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Expériences vécues

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Décollage de Saint-Florentin.


Travers France par J. Foucher


Transhumance




Monopale ? N'importe-quoi !

Un déroutement est peut être un peu exagéré dans ce cas, le terrain est tellement grand ! Eh oui, ça aurait été trop simple ! Pourquoi quand les autres ont juste à atterrir, avec moi cela devient : atterrir en formation avec un tracteur ! Et pourtant, je n'ai rien vu sur les NOTAMs... En fait, c'est quand même très large... Si le tracteur parcourt la distance à 20 km/h que je me pose à 75 km/h, quelle sera la quantité d'essence restant dans mes réservoirs, et l'âge du Capitaine ? C'est encore de l'humour ! Ici il y à de la place en largeur, alors aucun problème majeur en vue. Je pose comme une fleur, normal pour un terrain en herbe me direz vous ! Sauf que c'est le premier atterrissage sur de l'herbe pour l'avion et je ne l'ai pas encore testé. Nous avions évoqué le problème, mais il n'a pas été considéré que c'en était un... L'herbe est effectivement haute, alors que le tracteur entame son ''travers piste'', la bas tout au bout. Au moment ou je me dirige vers la zone planeur du club, je laisse passer le tracteur devant moi, dans un grand bonjour sympa. Sympa aussi Didier qui sera là pour me regarder. Il fait du planeur et moi de l'ULM aujourd'hui, alors, tout va bien entre passionnés des airs, on ne se connaît pas, mais ça n'a aucune espèce d'importance. J'attendrai Marc 1h, allongé dans l'herbe, au soleil, après la visite post-vol et après avoir retiré trois tonnes d'herbe dans les mâchoires de freins... Un petit coup de fil pour Rose-Marie qui a besoin d'être rassurée, puis à Marc pour le prévenir. Tout en ''mâchouillant'' un brin d'herbe, je me pince pour être sûr que je ne rêve pas, j'ai fait la plus longue étape du parcours dans un appareil que j'ai construit, il fait un temps merveilleux. C'est merveilleux ! Malgré tout ce que les esprits chagrins m'avaient dit, les militaires ont été super. Ils ont compris mes limitations en termes d'expérience, car ce n'est pas mon boulot (malheureusement je dois dire !) de voler, et je reste un amateur, éclairé certes, mais amateur quand même ! Je repense à tout ce qu'on a pu dire sur mon appareil ! Vous savez ces tactiles de terrain qui font le tour de l'appareil en tapotant sur l'entoilage, parce que eux, ils savent. Ils s'attribuent le droit de toucher avec un air supérieur, étonnés de ne pas trouver de la tôle sous leur main. ''Il est trop court ... il est trop long ... il a trop de surface ... il n'a pas assez de surface'' on m'a même conseillé une hélice MONOPALE, vous avez bien lu, monopale ! Avec une seule pale et un contrepoids de l'autre bout, c'est paraît-il ce qui offre le meilleur rendement ! Il est vrai que l'on en voit partout, sur tous les avions des monopales ! Le gars en question a défoncé son aile avec son train d'atterrissage un jour de grande chaleur sur la grande piste de Chambley (l'air est plus chaud aux abord d'une piste en béton, ça porte moins, même les modélistes savent ça !) et son premier vol avec passager s'est soldé par beaucoup de choses à recoller. Mais c'était ''un cisaillement de vent'' (d'après l'intéressé) la cause évidente ! Faut la trouver cette excuse à une faute de pilotage ! Peut-être qu'avec une monopale ça ce serait bien passé ? Un constructeur amateur doit aussi, en plus d'être rigoureux lors de la construction, supporter tous ces très bons conseilleurs, pour qui, tout est toujours facile, ceux qui veulent vous apprendre à respirer comme je dis souvent... Ca fait 57 ans que je respire, mais il y à toujours quelqu'un pour vous enseigner ''SA'' vérité, sans connaître les deux bouts de vos problèmes à résoudre ! Ce sont des gens sûrs d'eux... Ces gens là sont toujours très sûrs d'eux et ont une excuse à tous leurs comportements, me semble-t-il. Il n'empêche qu'il se pilote très bien mon appareil, avec très peu d'effet induit parasite et ça vaut de l'or. Il faut être juste et dire que j'ai des amis, des vrais, qui ont été là pour m'encourager et retendre le ressort quand j'en avais marre, parce qu'un projet de construction, c'est long, et j'avais besoin d'eux à ces moments là. Un bruit de moteur sur la route... C'est Marc qui arrive, avec l'huile, les bidons d'essence, etc. Le plein est refait, car je brûle du mélange, nous contrôlons les logs de nav et les cartes concernées par le trajet vers Aubigny-sur-Nère, la prochaine étape. Route GPS activée, chrono à zéro, roulage en bout de piste (tondue maintenant) alignement, suivi du décollage sans problème, avec le bruit caractéristique de ce qui reste d'herbe sur les roues. Dernier survol du tracteur, puis Cap à l'Ouest.


