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Humour

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Senonches-Crucey, une des anciennes bases de l'OTAN ré-affectées pour permettre aux militaires américains de placer leur armement de façon stratégique sur le continent européen. 2008 aura sans doute signé la dernière rave de teufeurs en ce lieu


PdA 09 : nouvelles régles Air-NATO

avril 2009 - par ULMag

OTAN : Ce qui va changer pour l'aviation légère

La décision de Nicolas Sarkozy de faire ré-intégrer la France au commandement de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN) n'aura échappé à personne, pas plus aux politiques de tous bords (y compris UMP) qu'aux élécteurs. L'ancien ministre de la défense Paul Quilès, connu pour ses jugements circonspects, a déclaré dans les colonnes du Figaro que « l'appartenance au commandement intégré introduit une présomption de disponibilité des forces françaises "assignées" à l'OTAN. Pour une mission militaire donnée, la participation française sera supposée »



La France dans l'OTAN :
le doigt dans l'engrenage

Sans prendre parti POUR ou CONTRE une décision qui n'appartient qu'au peuple français tout entier (par référendum) ou qu'au seul Président de la République, force est de s'interroger sur les conséquences d'un tel choix, et notamment sur celles qui préoccupent directement les français. C'est d'autant plus facile que si l'information brute a pu surprendre, l'idée était déjà imaginée et modélisée par certains politiques et avait donc été traitée sous forme de rapports, pour ne pas dire de projets. Ces rapports ayant circulé dans les mains de « techniciens » pas toujours discrets, il suffit de surfer avec un peu d'adresse sur la toile pour se procurer des scénarios assez réalistes et diverses projections convergentes dans l'éventualité qui nos occupe.


Racheter son affiliation

Au plan purement économique d'abord, outre les 150 à 170 millions d'euros que coûte chaque année notre actuelle « simple » appartenance à l'alliance Atlantique (rappelons que suite au NON du général de Gaulle en 1966, le siège de l'OTAN a quitté le territoire français pour se poser à Bruxelles), la France devra faire quelques signes d'allégeance. En premier lieu, la réintégration de son siège au commandement sera assortie d'une indemnité supplémentaire destinée à la gestion du personnel directement rattaché. N'ayant pas participé depuis 40 ans au budget de fonctionnement de la bulle dirigeante, une subvention spéciale devra être versée. Selon les rapports et les sources, le budget pourrait s'élever de 450 à 750 millions d'euros. Soit une augmentation de 300 à 500%...





Des cadeaux industriels pour se faire pardonner

Au plan industriel, les concessions que devra faire la France pour que notre Président se fasse bien voir de son homologue américain sont de nature à faire hurler n'importe quel économiste, même peu doué. Il ne s'agit pas moins que de chantage. Association et regroupement de marques sont envisagés ; au même titre que faveurs et concessions. Ainsi des firmes en difficulté comme General Motors ou Boeing profiteraient directement de ce choix politique. Il pourrait par exemple être demandé à l'avionneur EADS de sursoir à la fabrication d'appareils pouvant entrer dans les forces armées (on pense notamment au ravitailleur en vol très mal vu du Pentagone). De même, un grand constructeur automobile francais pourrait devoir participer, sous forme de plates-formes communes, à la conception de futurs véhicules propres. Loin d'être un fantasme anti-américaniste, la demande a clairement été formulée par le ministre fédéral de l'Industrie Tony Clement : « ...l'industrie automobile a vieilli parce qu'aucune marque n'a investi sur l'avenir. Aujourd'hui il y a une foule de découvertes à faire, et cela passe par la recherche. Les retombées seront à la hauteur des investissements et des risques encourus. Il faut que les constructeurs américains trouvent des partenaires internationaux capables de partager et d'assumer ces risques... » (sic !). Dans le domaine de l'aéronautique de loisir, déjà des responsables de Cessna, préoccupés par l'effondrement des commandes sur le marché local se réjouissent du blocage « inexplicable » de la situation Apex-Darois-Pelissier. Et si le désengagement de l'état français n'en était pas un ? Une pensée qui effleure une population grandissante, au rang de laquelle on compte des élus locaux, des journalistes, quelques politiques (d'opposition, certes, mais pas seulement...).
Dans le même ordre d'idée, les retards inexplicablement excusés du programme A380 de Airbus aurait de quoi mettre très en colère n'importe quel gouvernement responsable. En effet comment la France, et même l'Europe, peuvent accepter qu'une industrie de cette importance se suicide petit à petit en accumulant les retards, les pertes, les fautes de gestion et autres maladresses comme l'accrochage d'un appareil neuf lors d'un vol de démonstration à Bangkok (une aile a accroché un hangar), erreur qui n'arrive d'ordinaire jamais... Incompréhensible ! Du pain béni pour Boeing.


