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Essais

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Avec le moteur Rotax 462, la Demoichelle vole en croisière à 80-90 km/h et dépasse 100 km/h à fond.


APEV Demoichelle Rotax 462


L'héritage de Santos Dumont



Accès rapides


Le charme d'antan

Si la silhouette d'ensemble est des plus sympathiques, n'enviant en cela rien à la Demoiselle du siècle passé, c'est en partie dû à quatre détails délicieusement rétro qui la singularise : la dérive de forme caractéristique ; les roues rayonnées de moto équipées de pneus à crampons ; le réservoir de 12 litres en forme de ''bonbonne'', perché au dessus de la tête du pilote (comme l'avait dessiné Santos-Dumont) ; et le siège en osier optionnel réalisé par un artisan de Haute-Saône spécialement pour la Demoichelle (le siège de série est en composite). Notons à propos du réservoir qu'un modèle en cuivre est en cours de création. Le moteur qui équipe la Demoichelle d'essai est un Rotax 462. Mais d'autres références sont possibles : 377, 447 ou 503, sans parler d'une motorisation électrique de 14 kW (18 ch) alimentée par 36 kg de batteries lithium-polymères qui transforme la Demoichelle en Demoichelec (avec envergure portée à 9,30 m). Cette version qui vole déjà depuis 2010 offre une autonomie de 20 minutes à 70 km/h. L'accès à bord ne pose pas de problème. L'assise est confortable, mais le réglage du siège actuel n'est pas favorable à mon mètre quatre-vingt-deux. Je suis recroquevillé, mais pour autant pas mal à l'aise. Les commandes sont simples : un manche sommaire entre les jambes ; une commande de gaz à main gauche et les palonniers en CTP retenus par sandow. Une ceinture à 4 points sécurise le pilote ; c'est vrai que le vide de chaque côté est... abyssal ! Le tableau de bord est plus que réduit : un altimètre gradué en... unités bizarres ; un compte-tours et une température moteur. Le ventimètre est placé sur l'aile gauche. Pas de bille... tant pis, on fera sans. Le démarrage du moteur se fait à la ficelle. Daniel tire deux ou trois fois avant que le 462 ne tousse. Un nuage d'une fumée bleue, une odeur âcre, qui rappellent que... ben oui, ça existe encore, et même que ça tourne rond. Pas de freins... Tiens, c'est vrai que je n'avais pas relevé ce détail. On fera sans. De toute manière, je n'imagine pas cette absence comme pouvant être réellement gênante : l'ULM a peu d'inertie au roulage du fait de sa faible masse. Attention toutefois sur une piste en descente, cela pourrait poser problème. Pas de pare-brise : j'ai choisi de m'équiper d'un casque moto, type jet à écran intégral. Le souffle de l'hélice tripale Arplast est supportable. Blouson bien serré au cou, je ne suis pas gêné par l'air. Un petit coup de gaz pour avancer ; le moteur est nerveux et la frêle Demoichelle s'en va.


La Demoichelle est un frêle aéronef de la trempe des Wheedhopper et autres tubes-et-toiles des années 80-90 : quille haute supportant le moteur, les ailes et l'empennage ; cabane suspendue... La construction est également assez voisine, avec des tubes assemblés par goussets boulonnés, des câbles d'Inox de géométrie et de sécurité.


Légère instabilité

A basse vitesse, le roulage est facile et très agréable. Mais à mesure que j'accélère le rythme, les paroles de Daniel (assisté de Charles Donnefort, président de l'APEV et pilote de développement) me reviennent en tête : ''utiliser modérément les palonniers...'' En effet : l'ULM ne demande qu'à embarquer à cause de cette direction rendue trop directe par l'absence de ressorts. D'où la modification prévue : CQFD. Les conditions sont idéales pour redécouvrir le pilotage basique. Vent faible 3/4 face, pas de turbulences, ciel d'un bleu profond : bref la régalade. Alignement et mise en puissance. Je me garde bien de bricoler les palonniers, et tant pis si je dévie de l'axe de piste ; elle est tellement large que je pourrais en décoller par le travers ! Le guidage est flou un bref instant. Légère poussée sur le manche pour lever la roulette de queue qui s'exécute en une dizaine de mètres ; mise au neutre pour accélérer pendant deux ou trois secondes, puis traction légère pour décoller. Le tout aura été expédié en une cinquantaine de mètres. C'est là qu'on apprécie d'avoir de la puissance, histoire d'abréger les phases transitionnelles du pilotage. Dès lors j'ai encore 500 mètres de piste devant, je réduis légèrement la puissance. La Demoichelle grimpe avec assurance. Selon son concepteur, la Vz serait de 600 ft/mn dans la configuration actuelle, ce que je crois sans peine, même si les instruments de bord ne me permettent pas de le vérifier. Une chose est sûre, c'est que je passe le seuil opposé à une hauteur confortable. Pourtant, je ne suis pas à mon aise. Alors que tout se passe bien, régime, lacet et profondeur, l'axe de roulis me surprend par son incapacité à rester au neutre. Comme quand on roule sur une route déformée par le passage des poids-lourds. Le manche godille, un coup à droite, un coup à gauche... indécis. Bizarre. Pas de quoi me mettre sur la tranche, j'en conviens, mais pas comme j'aime les ULM, dont on lâche le manche pour se rouler une clope. Nous y reviendrons. Parallèlement, l'appareil est piqueur. Trop. Cela peut s'expliquer par le centrage dégradé par ma stature, les pilotes habituels étant plus petits et plus légers que moi. Un trim' de profondeur serait toutefois apprécié. Là encore nous y reviendrons.


Cette vue permet de voir en détail le guignol de commande de gauchissement et les palonniers avec leur sandow de rappel.


Les deux demi-plans mobiles de profondeur sont actionnés individuellement par deux paires de câbles.


Les roues proviennent de l'univers moto. Par mesure de simplification, elles sont parallèles, contrairement à la Demoiselle qui présentait un fort carrossage négatif. Sans doute une manière d'améliorer le roulage...






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