Pour voler tranquillement, pour soi et pour la famille...


Le terrain d'Aubigny-sur-Nère.


Une route bosselée

Ce trajet se passe sans aucun problème, en passant bien au large d'Auxerre, puis verticale Briare.Un peu plus loin, j'aperçois une centrale nucléaire à droite et une centrale nucléaire à gauche. Je regarde si je deviens vert fluo ! Mais non ! Juste de plus en plus de turbulences dont une très sèche qui me sortira la main gauche de la poignée de gaz. Diable ! La route est bien cabossée par ici. Quelques rafales par l'arrière rattrapées gentiment ''aux pieds'', du plaisir quoi. Pendant un certain temps (après avoir été très fortement secoué au cours d'une leçon un jour d'orage, pourtant assez loin) je craignais beaucoup les turbulences, mais maintenant, ça va. Ce jour là, la leçon à été raccourcie immédiatement et j'ai compris qu'en plus d'être prudent au départ, il fallait aussi être vigilant pendant tout le vol, les choses peuvent évoluer vite. Ce jour là, mon instructeur et moi, nous avons été croisé par un paquet de foin qui montait d'un champ à la verticale, et qui nous en a dit long sur l'ascendance qui nous soulevait. Malgré tous mes efforts d'élève, je n'ai pas réussi a m'extraire de ce courant aérien vertical violent, et c'est mon Instructeur qui a sauvé la situation. Ce sont ces situations dangereuses qui forgent un lien particulier entre un élève pilote et son Instructeur ! Bon, maintenant, Aubigny doit être très proche. Finalement, je reconnais ''la forêt'' d'après mes photos aériennes de terrain. La forêt, c'est une chose, mais le terrain, c'en est une autre. Cette piste est littéralement enchâssée dans les bois en une belle bande goudronnée de mille mètres de long, et je la découvre au dernier moment, juste avant la vent arrière qui m'amène naturellement dans le sens ou il y a le plus de turbulences à l'atterrissage, à cause précisément des arbres ! La carte VAC le précise d'ailleurs. Comme j'ai été bien secoué en fin de ce trajet, un peu plus, un peu moins, c'est pas grave je vais juste majorer un peu ma vitesse en prenant une pente de descente un peu plus forte, comme ça, je resterais moins longtemps dans les rouleaux créés par les arbres au seuil de la 06. Ça marche, et me voilà en train de rouler et de décélérer sur cette belle piste sans taxiway, tout en ouvrant tout grand la porte de l'habitacle. Je me gare ''là ou ça va bien'' sur le parking et je descends tranquillement. Pas un chat ! Au bout d'un petit moment, quelqu'un arrive de je ne sais où, avec une aide respiratoire en bandoulière, je veux dire par là une bouteille d'oxygène médicale. Très sympa, il me dit qu'il m'a entendu arriver avec mes annonces radio. Il doit être 14 h et je commence à être crevé. Je n'ai rien mangé ni bu depuis ce matin, mais j'ai le cerveau ailleurs et je n'arrive pas à avoir envie de quelque chose pour mon estomac ! J'attends Marc tranquillement, après lui avoir téléphoné, car je sais qu'il détermine une heure de posé probable et je sais qu'il s'inquiète une fois l'heure passée. Il me dira plus tard son sentiment que ''les dés sont jetés'' quand je décolle pour une étape, car, lui ne sait plus rien de ce qu'il se passe en vol.


Marc en vol près des Alpes.


Marc : mon soutien indispensable

C'est très stressant dira-t-il ''arrivée, de connaître l'heure théorique d'arrivée et d'attendre les minutes qui suivent, que le téléphone sonne. J'aimerais atteindre Loudun dans le milieu de l'après midi, mais depuis le départ c'est beaucoup plus long que prévu, car nous n'avons pas intégré le temps d'attente de la voiture qui transporte les bidons et l'huile pour faire le mélange carburant. Marc doit s'arrêter dans une station pour le carburant, et moi je vole en ligne droite, il n'y a pas de panneaux ''stop'' là haut ! Je connais quelqu'un qui vole en montgolfière. Pour une montgolfière qui vole à 5 km/h le véhicule qui la suit doit rouler à une moyenne de 60 km/h à cause du circuit routier. Enfin, pour l'instant, je suis vraiment crevé. Si la météo est bonne pour le lendemain, je dors ici et je finirais cette traversée de la France demain. Marc arrive finalement une bonne heure après moi et je lui fais part de tout ça ! Il n'y a pas photo, un pilote fatigué est en danger en avion ! Et le seul remède : se reposer et dormir. On finira demain ! Puisque demain, il doit faire très très beau sur toute la France. Mal m'en prend. Donc le beau temps est confirmé et le vent d'Est aussi, en attendant, comme il n'y a pas de place dans le hangar, nous préparons l'avion tranquillement pour la nuit, en commençant par une recherche de piquets pour faire un ancrage au sol.



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