MAIS...
mars 2011
Des vautours planent sur nos ULM
février 2011
Restons éveillés
janvier 2011
Faisons un rêve
décembre 2010
Attention à la tâche d'huile...
novembre 2010
Mon royaume pour un bidon
octobre 2010
Genèse d'une Loi liberticide
septembre 2010
Aime le ciel, et le ciel t'aimera... peut-être
août 2010
Voler en Belgique... ou rouler
juillet 2010
Poule, oeuf et sophistication : la classe de plus, la classe de trop ?
juin 2010
Sous couvert d'anonymat
mai 2010
Taxe carbone : carbonisée
avril 2010
L'union fait notre force, notre salut
mars 2010
Le désespoir de ceux qui restent
février 2010
Bug de l'An 2000 : une simple répétition ?
janvier 2010
Migration : coucous désorientés
décembre 2009
La Chine s'éveille ; le monde s'endort
novembre 2009
Une crise... quelle crise ?
octobre 2009
Un parachute par amour, ou par respect
septembre 2009
Quand les pilotes dérapent...
août 2009
Quand les médias dérapent !
juillet 2009
A moi le ciel électronique !
juin 2009
A la gravité s'ajoute la connerie !
mai 2009
Etrange réglementation...
avril 2009
Inauguration
mars 2009

Webmaster : Fabrice Gay & MH - Rédacteur : Miguel Horville - ULMaG ©2008-2020
















page générée en 0,06 sec.