Le feuilleton des ravitailleurs français pour l'USAF tournera court, d'autant qu'à terme, c'est le constructeur américain Boeing qui devrait bénéficier du désistement de EADS sur des marchés européens


Offrir un terrain de jeu à l'OTAN

La soulte quasi-féodale ne s'arrête pas aux cadeaux financiers et industriels. Avoir déserté un organisme comme l'OTAN se paye au prix fort quand il s'agit de revenir. La France a abandonné aux ronces ses bases aéronautiques stratégiques au fil des ans ; il va falloir les rendre de nouveau opérationnelles. On touche ici le point qui préoccupe les pilotes de loisir. Car qui dit bases ré-affectées, dit couloirs ré-activés, RTBA (Réseau Ttrès Basse Altitude) étendues, entraînements multipliés et protection renforcée. Car fatalement, la France rendue à la domination d'une organisation américanisée accroît son risque terroriste. Dans les faits, les anciennes bases de l'OTAN seront sans doute réutilisées. Pas besoin d'en créer de nouvelles qui seraient très coûteuses et « fonciérivores ». D'abord les bases aériennes de l'US Air Force qui serviront exclusivement aux militaires américains dans le cadre de leurs missions tactiques et d'entraînement : Chambley, Senonches, Evreux, Chaumont. A ces bases historiques sont susceptibles de s'ajouter des pistes actuellement dédiées à l'aviation civile comme Beauvais, Clermont-Ferrand ou St Yan, Valence... Reprendraient leur pleine activité militaire des aérodromes comme Avord, Brétigny, Cambrai, Orléans, Brest (Landi.), Orange, Cazaux, Istres, Hyères, Salons, Mont de Marsan ou Cognac. Dans ce cas, la carte RTBA subirait une extension de nature à rendre quasi impossible les vols de liaison aux aéronefs de loisir. En effet l'idée d'un ciel militarisé n'est pas une nouveauté en soi. L'arsenal des dispositions a toujours été savamment entretenu dans ce but. Car bien sûr qui dit plus d'avions, qui dit une flotte internationale implantée sur le territoire, dit aussi entraînements variées et grandes manoeuvres renouvelées. Et bien sûr, la France, mauvais élève qui doit se faire pardonner son abandon passé payera l'addition en organisant sur son territoire les joutes d'entraînement. Quel que soit le conflit, les installations françaises seront mises à disposition, ce qui inclut le droit de réquisition pouvant s'appliquer à tout matériel comme à tout espace géographique. A ce jour, on évalue une augmentation du réseau RTBA (normal-paix) de l'ordre de 65 à 85% en surface et de 150 à 350% en volume. Il serait notamment question d'élargir les couloirs stratégiques reliant les zones à forte activité militaire et de rehausser le plancher moyen du RTBA (actuellement 1500 à 2500 ft/ASFC) au FL55. En ce qui concerne les changements importants que nous pourrions connaître, l'obligation d'emport et d'usage du transpondeur S est quasiment acquis. L'usage de langue anglaise serait nécessaire pour trafiquer avec les organismes militarisés. En contrepartie, une relative perméabilité des zones militaires serait accordée, sous condition toutefois de maîtriser la phraséologie et la navigation. Un examen qualifiant pourrait sanctionner le niveau des prétendants. Un modèle à l'américaine pour la mixité, mais à l'européenne pour les contraintes. Il y a fort à parier que le second item l'emporte sur le premier.


L'accroîssement du réseau RTBA est de l'ordre de 65 à 85% en surface et de 150 à 350% en volume.



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