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Edito mai 2020
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Vivre riche, sans modération

Cela fait maintenant un moment qu'on se connaît. Des liens se créent dans la durée. Or la fidélité appelle l'honnêteté.

Je dois donc révéler au grand jour qui je suis réellement. En fait, je suis riche. Très riche. Insolemment riche.

La majeure partie de mon patrimoine hérité d'une famille influente se compose d'actifs financiers, d'actions et d'obligations placées sur des valeurs que la progression régulière des bourses a valorisées au delà de toute décence.

Je n'aime généralement pas m'étendre sur l'intimité d'une vie aisée. Mais il faut nécessairement expliquer que l'argent géré avec finesse apporte, outre le confort matériel, la connaissance, les connaissances, les connexions, l'influence, le pouvoir.

Pour peu qu'on soit un minimum perspicace, on acquiert un certain sens des affaires.

On dit être avisé, ou initié.

Aussi quand approche le plafond d'une valeur boursière, je sens instinctivement le vacillement d'indices indiquant de potentielles pertes financières. Cela devient un réflexe. Peut-être est-ce génétique ?

Alors forcément, à l'approche d'une crise financière, d'un cataclysme planétaire, les gens comme moi ont tous les récepteurs en alerte.
L'engagement philosophique de chacun d'entre-nous est la préservation des espèces.
Par tous moyens, conjurer la ruine, échapper à l'hémorragie, panser les fuites, minimiser les risques, améliorer les rendements.

Le taylorisme appliqué au blé... Du biberon au déambulateur.

Or des crises, il s'en produit régulièrement. Celle de 2008 a bien marqué les esprits, sans parler de celle qui se prépare avec cocovirus 1er.

Je fais partie de cette caste qui ignore le brouhaha des salles de marché, n'en savourant que les fruits délicats. Aussi quand un hypothétique rouage de cette admirable mécanique commence à gripper, je déclenche un plan destiné à protéger mes actifs gonflés, avec des placements de ''père de famille'', qui seront les placements intelligents, sûrs et rentables de demain.

De tels placements sont rares, totalement inaccessibles au commun des quidams. C'est vrai. Mais les super-riches ne sont pas des gens ordinaires et ne côtoient pas des gens ordinaires. Nous bouffons avec les dirigeants, entre égaux. Les plus riches et plus avisés d'entre-nous financent les politiciens les mieux placés, les présidents...

Et si Dieu en palpait, il serait pareillement arrosé. Parce que c'est notre nature. Un toc, dit-on.

Le plan est simple, très simple. Toujours le même, adaptable à toutes les situations. Il faut en priorité se débarrasser des actifs toxiques.

Quand deux ou trois insignifiants soldent leur portefeuille, nul frémissement ne perturbe les opérations. Mais quand un gros compte liquide ses actifs, les cours s'en trouvent ébranlés et chancellent. Et si plusieurs gros comptes se défaussent (réflexe commun aux gens du sérail), les actions s'écroulent, entraînant des pans entiers de l'économie, générant du chômage.

Prenons l'exemple du nonagénaire Warren Buffett, multimilliardaire Oracle d'Omaha, qui subitement ne croit plus au secteur aéronautique, au motif qu'un cocovirus a cloué quelques avions au sol.
Sa holding Berkshire Hathaway vend ses participations des quatre principales compagnies aériennes américaines, perdant au passage 50 milliards de dollars, pour en récupérer 130 qui seront réinvestis ailleurs. Perdre ''un peu'', pour sauver beaucoup et gagner plus. Vous allez comprendre pourquoi et comment.

Donc les cours s'écroulent du seul fait d'un ''influenceur'', moi. Alors par un mécanisme quasi automatique et 100% cynique, les banques centrales stabilisent artificiellement le marché en achetant massivement le titre en perdition. La planche à billets tourne alors à plein régime.

Cette injection de monnaie s'ajoutera à la dette, laquelle sera plus tard imputée aux populasses contribuables qui décidément coûtent très cher avec leurs hôpitaux, leur protection sociale et leurs aides en tous genres... Bref tous ces cons qui coûtent un pognon de dingue.

Parallèlement à la réalisation des portefeuilles (qui découle en fait d'un processus initié en amont) j'active mes connexions au plus haut niveau pour mettre en mouvement le retour d'ascenseur ou, selon une formulation tout aussi écoeurante, solder une créance.

Le principe du deal est de protéger mes valeurs avec une protection fiscale totale.

C'est alors que le miracle se produit.

Le gouvernement s'aperçoit d'un coup que la gestion des ADP pourrait être meilleure dans les mains du secteur privé. Comme des décennies plus tôt avec les autoroutes, l'énergie, le nucléaire, certains joyaux du patrimoine...

Et comme les choses sont bien faites (pour certains) en ce bas monde, l'acquisition de concessions d'état peut donner lieu à l'exemption de l'impôt dû aux profits générés en bourse dans le cadre de l'investissement ciblé.

Normal : on ne va pas faire payer le sauveur qui vient au ''secours'' d'un état surendetté !

Donc pour résumer, je protège mon blé, je fais payer mes impôts par la collectivité. La banque centrale se démerdera avec la dette générée pour soutenir les marchés. Je nomme cela un transfert de richesse réussi. C'est indispensable à mon bien-être.

Ah ! J'oubliai la cerise...

Dans le cas particulier des aéroports, il était prévu que les actionnaires privés déjà présents au capital d'ADP, au rang desquels moi, Vinci et quelques autres figurons en bonne place, soient payés par l'état à hauteur d'un milliard d'euros pour racheter les parts de l'état.

En cas de crise, les riches seront donc plus riches, et les pauvres, plus pauvres.
En l'absence de crise, les riches seront également plus riches, et les pauvres, plus pauvres.

Mais dans tous les cas, mes impôts auront été payés par l'état, donc le peuple.
Au pire, j'aurai garanti mon épargne, au mieux elle gonflera.

La concession me rapportera beaucoup.
Mais si par bonh... par malheur un cataclysme se produisait, empêchant l'exploitation pleine et entière des ADP, la compagnie d'assurance dont je me suis rendu majoritaire me soulagera de mes obligations envers l'état. La mutualisation du risque retombera sur... une tranche de la population qui n'en souffrira pas, puisqu'elle ne le saura pas. Et quand bien même...

Finalement, il faut vivre, riche et sans modération.

PS : Warren Buffett : p'tite bite !

Bons vols, en légèreté et en souplesse.

Miguel Horville

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